jeudi 23 avril 2015

Blackmagic Ursa Mini 15 crans de plage dynamique pour pas cher, pas cher!

Une des configuration de la Mini. image de presse fournie par Blackmagic
Blackmagic Design a présenté au NAB leur dernière incarnation en terme de caméra. La Ursa Mini, une caméra qui enregistre 15 crans de plage dynamique en RAW pour ~5500U$. Si vous pouvez vous contenter de 12 crans, on parle de ~3000U$.

Un peu tout ce que l'on peut désirer d'une caméra sans la facture.

Quand on considère qu'aujourd'hui la norme pou juger une caméra est sa plage dynamique, le 15 crans prétendus devraient en séduire plusieurs.

Par contre, j'aime bien l'analyse qu'en fait un ancien dictateur, qui nous fait réfléchir sur la pertinence d'avoir tant de plage dynamique.


Combien de crans sont assez de plage dynamique? Pourquoi avons-nous besoin de tant de crans? Combien de crans seront finalement suffisants? Ne filmant pas en RAW, je ne suis pas familier avec la capacité qu'ont vraiment les fichiers RAW à aller chercher une belle gradation après qu'on leur demande, après la colorisation, de n'utiliser que 7 crans. La théorie nous dit qu'il y a assez de niveaux en RAW pour en produire suffisamment sur la copie finale. Est-ce vraiment le cas?

Je sais une chose par contre, lorsque je regarde une série comme Downton Abbey en Full HD sur ma télé plasma, que je crois bien calibrée, il y a plusieurs scènes (en particulier les contrastées dans les cuisines inférieures) qui sont plaquées et qui semblent manquer de gradation. Est-ce voulu, ou est-ce une conséquence des manipulations extrêmes des fichiers RAW? Est-ce l'algorithme de compression qu'utilise Bell Fibe pour transporter le fichier de Radio-Canada? Reste que les scènes moins contrastées, moins « gradées » sont plus douces. Les caméras utilisées étaient des Arri Alexa (14 crans) saisons 2-3 et Arriflex D-21 pour la saison 1.

Si les téléviseurs 4K pénètrent vraiment dans nos foyers, les spectateurs ne vont pas uniquement exiger de la résolution, mais aussi de la gradation. Il faudra peut-être retourner à éclairer et exposer plus proche du résultat escompté tout en se laissant une marge. Un peu comme si les compétences d'exposer du film (et je ne parle pas du Vision 3) reviendraient à la « mode ».

dimanche 19 avril 2015

160 mm f 1.16

photo Martin Benoit
Comme un écureuil qui oublie où il a enterré ses noix, j'ai retrouvé un objectif dont je n'avais jamais calculé la distance focale, ni l'ouverture.

C'est un objectif qui faisait partie d'un projecteur BarcoReality 909. Après calcul, j'ai obtenu 160 mm f 1,16.

Afin de déterminer avec précision la distance focale d'un objectif si gros et complexe, il suffit de projeter une image à la même taille que sa source avec l'objectif et diviser par 4 la distance entre le plan de l'image formée et de la source. Tout ça est basé sur le fait qu'une image à 1:1 de magnification est toujours au double de la distance focale du point nodal. Mais où est le point nodal d'un tel objectif? Si on l'ignore, on prend aussi en considération que l'image formée et le sujet photographiés sont chacun aussi au double de la focale quand on est à 1:1. Ainsi on se retrouve à 4 fois la distance focale entre le sujet et l'image formée abstraction d’où est le point nodal.

Pour trouver l'ouverture, on divise la distance focale par le diamètre utilisé. Quel est le diamètre utilisé d'un tel objectif? Si vous pouviez voir cet objectif de face vous verriez que ce n'est qu'un « trou » parallèle. Aucun rétrécissement à l'intérieur de l'objectif. Je peux donc prendre le diamètre avant de la lentille frontale comme diamètre utilisé.

Ce qui est intéressant de cet objectif sont les deux contrôles hélicoïdaux qui permettent de bouger avec précision certains éléments intérieurs modifiant les performances optiques ainsi que l'asphéricité de l'élément arrière. Si vous regardez attentivement la photo, vous pouvez voir à l'oeil nu que l'élément arrière est plat au centre et évasé sur les pourtours.

Beaucoup d'heures de plaisir en perspective à produire des images avec cet objectif. Je crois que je vais plutôt investir du temps à assembler une petite caméra 4x5 robuste qui pourra accommoder le poids de cet objectif.

Je vous tiens à jour.

lundi 13 avril 2015

Fujinon 145 mm f1.2

photo Martin Benoit
Hier, j'ai trouvé pour 20$, cet objectif aux caractéristiques uniques.

Une 145 mm f1.2. Je n'ai jamais vu une si grande ouverture pour une focale si longue.

Je lisais que l'usage moderne de la formule Petzval, si chère aux amateurs de collodion humide et tintype, est principalement dans des objectifs de projection. Sur la bague, il est mentionné "Fujinon-TV Projection Lens".

Une des raisons pour lesquelles les Petzval ont des beaux bokeh en tourbillon est le fait qu'on les utilise avec un plan de mise au point plus proche que ce à quoi elles sont destinées.

J'ai installé sommairement un verre dépoli 4po x 5po derrière pour avoir une idée de l'image. Ce qui m'impressionne à première vue, c'est la très faible profondeur de champ et les abérrations chromatiques...

