jeudi 12 janvier 2017

Ce soir, lancement du bouquin d'Yan Giguère au Centre Clark

source Emmanuel Galland

Lancement montréalais de la publication de Yan Giguère
Jeudi le 12 janvier 2017 à partir de 19 h au Centre CLARK
5455, avenue de Gaspé - Suite 114 [www.centreclark.com]

Publication monographique produite dans le cadre de l’exposition Yan Giguère, Croisements présentée en 2016-2017 au Musée d’art de Joliette (commissaire et conservatrice : Marie-Claude Landry).
Direction de la publication : Yan Giguère
Auteurs : Sylvain Campeau, Marie-Claude Landry, Valérie Litalien.
Textes en français et en anglais.
Photographies couleur et noir & blanc
Conception graphique : Jean-François Proulx – Balistique
260 pages.
Tiré à 500 exemplaires
Éditeur : Musée d’art de Joliette
www.yangiguere.comwww.yangiguere.com
www.museejoliette.org/fr/expositions/yan-giguerewww.museejoliette.org/fr/expositions/yan-giguere

dimanche 8 janvier 2017

Whiskey, Tango, Foxtrot

Whiskey Tango Foxtrot, ce film sur la photographie en zone de combat disponible sur Netflix a été produit en 2015.

Une vision qui me semble un peu romantique des problématiques de terrain. Le film est classé comédie et il faut le voir comme ça.
photo fournie par Paramount Pictures

Quelle est la conclusion de ce film? Une reporter a une attitude téméraire ou naïve du terrain et devient cynique?

En attendant le fameux film de Spielberg, It's What I Do,  sur Linsey Addario, qui devrait sortir bientôt, on devra se rabattre sur d'autres héros photographes.

À mon avis, dans le domaine de la fiction, la meilleure réflexion sur le sujet a été faite par Erik Poppe avec le film 1000 Times Good Night, mettant en vedette l'excellente actrice Juliette Binoche. Ce film qui a été lancé, entre autres au festival du film de Montréal, et ne semble jamais avoir été distribué ici. Il a par contre remporté le prix spécial du jury en 2103.

Le réalisateur, lui-même photographe de guerre, a décidé de raconter son histoire en inversant les sexes des protagonistes.

Une réflexion complexe avec une conclusion troublante.

lundi 19 décembre 2016

Le paradoxe du cryptage en photographie

Un regroupement de photographes demandent aux grands fabricants de caméra d'inclure un protocole
Qui veut quoi?. photo Martin Benoit
de cryptage à même leurs appareils afin de les protéger contre des abus de diverses forces.

La problématique de cette demande, en plus d'être un problème technologique, tient au fait que si vous avez des fichiers encroûtés, qu'avez-vous à cacher?

On peut philosopher longtemps sur le droit à la vie privée et la protection des sources, mais reste que pour un "abuseur" de cesdits droits, le simple fait d'avoir de tels fichiers sur son appareil peut sembler suspect au point de vous faire "cracher" la clé de ce cryptage. Qui peut résister à une telle procédure et qui veut faire face à de telles procédures?

Oui, dans certains cas "démocratiques" les protagonistes auront à fournir un mandat valable d'investigation et ce cryptage pourra être suffisant afin de se protéger et de protéger ses sources, mais il ne faut pas aller très loin pour constater que même dans notre belle et grande ville moderne et démocratique, l’obtention de mandats afin de "fouiller" dans la vie de journalistes ne semble pas si difficile à obtenir...

Sans aller trop loin, que peut-on faire actuellement afin de se protéger? Une vieille méthode consiste à effacer la ou les photos problématiques à l'aide de la commande "effacer" de l'appareil et d'arrêter de faire de la prise de vue avec cette carte. Insérer une nouvelle carte et poursuivre son travail. Une fois dans un environnement plus "sécure" on utilise un logiciel de récupération de photos effacées et l’on retrouve nos images. Ça présente ses difficultés, mais c'est moins suspect que du cryptage. C'est une routine qu'il faut pratiquer. Une fois les fichiers sensibles sur son ordi, un logiciel comme Truecrypt peut crypter de façon inoffensive nos fichiers. De plus, Truecrypt n'a pas a résider sur notre ordi comme tel, mais peut résider sur un média externe ou en ligne. Oui, ces logiciels de récupérations peuvent être utilisés par n'importe qui et oui, il existe des solutions informatiques pour pénétrer n'importe quel téléphone cellulaire sécurisé. On n'a qu'à voir la solution israélienne que le FBI aurait utilisée pour ouvrir le iPhone d'un terroriste.

