samedi 23 septembre 2023

Enseignant/e recherché/e au programme de photographie du cégep du Vieux Montréal

Le cégep du Vieux Montréal est à la recherche de candidats (tes) pour enseigner au programme de photographie du cégep du Vieux Montréal.

Les qualifications requises sont : posséder un DEC en photographie ou l'équivalent, avoir au moins 5 ans d'expériences professionnelles dans le domaine, avoir une connaissance de la plateforme Macintosh, des connaissances et expériences en vidéo, connaissance pertinente des logiciels de référence en photographie, Photoshop, Lightroom, Premiere, etc. Voici un lien vers la page de candidatures spontanées.

Seuls les CV reçus via cette plateforme seront considérés.https://www.cvm.qc.ca/minisite/ressources-humaines/candidatures-spontanees/


 

mercredi 21 juillet 2021

Repenser la notion du droit d'auteur en photojournalisme et journalisme.

Une récente poursuite au Portugal, par un ex-photographe de l'Agence France Presse, soulève tout un processus de réflexions relatives de : à qui appartient le droit d'auteur d'ouvrages à caractère journalistique.

Que ce soit à l'écrit ou à l'image, la nature du travail de "capturer" ou "décrire" des faits de façons fidèles à la réalité, suggère que peu ou pas de créativité soit impliquée. De là, le questionnement de la contribution du "captureur/photographe" d'avoir accès au droit d'auteur.

https://www.pressgazette.co.uk/ex-afp-photographer-take-back-copyright-potential-game-changer-case/?fbclid=IwAR1ZrEz_-pTHEjAuVQiE7ibfecZoHG1ENewDcejk5qZBoiJBAL8X1xyKoi0

Ce procès, très suivi, pourrait servir de base à la redéfinition du modèle d'affaire de diverses agences et poussera plus loin la notion de "à qui appartient le volet créatif d'une image, si volet créatif il y a ?". À partir de quel niveau d'intervention pouvez-vous vous considérer comme le "créateur ayant induit une originalité" mérite protection par le droit d'auteur?

Le droit d'auteur jongle souvent en tentant de protéger l'artiste, qui est souvent peu protégé, éviter les abus par les grosses sociétés profiteuses et encourager la créativité. 

Dans ce combat complexe, sa définition de la créativité est souvent à géométrie variable. Étudier l'évolution du droit d'auteur est un peu comme le travail d'un anthropologue qui fait un portrait de l'évolution d'une société à travers le temps et ses préoccupations.

merci Jean-Claude pour l'idée

mercredi 21 avril 2021

La puissance des caméras cellulaires sous mentionnée

photo Martin Benoit

 Il me semble que c'est sous-mentionné le fait que la clé de voute de la condamnation du policier Derek Chauvin dans le cas de la mort de George Floyd est principalement la vidéo de l'arrestation réalisée par un téléphone cellulaire suivi de sa diffusion sur Facebook.

Sans cette vidéo, tout le reste n'aurait pas suivi et la mort de George Floyd aurait été un chiffre au sein d'une statistique.

Comme disait Yvon Deschamps, "on veut pas le sawoir, on veut le woir!". La vidéo est encore plus puissante que la photo dans ce cas, car elle nous donne la durée et le climat de l'événement, ce qu'une photo n'aurait pas fait. Il est statistiquement impossible qu'un photographe professionnel ait été sur le lieu. C'est l'omniprésence de ces caméras vidéos que nous avons dans nos poches, combiné à l'audace de la personne qui a filmé et diffusé le fichier qui a eu les conséquences que l'on voit aujourd'hui. Plusieurs analyses disent que les prochaines photos qui passeront à l'histoire ne seront pas issues de photographes professionnels, mais de photographes-citoyens pour les raisons mentionnées précédemment.

Est-ce une grande victoire de la démocratisation de la captation vidéo par tous citoyens? Ou est-ce un effet positif de cette multiscrutation de notre existence pour le meilleur ou pour le pire. Dans le film 1984, on craignait l'omniprésence des caméras Big Brother et leurs conséquences. Darnella Frazier, qui a filmé la scène fait partie de cette clé de voute de la condamnation de Derek Chauvin. Nous avons tous une caméra vidéo dans nos poches, mais quelles sont les conséquences de l'utiliser et de diffuser le contenu? La BBC résume un peu le cas de Mme Frazier avec certaines subtilités.