Selon une table de profondeur de champ que j'ai trouvée sur le web, la profondeur de champ à 2 m serait de 5 cm. Donc, à une échelle de plan qui correspond à un gros plan sur une surface de 3 1/4po x 4po (la taille d'un tintype typique), on aurait les yeux à point et à peine les oreilles.

Quant au bokeh d'arrière-plan, je n'ai pas senti l'effet tourbillon, mais je dois faire une installation plus sérieuse afin de valider tout ça. Une telle rapidité d'objectif devrait permettre de faire des tintypes à des temps autour de la seconde par éclairage beaucoup moins puissant que la lumière du jour. Ne me dite pas que maintenant le problème est de fabriquer un obturateur. Tous les grands utilisent un bouchon comme obturateur, même à 1 seconde...

J'espère produire une image sur papier direct positif d'ici un mois ou deux.

À suivre.

samedi 4 avril 2015

Doit-on vraiment jeter nos filtres?

Quelques filtres d'une autre époque. photo Martin Benoit
Est-ce qu'une photo numérique sous éclairage tungstène sans filtre physique devant l'objectif ou les sources lumineuses est supérieure ou égale à une prise de vue physiquement filtrée?

Doit-on envoyer au marché aux puces notre collection de filtres?

Avant nous pouvions acheter de la pellicule balancée pour 3200K ou encore filtrer une pellicule lumière du jour afin qu'elle soit balancée pour 3200K et vice et versa.

Est-ce que la couche du bleu est exposée à souhait en particulier lorsque l'on photographie un sujet bleu sous éclairage 3200K très pauvre en bleu?

Quelqu'un a fait la comparaison? Le format RAW a beau être 12-14 bits, selon les cas, si les photosites responsables de l'enregistrement du bleu sont fortement sous-ex (2 crans dans le cas d'une source 3200K), qu'en est-il de la qualité de ce canal lors d'un « développement » RAW qui compense pour la température de l'éclairage?

Qu'elle est la sensibilité native en terme de température Kelvin des capteurs une fois filtrés par leurs motifs Bayer? Si vous photographiez un sujet bleu qui comporte une gradation subtile qu'arrivera-t-il après développement?

Je suis le premier à ne pas vouloir sacrifier 2 crans en filtrant avec un filtre de compensation du genre 80A. Dans quelle mesure mes fichiers sont-ils hypothéqués par ce débalancement de couleur sur le capteur.

Si quelqu'un a fait des tests concluants, partagez vos impressions dans la section commentaires.
Merci

vendredi 27 mars 2015

Un film qui remet en question la photographie de guerre

Récipiendaire du grand prix spécial du jury de Montréal, ce film remet en question l'efficacité et la pertinence de la photographie de guerre.

Le magazine News Photographer de la NPPA raconte que le réalisateur Erik Poppe a réalisé ce film quasi autobiographique en réaction à ses sentiments personnels lorsqu'il était photographe de conflits.

C'est mon interprétation des dernières images du film qui laissent croire à une certaine désillusion de sa part.

C'est rare qu'un film sur ce sujet soit réalisé par un protagoniste expérimenté. Que ce soit War Photographer de Christian Frei, Bang Bang Club de Steven Silver ou The Year of Living Dangerously de Peter Weir, c'est à ma connaissance la première fois que les tiraillements intérieurs d'un ou d'une photographe de guerre son abordés et explicités. Nous n'avons pas à deviner leurs sentiments, les justificatifs sont souvent exprimés verbalement.

Le défunt journaliste montréalais Gil Courtemanche disait que la fiction (le roman dans son cas) permettait de mieux expliquer la réalité que le journalisme, c'est pourquoi il s'est adonné à l'écriture romancée les dernières années de sa vie. C'est un peu ce que semble tenter Erik Poppe.

Le film était censé faire sa sortie mondiale en 2014, je ne sais pas où j'étais, mais il me semble que ce fut assez silencieux.

Enfin le gouvernement exprime la nature de ses réserves à l'égard des drones photographiques

Il n'était pas clair pourquoi le gouvernement édictait des consignes et règlements à l'égard des drones photographiques doit-on spécifier. Dans un article de La Presse du 26 février, on mentionne que la GRC suspecte que les drones soient utilisés afin de faire du prélèvement photographique d'informations sur des installations visées par des terroristes. Les photos ou vidéos ainsi obtenus de ces points de vue inaccessibles autrement pourraient servir à planifier des attentats futurs.

Il semblerait que « le taux élevé de neutralisation de complots mettant en cause des UAV (véhicules aériens sans pilotes) empêche de déterminer si ce type d'attentats a des chances de se concrétiser », selon un document obtenu par La Presse selon la loi de l'accès à l'information.

C'est un peu comme si on règlementait l'utilisation des super téléphotos. Il faut préciser que les drones photo sont beaucoup moins chers et que leur portée est incomparable.

La règlementation actuelle, sujette à changement, est qu'il est permis de faire voler un drone s’il pèse moins de 77 lb (35 kg) à des fins récréatives. Il doit rester dans votre champ de vision, de jour, à plus de 150 m d'humains, structures, véhicules et animaux.

C'est toujours la même problématique : le poids entre la protection contre une plausibilité d'incidents réduits versus les bienfaits des autres utilisations.

Le New York City Drone Festival donne un aperçu des quelques bons films produits avec cette nouvelle technologie. Ce film est celui qui a remporté le premier prix dans la catégorie Architecture. C'est un survol des structures abandonnées aux alentours de la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine après l'incident en 1986.



NYCDFF 2015 ARCHITECTURE WINNER : THE FALLOUT from NYCDFF on Vimeo.