Les bons logiciels de cryptage peuvent utiliser la stratégie du "déni plausible" qui induira en erreur la personne qui vous forcera à livrer la clé d'un fichier crypté, protégeant ainsi le vrai contenu.

Le Devoir publiait un article sur le fait que la génération montante ne se soucie pas de l'invasion du Big Brother dans leur quotidien et qu'ils acceptent bien le fait d'être constamment surveillés. De plus en plus, le fragile équilibre entre la sécurité de la nation versus le respect de la vie privée se verront en conflit. On n'a qu'à penser à la nouvelle loi que le Royaume-Uni vient de se voter afin de se donner presque tous les pouvoirs d'enquête. Nous ne sommes pas dans un régime totalitaire, c'est le Royaume-Uni, notre "mère patrie".

Le 11 septembre ainsi que la progression de la technologie permettent une capacité d'investigation jamais vue auparavant. C'est un gain pour l'investigateur qui le fait pour débusquer les abus du système, c'est un gain pour l'investigateur qui veut débusquer les investigateurs qui surveillent le système...

La vie privée existera quand tous les systèmes seront cryptés de façon inviolable et que ce sera devenu la norme, que vous manipuliez du matériel sensible ou non.

dimanche 4 décembre 2016

Brooks Institute ferme ses portes

prise de notes en 2016. photo Martin Benoit
Une très grande école de photographie professionnelle des États-Unis a fermé ses portes par manque d'étudiants et suite aux nouvelles politiques américaines d'aviser les futurs étudiants des dettes auxquelles ils auront à face suite à leurs études.

Cette politique s'applique aux écoles à buts lucratifs, ce qui est le cas d'une grande proportion des écoles américaines.

Pourquoi un tel endettement? Car les frais de scolarité de ces institutions sont trop élevés? Car les débouchés en photographie artistique sont moindres que ce que les cohortes fournissent en nouveaux artistes? Car la demande en photographe est moins élevée que la quantité de photographes disponibles?

Doit-on former la quantité de photographes que l'industrie requiert ou doit-on offrir à tout un chacun l'opportunité de se former dans le domaine de son choix au risque qu'il se retrouve sans emploi ou qu'il sabote les prix de l'industrie? C'est un débat de société qui ne plait pas toujours à l'industrie et que le ministère de l'Éducation résout assez simplement: "C'est toujours mieux d'avoir un individu formé dans un domaine quelconque que d'avoir un décrocheur". N'importe quelle formation favorise la mobilité par opposition à pas de formation.

On m'a fourni récemment les archives de la création de notre programme de photographie autour des années 1966. Nous sommes une création de la CMPQ (Corporation des Maîtres Photographes du Québec) qui cherchait une formation qui permettrait d'uniformiser les compétences des photographes ayant, à l'époque des formations diverses ou simplement pas de formation. Lorsque le ministère ouvrit le programme en 1968 suite au projet de formation de la CMPQ, nous avons eu 200 demandes d'admission. Un questionnaire avait été posé aux aspirants et seulement un candidat voulait devenir laborantin. La CMPQ s'est alors retrouvée avec une patate chaude dans les mains créant tant de compétition parmi les leurs. "Heureusement », la première cohorte n'a produit que 12 photographes.

Cette question ne se pose plus vraiment aujourd'hui, car le "secret professionnel" que pouvait fournir une formation est disponible partout sur Internet et presque tout peut s'apprendre via Internet. Oui, une relation humaine et un programme bien structuré permettront à l'étudiant d'aller plus loin et de l'encadrer, mais admettons que ce n'est plus aussi essentiel que ce l'était.

Considérant la vitesse à laquelle la technologie évolue, la formation continue est de plus en plus importante, tant pour les photographes que pour les enseignants. Comment être un enseignant pertinent sans devenir un imposteur? C'est le défi que doit relever l'enseignant moderne au Québec où les conventions collectives interdisent le double emploi qui pourrait favoriser une présence constante sur le marché.  L'enseignement de la photographie en 2016 requiert d'être un guide qui saura aider l'étudiant à découvrir ses forces et faiblesses et à l'orienter vers des marchés plausibles pour lui ou elle.