Je retiens aussi que toute cette histoire débute par un Afro-Américain qui tente de passer un faux billet de 20$ chez un dépanneur...

dimanche 14 février 2021

La pandémie si peu photographiée

Tout responsable à peur d'être critiqué en cette période de pandémie où l'application adéquate ou inadéquate d'une mesure peut déterminer si quelqu'un vit ou meurt.

Dans une telle perspective, le témoignage d'une photographie peut "prouver" de l'application ou la non-application d'un protocole. 

Nous nous retrouvons au Québec et en particulier à Montréal avec des contraintes de prises de vues qui va à l'encontre de la charte des droits et libertés du Québec et du Canada qui stipule que le public a le droit à l'information. C'est pourquoi les médias peuvent diffuser des images sans consentement quand il est justifié que ce soit d'intérêt public de montrer telle ou telle situation.

La question est quand est-ce que quelque chose est d'intérêt public?

Dans le cas de la version montréalaise de la pandémie, force est de croire que la censure appliquée aux médias depuis le mois de mars 2020 a été excessive, voire même peut-être partiellement responsable d'une certaine nonchalance du public à l'égard du respect des mesures d'hygiène.

Cette pandémie a été très peu documentée au niveau visuel. Beaucoup de graphiques et de logo d'édifices, d'infirmières de dos, etc.

Le ressenti d'une photo ou d'une vidéo a souvent été porteur de changements sociaux. On n'a qu'à penser récemment à la mort de George Floyd ou à la jeune fille au napalm.

Certains croient que le manque de représentation visuel de la pandémie a possiblement contribué à créer un faux sentiment de sécurité chez le public. Des chiffres, ça n'a pas le même impact que des images et c'est souvent pour ça que l'on interdit les images.

Clinique de dépistage sur la Place des festivals. photo Martin Benoit

La FPJQ (Fédération Professionnelle des Journalistes du Québec) relatait dans le dernier numéro de son magazine Le trente, les difficultés qu'ont eues les grands médias à accéder aux lieux où se déroulait la "vraie" histoire de la pandémie.

La grippe espagnole aurait été plus documentée visuellement que le COVID-19. Et ce, en des temps où la photographie était difficile d'accès en comparaison à aujourd'hui où le dernier geste anodin est et peut-être photographié.

Est-ce que ces censures auront été excessives ou aura-t-elle protégé le droit à l'anonymat en ces temps de grande vulnérabilité? Un équilibre à maintenir comme dirait notre premier ministre.

vendredi 29 janvier 2021

Sony Alpha 1. Veux-tu une cerise avec ça?

photo fournie par Sony

C'est étourdissant de lire les spécifications de ce nouvel appareil de Sony.

On a l'impression que toute la compétition est tellement en retard ou que Sony est tellement en avance.

Le prix y est aussi, mais si les spécifications sont au rendez-vous, ça semble un deal.

Au début, je me suis dit que c'était une caméra de studio, ensuite je me suis dit que c'est une caméra pour les photographes de sport, ensuite je me suis dit c'est une caméra pour les vidéastes.

Un multi shot de 199mp à haute vitesse. Bonsoir les dos PhaseOne... Oui, je suis conscient des limites du multi shot, mais.

280 Mb/sec d'écriture sur les cartes dans certains modes ciné et un RAW Output via le HDMI . La caméra est multi capteurs ce qui permet d'optimiser la vitesse d'écriture et le style cinématographique. Super 35 pour un look traditionnel et full frame pour les friands de faible profondeur de champ.

Je suppose qu'ils ont préparé cette caméra pour les Olympiques de Tokyo qui n'auront probablement pas lieu.

Les Olympiques sont souvent le show case de nouvelles caméras très perforantes au niveau sport.

