vendredi 23 janvier 2015

Objet mystère #5

photo Martin Benoit
Un indice: cet objet était particulièrement utilisé en photographie sportive.

dimanche 11 janvier 2015

Archives, archives, backup, backup

ma structure d'archivage, photo Martin Benoit
Depuis l'ère numérique, notre sentiment d'insécurité semble avoir augmenté et l'inquiétude de perdre notre « vie » numérique grandit de jour en jour.

Il n'est pas un mois sans que l'on entende une histoire d'horreur de fichiers perdus, illisibles ou volés.

En tant qu'enseignant, cela m'arrive mensuellement qu'un étudiant ait perdu son travail ou l'ensemble de ses travaux suite à une défaillance informatique ou encore un simple vol.

Comment assurer une certaine pérennité à notre production pour simplement nous permettre d'y avoir encore accès dans quelques décennies?

Je consulte et utilise encore mes négatifs des années 70. Ce n'est pas toujours simple, mais c'est réalisable. Il y a quelques années, un copain est décédé et après une semaine de débroussaillage, j’ai quand même réussi à sortir une trentaine d'images intéressantes du défunt pour la famille et les amis.

Si j'avais numérisé ma collection et bien enrichi chacun des fichiers de métadonnées appropriées, je l'aurais fait en quelques heures au maximum...

Le DAM Book est une bible de procédures afin de survivre l'« aftermath » d'un désastre informatique. Reste que notre vie se complexifie. Nos téléphones intelligents ont des capacités de plus en plus volumineuses, nos laptops de même et la diversité des fichiers à archiver se complexifie. iTune Synchronize, TimeMachine, Carbon Cloner, Google Drive, iCloud ne sont que quelques solutions à un problème grandissant et de plus en plus irritant.

Nous roulions sans ceinture de sécurité, sans détecteur de fumé, sans casque à vélo, etc. Nos négatifs étaient bien classés dans des chemises et c'était le risque inhérent de la vie. En quoi le risque a-t-il changé et pourquoi devons-nous être plus prudents?

Les supports sont plus fragiles et hébergent plus d'information. Un simple disque dur de 3 TB peut héberger des milliers de photos. Avant, cela représentait une rangée complète de cartables remplis de filières à négatifs et peut-être plus selon le format de prise de vue. Une seule défaillance électronique et bye bye vos milliers de photos. Pour endommager une rangée complète de cartables, ça vous prend un incendie ou encore la cuvette du plancher supérieur qui déborde ou fuie durant plusieurs jours sur votre collection (ça m'est arrivé). Il reste que statistiquement c'était plus difficile de détruire une grosse collection auparavant qu'aujourd'hui si l’on ne prend pas les précautions nécessaires.

L'an dernier, un de mes étudiants s'est fait cambrioler son laptop et ses disques durs sont disparus. À son grand désespoir, tout son travail du semestre y passait et c'était son meilleur travail à date. Après un moment, il a découvert qu'il avait déposé sur Dropbox des JPEG de ses meilleurs fichiers. Il devient de plus en plus évident que de remiser l'ensemble de sa collection à une seule place peut être périlleux même si l’on prend soin de dupliquer (disques miroirs RAID 1) ses données. Un remisage hors du lieu de travail est de plus en plus désirable et les lieux d'hébergements sont de plus en plus abordables pour ne pas dire gratuits. On n'a qu'à penser à Google Drive, Dropbox, iCloud et les espaces FTP inclus dans les forfaits d'hébergements de la plupart des fournisseurs. Le mien (BlueHost) m'offre un espace FTP illimité pour 80 $/an en plus de tout le kit web.

Il reste que l'archivage est devenu une profession pour certains. Nous passons plus d'heures à classer et archiver qu'avant. Le bienfait est que c'est beaucoup plus rapide de se retrouver et que c'est plus sécuritaire lorsque bien fait.

Un pas en arrière, un pas en avant. A-t-on vraiment le choix?
Sur la photo on peut voir ma structure quotidienne d'archivage : actualisation d'un clone de mon disque dur interne de mon laptop à l'aide de Carbon Cloner ou SuperDuper, archives en RAID 1 de mes photos quotidiennes, 2 TimeMachine (un pour chacun de mes laptops) et finalement, les autres disques sont la décomposition de mes vieilles archives sur disques en RAID 1. Le second élément des ces grappes RAID sont à mon bureau dans un autre édifice. Certains éléments sont archivés via FTP sur d'autres serveurs, mais c'est le volet sur lequel il faut que je travaille davantage.

lundi 29 décembre 2014

2014 l'année des drones photo

2014 aura été l'année de maturité des drones photographiques. Ils ont servis à faire des photos sportives qui ont été primées au WorldPress Photo, ils ont servis à filmer et éclairer une descente de ski spectaculaire, ils ont servi à faire danser des abats-jours et entre autres à faire voltiger une tige de gui au-dessus d'amoureux afin qu'ils puissent s'embrasser « under the mistletoe ». Des photographes de mariage l'utilisent afin d'offrir un nouveau point de vue.

Des groupes de discussions très sérieux se sont formés sur Linkedin. Ils sont devenus plus stables, plus facile à piloter, les agences aériennes et les gouvernements ont commencer à légiférer leur utilisation et finalement, les grands magasins de Montréal ont commencé à en vendre sérieusement voir même les vendre en spécial lors du Boxing Day.