Un défi valorisant, mais de plus en plus exigeant ayant à négocier, entre autres, avec la présence des téléphones cellulaires et autres sources de distractions dans ce monde de plus en plus rapide où les résultats sont attendus de plus en plus rapidement.



dimanche 27 novembre 2016

24 ips, c'est difficile de changer le subconscient du lecteur

sélecteur de cadence sur une Bolex H16R. photo Martin Benoit
Le débat fait toujours rage autour de la pertinence du 24 images par secondes en vidéo/cinéma. Ce que j'ai constaté avec les années, c'est que, même si cette cadence d'image est imparfaite par sa lenteur et le manque de fluidité, elle reste la cadence qui induit dans notre subconscient la sensation que ce que nous visionnons est une fiction. Si vous voulez faire de la fiction, régler votre cadence à 24 ips et 1/48sec.

Il faudrait modifier 100 ans d'histoire du cinéma pour changer cette empreinte subconsciente dans notre cerveau. À toutes sortes d'époques et pour toutes sortes de raisons, plusieurs ont tenté d'accélérer cette cadence afin d'obtenir plus de détails, plus de fluidité lors des mouvements, mais la conséquence a toujours été un certain détachement de cette sensation que l'on visionne le réel plutôt que l'imaginaire.

Mon parallèle serait un peu comme la photographie noir et blanc qui a été longtemps été associée aux reportages que l'on voyait dans les journaux qui eux, étaient imprimés en noir et blanc. Cette multitude d'images noir et blanc associées aux nouvelles et à la vérité a fini par nous faire croire qu'une certaine vérité doit-être en noir et blanc si on veut que le lecteur y croie. Contrairement à la photo noir et blanc le 24 ips est beaucoup plus ancré dans notre perception subconsciente.

La venue de la vidéo avec son 60 cadres entrelacés a créé une image fluide et continue relativement au 24 ips et ces images nous les avons vues lors des spots télé, lors du téléjournal et dans les téléromans à faible budget. Tout le cinéma de qualité nous a été présenté à 24 images par secondes à 1/48 de seconde. Cette signature visuelle a fini par créer l'association que ce scintillement caractéristique de l'image appartienne à la fiction tandis que le scintillement, ou l'absence de scintillement appartiennent à la vidéo des nouvelles.

Le langage cinématographique est un ensemble de codes qui se sont imprégnés en nous au fil des ans et de l'histoire du cinéma. Ces codes, souvent non identifiables par le lecteur, font partie du langage et sont très difficiles à transgresser. Je me souviendrai toujours de la série télé Ally McBeal où le réalisateur avait tenté de créer de nouveaux codes sémantiques. Seuls les initiés de la série les comprennent et ces codes se sont jamais imposés dans les productions subséquentes.

Les défauts peuvent devenir des "qualités" ou disons des caractéristiques d'un média. Le subconscient et des milliers de visionnements sont des choses lentes à reprogrammer.

dimanche 13 novembre 2016

Avons-nous atteint une accalmie technologique?

Plusieurs aimeraient que la technologie ralentisse un peu afin de rentabiliser leurs gros investissements dans des appareils de dernières générations.

Depuis l'an 2000 c'est la course à l'appareil performant qui nous permettra d'être compétitifs.

C'est une forme de rat race, qui semble sans fin et qui appauvrit plusieurs et diminue la marge de profit  pour ceux qui n'ont pas la chance d'évoluer dans des marchés où la marge de profit est très élevée.

Stratégie de stabilisation chez Sony. illustration Sony
Comme je l'ai souvent répété, à  une autre époque pas si lointaine, votre investissement appareils photo pouvait suffire pour les 30-40 prochaines années de votre carrière.

Le photographe qui possédait un Nikon de la famille F avec une collection d'objectifs, un Hasselblad et 3 objectifs et une chambre 4x5 intermédiaire équipée de 3 objectifs allemands ou japonais, pouvait dormir sur ses deux oreilles et répondre à la très grande majorité de ses affectations. Ces appareils pouvaient être acquis usagés et déjà avoir eu une carrière derrière eux.

Amortir ses investissements appareils photo était une question secondaire. Les frais de studios, assistants, etc. étaient plus importants que les appareils comme tels.

On a l'impression que depuis un an ou deux, il n'y a plus de grands sauts technologiques qui ouvrent de nouveaux marchés et nous permet de rester à flots.

Les nouveaux appareils sont intéressants et mieux que les prédécesseurs, mais pas significativement supérieurs au point de courir les acquérir afin de maintenir sa place dans le marché.