Cette caméra plaira aux photographes de mode avec sa résolution, sa vitesse synchro élevée, sa très grande vitesse d'obturation qui permet d'utiliser de très grandes ouvertures à l'extérieur.

Le viseur électronique semble être le viseur le plus près d'un viseur optique sans dépoli.

La liste est longue des sauts technologiques incluant l'intelligence artificielle pour la mise au point.

Oups! Operating Temperature de 0-40C. Avec nos -14C aujourd'hui en ville sans vent, j'espère que l'on peut encore photographier une compétition de ski au Mont Tremblant...

Il faut que Nikon et Canon aient quelque chose dans leurs manches en préparation sinon...

jeudi 14 janvier 2021

Décès de Michel Gravel un pilier du photojouranlisme québécois.

Michel Gravel est décédé à l'âge de 84 ans. Un important photojournaliste du Québec. On le connait principalement pour son travail pour La Presse. 

Ma compréhension de l'homme, que je n'ai rencontré que deux fois dans des événements mondains, c'est une grande humilité et un amour de la fonction de la photo en tant que photojournalisme.

Un grand professionnalisme relativement à la déontologie du métier.

J'aurais aimé être une petite souris le regardant travailler, mais les commentaires de ses collègues qui l'ont cotoyé confirment mes suspicions. L'homme était discret et efficace. 

Un modèle, je crois.

photo Martin Benoit 2005

 


jeudi 20 août 2020

Le cégep du Vieux Montréal cherche des enseignants en photographie

 

 Le cégep du Vieux Montréal est à la recherche de candidats (tes) pour enseigner au programme de photographie du cégep du Vieux Montréal.

Les qualifications requises sont : posséder un DEC en photographie ou l'équivalent, avoir au moins 5 ans d'expériences professionnelles dans le domaine, avoir une connaissance de la plateforme Macintosh, des connaissances et expériences en vidéo, connaissance pertinente des logiciels de référence en photographie, Photoshop, Lightroom, Premiere, etc. Voici un lien vers la page de candidatures spontanées.

Seuls les CV reçus via cette plateforme seront considérés. http://www.cvm.qc.ca/…/CandidaturesSpontan…/Pages/index.aspx

samedi 1 février 2020

Chef-d'oeuvre architectural

Leaf DCB1. photo Martin Benoit
Dans ma quête de mieux matérialiser la compréhension de la taille des capteurs versus l'angle de prise de vue, j'extrayais des capteurs d'appareils numériques désuets cette semaine.

À ma grande surprise, j'ai découvert cette super structure dans un dos moyen format Leaf DCB1.

Le capteur est propulsé vers l'avant afin d'être au plan film, mais l'électronique de contrôle est à l'arrière dans une très grosse "brique" d'aluminium afin de dissiper la chaleur du capteur.

Cet étrange dos numérique contenait un circuit de refroidissement afin de maintenir le capteur au froid, de sorte à minimiser le bruit numérique, et simultanément un circuit de chauffage afin d'éliminer les gouttes de condensation qui se formaient sur la surface du capteur...

Je ne suis pas certain que l'on s'ennuie de cette époque, mais on peu quand même en admirer la beauté.
Le dos Leaf DCB1 monté sur un Hasselblad ELM avec le porte filtre bleu-vert-rouge en 2007, photo par ???

jeudi 3 octobre 2019

Enseignant(e) recherché(e) pour le programme de photographie du Vieux

photo Vincent Sauriol
Le cégep du Vieux Montréal est à la recherche de candidats (tes) pour enseigner au programme de photographie du cégep du Vieux Montréal.

Les qualifications requises sont : posséder un DEC en photographie ou l'équivalent, avoir au moins 5 ans d'expériences professionnelles dans le domaine, avoir une connaissance de la plateforme Macintosh, des connaissances et expériences en vidéo, connaissance pertinente des logiciels de référence en photographie, Photoshop, Lightroom, Premiere, etc. Voici un lien vers la page de candidatures spontanées.

Seuls les CV reçus via cette plateforme seront considérés. http://www.cvm.qc.ca/…/CandidaturesSpontan…/Pages/index.aspx

dimanche 1 septembre 2019

Exposition des profs et techs du Vieux ce mercredi 17h à l'Agora

C'est ce mercredi soir à 17h le vernissage des profs et techs du programme de photographie du Vieux.