Quel est l'apport des drones à la photographie?

Des points de vue impossibles autrement. Un drone peut voler à l'intérieur d'un édifice (pas un hélicoptère conventionnel). Un drone peut passer sous une chaise ou dans un cerceau. Il peut se positionner au plafond d'une usine où il aurait été impensable d'aller installer une caméra. Un drone peut voler au-dessus d'un événement social. C'est aussi un nouveau mouvement de caméra pas seulement un nouveau point de vue. En cinéma/reportage vidéo, un drone peut faire un traveling qui aurait anciennement impliqué une grue savante ou un assemblage de rails complexe, voire souvent impossible. Un drone donne accès à plusieurs points de vue qui auparavant auraient nécessité une prise de vue aérienne avec un avion ou un hélicoptère qui aurait très souvent été prohibitif.

Il a fallu plusieurs avancements technologiques pour que le drone trouve sa place en photographie professionnelle.
-que la caméra qu'il héberge soit d'une résolution et d'une qualité de fichier utilisable (merci GoPro 4)
-que le poids d'une telle caméra soit très léger (merci GoPro 4)
-que la caméra qu'il héberge puisse envoyer son cadrage via Wi-Fi afin de cadrer précisément (merci GoPro et Sony)
-que la stabilité de vol soit de qualité photographique et cinématographique (merci aux micros gyroscopes et  à la technologie GPS)
-que le prix et la courbe d'apprentissage à voler un tel appareil, soit réaliste (merci Phantom)
-que le danger de faire voler un tel appareil près d'humains soit minimal. Il faut se souvenir des hélicoptères photographiques télécommandés d'il y a que quelques années et qui étaient de vraies guillotines.

Les gouvernements ont commencé à limiter l'usage des drones photographiques à des usages récréatifs non commerciaux ce qui va à l'encontre de la photographie professionnelle. Le lobby des drones ne fait que commencer et le combat sera entre la notion de sécurité publique et la liberté d'expression. Je ne suis pas optimiste en terme de faire valoir la liberté d'expression lorsqu'elle est opposée à la sécurité publique. Il faudra dédramatiser l'usage des drones et les comparer aux dangers des cerfs-volants ou des gens qui font du parapente. Un cerf-volant peut causer beaucoup plus de dommage qu'un drone et un coup de « parapenteur » ou de delta-plane aussi.

Plus les drones photo seront utilisés correctement, plus ils s'imposeront.
La vraie question est: à qui nuit l'usage des drones et quels sont leurs intérêts?

Bonne Année!

jeudi 18 décembre 2014

Tendances de l'année

Si vous ne connaissez pas The Camera Store en Alberta, c'est peut-être une bonne occasion de rencontrer leurs protagonistes.

dimanche 7 décembre 2014

Les animations GIF en vogue

Avec la facilité de travailler des fichiers vidéos sur des ordinateurs domestiques, on voit apparaître des oeuvres intéressantes de plus en plus.

dimanche 30 novembre 2014

Étudier la photographie était un privilège

Il n'y a pas si longtemps, être accepté dans un programme de photographie comme celui du Vieux Montréal était un privilège et les étudiants étaient motivés. Connaître et maîtriser les secrets de l'alchimie de la chambre noire couleur et noir et blanc vous séparait du mononcle avec le gros kodak.

Aujourd'hui, la démocratisation de la photographie numérique et l'informatique vous normalisent relativement au mononcle motivé.

L'étudiant ne sent plus qu'il est membre d'une secte de privilégiés, mais souvent juste un autre pousseux de pitons à l'occasion.

Assez de nostalgie, la réalité est plus complexe que ça, mais il reste un fond de vérité dans ce préambule. Faire de la photographie est davantage que de se créer une classe à part. C'est maîtriser des outils, des situations et un marché. C'est savoir se renouveler et s'adapter. Reste que l'école n'est plus cet endroit mystique parsemé de laboratoires aux odeurs acres et aux éclairages inactiniques. Nous avons conservé notre grand labo. noir et blanc et je crois que c'est une bonne décision dans la mesure où les pieds carrés nous le permettre. Chez nous, la pratique du laboratoire argentique a lieu au début de la 3e année et plusieurs attendent patiemment le jour de rentrer dans ce local mythique. Certains s'y aventurent avant le temps et y jettent un regard furtif.

S’il était réaliste de maintenir une développeuse RA-4 (développeuse à papier négatif couleur argentique), j'irais jusqu'à suggérer de conserver un peu d'impressions couleur soustractives même si les résultats ne sont pas comparables aux impressions numériques modernes. La sensibilité visuelle que l'impression couleur manuelle développe manque un peu dans notre formation et je suppose celle des autres institutions. Savoir reconnaître une dominante avec précision était souvent le résultat d'heures de frustration en impression couleur négative. Les outils modernes de correction de couleur sont très efficaces, encore faut-il savoir sur quel curseur agir. Reconnaître un croisement de courbe (dominantes opposées dans les ombres et les hautes lumières) nécessitait une sensibilité et surtout d'avoir rencontré des centaines, voire des milliers de tirages, défectueux.

Dans un univers où comment rendre mes ombres vertes et mes tons moyens plus ou moins normaux devient une certaine norme, cette compétence n'est peut-être pas pertinente.

La colorisation vidéo sera peut-être notre voie salvatrice afin de développer une sensibilité visuelle.