Que se passe-t-il réellement technologiquement parlant depuis 2 ans?
-Augmentation de la plage dynamique. Corollaire, meilleur ISO élevé.
-Baisse du prix des boîtiers.
-Mémoire tampon plus volumineuse, impliquent plus haute cadence (images par secondes)
-Processeur interne plus rapide (plus d'images par seconde)
-Taux de compression moindre en vidéo (meilleure qualité vidéo qui permet un meilleur étalonnage des fichiers en post prod)
-Petit gain en résolution. On n'a pas encore doublé la résolution de la Canon 5D mkII, qui impliquerait un appareil de 84 mpx. Par contre, les 21 mp de la 5D mkII étaient suffisants pour la grande majorité des affectations.
-Les dos moyen format augmentent un peu en résolution, ne baissent pas vraiment de prix et ont tranquillement une meilleure gradation.
-La stabilisation des capteurs est, selon moi, une grande évolution, qui permet d'atteindre de plus grands niveaux de netteté et ainsi mieux exploiter les objectifs et leurs capteurs. Ce ne sont pas toutes les compagnies qui ont opté pour cette solution. Olympus et Sony sont les grands joueurs dans cet univers. Canon et Nikon stabilisent certains de leurs objectifs au lieu des boîtiers. Un ne s'oppose pas à l'autre...
-Amélioration des appareils hybrides (on n'a qu'à penser à l'immense succès de la Sony A7rII) au point que plusieurs professionnels les adoptent.
-Le 4k apparait dans plusieurs caméras, mais le débit n'est pas toujours au rendez-vous et la puissance des ordinateurs "domestiques" est toujours timide quand vient le temps de manipuler ces gros fichiers.

Qu'espérons-nous de la progression de la technologie dans les prochaines années?

Voici ma liste de souhaits:

1- Un système de piles universelles de qualité adopté par tous les manufacturiers qui éviterait l'obsolescence de nos équipements. Le monde du cinéma et de la vidéo l'on fait avec le format 14v et le V mount et le XLR 4 broches.

2- Une construction modulaire qui permettrait de remplacer un module capteur selon l'évolution de la technologie. Black Magic a tenté l'expérience avec l'Ursa, mais qu'est-il vraiment arrivé?

3- Des appareils hybrides à faible consommation électrique afin d'en augmenter l'autonomie. Les appareils hybrides devraient diminuer les coûts de fabrication et diminuer les bris, car pas de mécanisme de miroir et ils seraient moins bruyants.

4- De la géolocalisation et de la communication évoluée intégrée afin de diminuer le travail d'ajout de métadonnées aux fichiers et faciliter la transmission des fichiers.

5- Une pérennité augmentée.

Nous ne sommes pas très loin de ça à l'exception d'un système de piles cohérent.

Il est temps de faire des images et d'oublier un peu la techno, qui, à l’heure actuelle, est au rendez-vous des besoins photographiques de la grande majorité des marchés.




samedi 29 octobre 2016

Le nouveau téléphone/caméra de Kodak

téléphone Kodak Ektra, image fournie par Kodak
Kodak présente son téléphone Ektra. Non, ce n'est pas une faute d'orthographe, c'est bien Ektra au lieu de Ektar, la fameuse marque de film de Kodak.

Ce téléphone intègre une caméra de 21mp dans un boîtier recouvert d'une cuirette, que l'on retrouvait sur les appareils pré 1990. Le tout livré dans un étui de cuir vintage. La caméra est stabilisée sur 6 axes et elle peut être utilisée en mode manuel où plusieurs paramètres, tels l'ISO, la balance des blancs et la mise au point peuvent être réglés.


Ce mois-ci, Google pousse très fort son nouveau téléphone Pixel la meilleure caméra du marché, selon eux, Apple pousse son iPhone 7 Plus avec sa double caméra. Peut-on rivaliser avec ces deux géants? Kodak offre définitivement un look qui ne dissimule pas sa caméra, mais dissimule plutôt son téléphone. L'objectif est ostentatoire et l'ensemble de l'instrument clairement identifiable à un appareil photo. Son gros attrait reste son apparence vintage, qui plaira à plusieurs. Est-ce que ses performances techniques seront à la hauteur? Le temps nous le dira, car on peut ajouter aux téléphones sous iOS et Android plusieurs applications qui offrent les mêmes fonctionnalités que la caméra du Ektra. 21 mp reste un gros chiffre qui doit se marier à la qualité optique si elle est au rendez-vous. La stabilisation peut-être elle aussi très intéressante si bien déployée. Il est un peu tôt pour valider tout ça. Qui revendra ce téléphone? Est-ce que les grands fournisseurs l'ajouteront à leur offre?

Wired Magazine nous donne un aperçu du produit. Un autre cauchemar pour les détaillants d'appareils photo qui se font miner leur marché d'appareils "point and shoot" par les téléphones.