Ce sera à l'Agora au 3e adjacente à l'entrée coin Sanguinet et Ontario.

Une des plus grandes participations depuis plusieurs années.

Au plaisir de vous y rencontrer.

Les photos et vidéos resteront exposés jusqu'au 20 septembre.
photo Josée Aubertin

vendredi 16 août 2019

Doit-on investir dans les actions d'Adobe (ADBE)?

Avec un taux de croissance sur trois ans de 20%, il semblerait très intéressant d'investir dans l'action d'Adobe.

Adobe a finalement gagné. Avec Creative Cloud et leur système de licences, vous allez leur envoyer fréquemment de l'argent, et ce pour plusieurs années à venir. Adobe fait partie des grands sur le NASDAQ. Des performances similaires à Apple, Facebook et Google. Une petite récession américaine semble se montrer le nez, mais Adobe en sera peu influencée.

Apple est menacé par Samsung et Huawei, Google est très fort, Facebook est en déclin avec ses problèmes de sécurité.

D'ici 5 ans, qui menacera Adobe? Tout ce qui en avait le potentiel a soit été intégré à la grande famille Adobe ou est disparu de sa belle mort. Je pourrais faire une longue liste des petits joyaux intégrés ou décédés. Il y aura plus d'utilisateurs, car le marché de l'imagerie est toujours en progression et les utilisateurs actuels seront encore là à moins que Creative Cloud ait saturé sa population. L'Inde et la Chine se modernisant sérieusement, ils adopteront le pas selon moi.

Est-ce que Capture One survivra un déclin possible de Phase One avec la venue des Fuji GFX 100 et les Sony A7R IV de ce monde? Si Phase One décline, ça risque d'emporter Capture One et renforcir Ligntroom. Quark s'est fait bouffer par InDesign, Corel Draw par Illustrator, Media Pro par Lightroom et je pourrais continuer.

Adobe n'a pas fait que des heureux, certains sont très critiques de l'écosystème et du monopole.

En général, les conseillers financiers recommandent d'investir dans des actions, uniquement si vous comprenez bien le produit dans lequel vous investissez. Dans de tels cas, vous comprenez donc les mouvances mieux que le conseiller financier très souvent.

Les CPG (Certificat de placement Garanti) produisent du 2,5% et n'offriront pas beaucoup mieux dans les années à venir et peut-être moins considérant la récession prévue.

Ça donne matière à réflexions si investir dans le pétrole ne vous excite pas...


Voici les courbes en date d'il y a quelques jours et un peu de données.


analyse par Zacks Investment Research

samedi 20 juillet 2019

102 mégapixels pour 13k$

Le photographe G. Simoneau testait l'appareil de Fuji. photo Martin Benoit
La Fuji GFX 100 est enfin sur le marché. J'en avais une dans les mains hier.
Bel appareil, belle construction, bons objectifs, toutes dernières technologies et bon prix.

Est-ce que ce type d'appareil mettra fin aux appareils moyen format de type 6x4,5 aux prix hypothécaires? Simultanément, Sony sort sa A7R IV à 60 mégapixels.

La Fuji est une vraie RAW 16 bits selon les spécifications. Un fichier couleur en 8 bits pèse 306 megs et un en 16 bits 612 megs. Attachez vos ceintures et commencez à regarder pour le nouveau MacPro qui débutera à 7k$ ou regardez du côté sombre de la force en passant à Windows.... Le ram et la vitesse de CPU ne sera plus un gadget, surtout si vous êtes du genre à faire des flous gaussiens et travailler en multi calques.

Pour ma part, je n'ai jamais aimé le clivage social que la haute résolution a généré dans le monde de la photographie. Historiquement, la résolution était associée à la taille du film. Le prix d'un 4x5 et ses accessoires était souvent moindre qu'un kit 2 1/4. Tout le monde pouvait soumissionner sur des mandats à haute résolution. C'était une histoire de technique pas de budget. Un Cambo ou un Sinar P2 faisaient les mêmes photos si la compétence du photographe y était.

Les dos numériques moyen format on scinder les photographes en deux classes sociales. Ceux qui pouvaient se les payer et ceux qui ne pouvaient pas. Oui, on peut louer, mais tout ça se reflète dans les profits.

J'espère que cette ère "discriminatoire" prendra fin avec finalement de la vraie haute résolution pour "the rest of us".

De plus, le prix de travailler à une si haute résolution a des répercussions sur le storage, l'ordinateur, etc. Toute la chaîne de production doit être repensée si on veut exploiter confortablement les 102 mp. L'appareil permet de ne pas utiliser toute la résolution et retourner à des tailles de fichiers plus gérables pour les projets ne nécessitant pas toute cette résolution comme 51 mp ou moins.

J'avais une préoccupation concernant le fait que ce capteur n'ait pas de filtre passe-haut qui s'assure de ne pas produire de moiré. Le technicien de Fuji m'a montré des exemples qui auraient dû produire des moirés et il n'y en avait pas. Ce sera la pratique qui indiquera si à une certaine distance un motif répétitif à une ouverture donnée en générera. En reportage le moiré n'est pas vraiment un problème, mais en commercial et en mode, où de telles résolutions sont recherchées, ça peut devenir un problème et c'est la fonction de cet appareil. En général, plus la résolution réelle est élevée plus le motif doit être petit pour en produire. Aussi le tech de Fuji m'indique que la famille d'objectifs développés pour la GFX 50R et 100 n'ont pas besoin d'être fermés d'un cran ou deux pour offrir la résolution nécessaire aux 100 mp.

Une autre question que je me pose, sachant que le capteur est sur une suspension à 4 ressorts indépendants, y aura-t-il des vibrations indues lors de captation vidéo sur trépied à la fin d'un pan soudain, causées par ces ressorts qui réagissent? En vidéo sur tête fluide, il faut désactiver la stabilisation interne afin de contrôler le cadrage par la tête de trépied et éviter les conflits avec la stabilisation interne. Est-ce que la désactivation de la stabilisation sur 5 axes désactive aussi la suspension du capteur?

Dernier commentaire, il existe un adaptateur pour chambre 4x5. Tous ceux qui ont essayé ce genre de dispositif, en commençant par les adaptateurs pour dos PhaseOne sur Sinar ou autres, savent que la très petite taille du capteur, en comparaison avec un film 4x5, impose l'usage de focales beaucoup plus courtes, donc des étirements de soufflet moindre voir même impossibles pour cause de l'épaisseur des montants latéraux des caméras. Même en utilisant des portes-objectifs en retraits et en remplaçant le soufflet par une poche, les distances focales qui devraient être utilisées sont encore trop loin, à moins que tout ce qui nous intéresse soit de faire de la macrophotographie à très fort grossissement. Sinar on construit le P3 et Linhof le M679 pour palier à ces problèmes. Belle petite facture à ajouter au prix de l'appareil. Selon la photo de Fuji, ce serait un Omega View 4x5 tellement étiré et avec tellement de bascule et décentrement que seule une focale d'au moins 210mm pourrait être en foyer à l'infini. Une 210 sur un capteur de cette taille est un petit téléobjectif. On oublie de faire de l'architecture au grand-angulaire. Il faudra convertir ses tilt and shift Canon ou Nikon et faire attention au bord de l'image, car le capteur étant plus grand que 24x36, il ne restera plus grand jeu avant le vignettage.

Il me semble que cet appareil peut remplacer avantageusement une 5D mk II en termes de versatilité et longévité. Tous les marchés haute résolution sont ouverts à un tel appareil et si utilisé judicieusement, on peut contourner les problématiques associées aux fichiers trop lourds. Il faudra, par contre, repenser son parc d'objectifs...
photo extraite du site de Fuji

samedi 29 juin 2019

La rééducation, le gros problème

Ce que j'entends le plus, relativement aux vieux routiers qui essaient des Sony A7 ou A9, c'est la difficulté d'adaptation à passer de Canon/Nikon vers Sony.

Quand t'as passé les 25 dernières années à réagir à des situations avec une certaine ergonomie, tu joues de ton instrument comme si c'était une extension de ton corps. Quand tu changes d'ergonomie, t'as l'impression d'avoir perdu ta virtuosité et t'es prêt à céder les avantages techniques pour retrouver tes vieilles pantoufles qui te permettent de danser le rigodon.

De plus, tirer avantage des nouveaux mirrorless, que ce soit la famille Z de Nikon ou les R de Canon, implique de revoir sa philosophie d'exposition, sinon on n'en profite qu'à la moitié.

Selon moi, un gros aspect des mirrorless est de visionner en temps réel le rendu de la photo finale et de poser les correctifs en temps réel. Finis le "chimping" (validation sur le moniteur) pour s'assurer que l'image est bien exposée. Vous regarder le moniteur en temps réel dans le viseur (si vous êtes en mode "simulation d'exposition"). Vous pouvez donc faire appel à tous les modes automatiques plus intelligents qu'auparavant, car la mesure de la lumière se fait au niveau capteur avec ses millions de posemètres et ses algorithmes de compréhension de la scène.
Canon A-1. photo Martin Benoit

Je me souviens de l'apparition du Canon A-1 (1978). Le premier appareil qui a offert 3 automatismes et un ordinateur de bord. Priorité ouverture, priorité vitesse et programme. C'était une révolution technologique qui a été très mal accueillie chez les pros. Encore, aujourd'hui, on considère que d'être bon photographe, implique savoir exposer en mode manuel. On n'a qu'à voir la popularité des t-shirts qui affichent la consécration du mode manuel.

Le Canon A1 a été mal accueillie car il pouvait sembler déposséder l'opérateur du contrôle de l'appareil. Il pouvait aussi exposer en manuel. Canon était dans sa montée de popularité avec son nouveau F-1 pro qui lui, n'offrait pas d'automatisme.

À cette époque j'enseignais la photographie aux adultes dans le sous-sol de l'église de mon quartier. Je me souviendrai toujours de la dame qui m'est arrivée avec cet appareil de son mari et qui voulait que je lui explique. J'ai du lui offrir une session particulière chez elle afin d'étudier moi-même le complexe manuel d'instruction qui réferait à une approche et une ergonomie avec laquelle ne n'étais pas familier. Je ne sais pas si j'ai réussi à lui enseigner son utilisation, il me semble que je l'aie peu revue lors des cours subséquents... Je possède moi-même un tel appareil et chaque fois que je veux l'utiliser, je dois reconsulter le manuel. C'est probablement, car je ne l'utilise pas tous les jours.

Il a fallu attendre plus de 20 ans pour que chez les pros on commence à considérer certains automatismes en ce, en ne le criant pas trop fort sur les toits. Pourquoi se priver d'une intelligence artificielle pertinente quand elle peut accélérer notre travail ou notre réflexion? Oui, il faut la monitoriser et la gauchir au besoin en utilisant notre intelligence humaine de pro, mais est-ce que notre raisonnement en manuel est si supérieur aux décisions que feraient un automatisme bien sélectionné pour la situation?

Apprivoiser les automatismes des divers appareils est une tâche en soi. Chaque appareil et chaque mode à ses caprices. Il faut les connaitre et savoir anticiper les situations où il faudra faire preuve d'humanité derrière les décisions. Je me souviens de mon premier appareil sophistiqué (Nikon F801s). Il n'y a presque pas de différence entre les décisions que prend un Nikon D5, qu'un F801s. La lecture matricielle globale de la lumière qui prend en compte la rotation de l'appareil à l'aide d'une bille de mercure qui se déplace selon la posture (c'est du moins la légende urbaine). J'avais enfilé un 36 poses d'Ektachrome 100 (un film capricieux à bien exposé) et j'avais tiré 36 photos de diverses situations problématiques en priorité ouverture et j'avais laissé l'appareil prendre les décisions. Il y avait peut-être 2 photos qui n'étaient pas exposées de façon optimale. Bien sûr, une fourchette de 1/3 de cran sur chacune des photos aurait produit plus de flexibilité, mais toutes les photos étaient bien exploitables sur un numériseur à tambour professionnel.

Mon "professionnalisme" résidait en bien choisir l'ouverture prioritaire. L'ISO m'était imposé par le film et la vitesse était choisie par l'appareil. Je monitorise la vitesse choisie dans le viseur et j'opère la bague ou molette d'ouverture en fonction des propositions ou encore la molette de compensation d'exposition selon le sujet. Et voilà!

L'important c'est d'être confortable et habile avec son appareil. Si ça vous prend une année ou deux à développer ce confort, il n'y a pas d'examen de fin de session, ainsi soit-il.

lundi 10 juin 2019

Les compositions qui semblent erronées sont souvent les plus crédibles.

Je participais à un atelier de photojournalisme il y a quelques semaines et lors de l'atelier, j'ai du me questionner sur la "qualité" de certaines de mes images et surtout, décider lesquelles je présenterais lors de la remise finale.

photo "mal cadrée" normalement. photo Martin Benoit
À partir de 2200 photos, il fallait que je n'en présente que 15 qui seraient réduites à 10 ou moins par les formateurs (Dominique Nahr et Roger Lemoyne). J'avais décidé de documenter certains phénomènes entourant notre église Notre Dame et entre autres, la popularité d'y célébrer des mariages cossus.

Je suis resté une dizaine d'heures à attendre des moments pertinents et explorer les diverses situations qui se présentaient à moi. J'ai eu la chance de tomber sur un bon gros mariage avec 3 Rolls Royce et 3 autres grosses limousines blanches. J'ai fait une centaine de clichés de divers aspects de ce mariage et finalement, j'ai opté pour cette photo, qui auparavant je n'aurais pas considérée. On voit mal l'église Notre Dame, il y a trois personnages noirs qui quittent le cadre et un qui est tronqué. Très difficile de recadrer cette image et de conserver son sens. Après un moment, j'y ai vu des qualités plutôt que des défauts et en particulier les trois hommes qui quittent le cadre. Cette "erreur" donne un sentiment d'authenticité à l'image et lui retire toute intention de fabrication la rendant, par le fait même plus crédible.

Ce n'est pas que mes autres photos soient des mises en scène, c'est uniquement le fait que l'on est habitué de voir de "belles" photos bien composées par les pros, que celles un peu moins bien composées des amateurs ont la réputation d'être plus vraies, moins fabriquées.

Ensuite, je me suis demandé si je jouais une game de "manipulation" envers le lecteur. Je sais, il ne faut pas trop penser et agir à l'intuition. Et je me suis dit que j'ai vraiment fait cette photo en pensant premièrement à la mariée et est-ce que l'on réussit bien à comprendre que la marié est assise à l'arrière et bien visible. Je n'ai pas réfléchi sur le coup à l'impact des trois hommes en noir car je voyais bien qu'ils escortaient un parent vers une autre voiture. Une seconde plus tard, ils étaient hors cadre.

Dans le fond tout le monde comprend l'histoire. Une marié qui attend dans une belle limousine, devant l'église dont on parle et que l'on montre bien dans d'autres photos de ce reportage et des chauffeurs bien habillés qui accompagnent quelqu'un. Est-ce important de bien montrer ces derniers? On surchargerait peut-être l'image de points d'intérêts et en conséquence on diminuerait l'importance de la marié et de l'église.

On ne planifie pas ce genre d'image, même s'il semble que Cartier-Bresson le faisait. On est là, on regarde dans le viseur, on se positionne, on tente un message et on pousse sur le bouton.

C'est une lecture et ça me prouve de nouveau qu'il ne faut pas effacer nos images trop rapidement, car les angles de lectures peuvent varier en fonction des besoins et de notre propre évolution personnelle.

lundi 22 avril 2019

Le droit d'auteur bien expliqué cette fois-ci!

Tout le monde à sa petite version de la philosophie du pourquoi du droit d'auteur.
Cette fois-ci, je trouve que cette explication est exhaustive, historique et bien nuancée.
Comme toujours, John Hess a une approche un peu "geeky", mais on l'aime bien comme ça.