vendredi 27 mars 2015

Un film qui remet en question la photographie de guerre

Récipiendaire du grand prix spécial du jury de Montréal, ce film remet en question l'efficacité et la pertinence de la photographie de guerre.

Le magazine News Photographer de la NPPA raconte que le réalisateur Erik Poppe a réalisé ce film quasi autobiographique en réaction à ses sentiments personnels lorsqu'il était photographe de conflits.

C'est mon interprétation des dernières images du film qui laissent croire à une certaine désillusion de sa part.

C'est rare qu'un film sur ce sujet soit réalisé par un protagoniste expérimenté. Que ce soit War Photographer de Christian Frei, Bang Bang Club de Steven Silver ou The Year of Living Dangerously de Peter Weir, c'est à ma connaissance la première fois que les tiraillements intérieurs d'un ou d'une photographe de guerre son abordés et explicités. Nous n'avons pas à deviner leurs sentiments, les justificatifs sont souvent exprimés verbalement.

Le défunt journaliste montréalais Gil Courtemanche disait que la fiction (le roman dans son cas) permettait de mieux expliquer la réalité que le journalisme, c'est pourquoi il s'est adonné à l'écriture romancée les dernières années de sa vie. C'est un peu ce que semble tenter Erik Poppe.

Le film était censé faire sa sortie mondiale en 2014, je ne sais pas où j'étais, mais il me semble que ce fut assez silencieux.

Enfin le gouvernement exprime la nature de ses réserves à l'égard des drones photographiques

Il n'était pas clair pourquoi le gouvernement édictait des consignes et règlements à l'égard des drones photographiques doit-on spécifier. Dans un article de La Presse du 26 février, on mentionne que la GRC suspecte que les drones soient utilisés afin de faire du prélèvement photographique d'informations sur des installations visées par des terroristes. Les photos ou vidéos ainsi obtenus de ces points de vue inaccessibles autrement pourraient servir à planifier des attentats futurs.

Il semblerait que « le taux élevé de neutralisation de complots mettant en cause des UAV (véhicules aériens sans pilotes) empêche de déterminer si ce type d'attentats a des chances de se concrétiser », selon un document obtenu par La Presse selon la loi de l'accès à l'information.

C'est un peu comme si on règlementait l'utilisation des super téléphotos. Il faut préciser que les drones photo sont beaucoup moins chers et que leur portée est incomparable.

La règlementation actuelle, sujette à changement, est qu'il est permis de faire voler un drone s’il pèse moins de 77 lb (35 kg) à des fins récréatives. Il doit rester dans votre champ de vision, de jour, à plus de 150 m d'humains, structures, véhicules et animaux.

C'est toujours la même problématique : le poids entre la protection contre une plausibilité d'incidents réduits versus les bienfaits des autres utilisations.

Le New York City Drone Festival donne un aperçu des quelques bons films produits avec cette nouvelle technologie. Ce film est celui qui a remporté le premier prix dans la catégorie Architecture. C'est un survol des structures abandonnées aux alentours de la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine après l'incident en 1986.



NYCDFF 2015 ARCHITECTURE WINNER : THE FALLOUT from NYCDFF on Vimeo.

mardi 24 mars 2015

Comprendre la nature du travail du photojournaliste d'actualité

photo Francis Terry
Yvanoh Demers, photojournaliste à La Presse, expose présentement environ mille photos qui tentent de faire comprendre aux visiteurs la nature même du travail du photojournaliste. Une profession souvent mal comprise pleine d'idées reçues.

Des avant et après de quelques-unes de ses plus célèbres photos. Des photos de bouffe en studio pour le cahier gourmand, des photos de politiciens d'ici et d'ailleurs, des conflits sociaux, etc.

Pour celui intéressé par la profession, cette exposition est une excellente bande-annonce du métier.

Prévoyez une bonne heure pour visiter l'expo, car regarder mille photos ça prend quand même un temps minimum.


mercredi 11 mars 2015

Vendredi Speed Dating étudiant

source Capic

Portfolio Speed Dating étudiants:
Le vendredi 13 mars, 30 étudiants auront la chance de rencontrer 10 photographes professionnels. Une occasion unique d'établir un premier contact pour devenir assistant et/ou pour recevoir des conseils judicieux pour débuter sa carrière. Inscrivez-vous dès maintenant!

http://capicmontreal.ca/activites/psde-portfolio-speed-dating-pour-etudiants/

dimanche 1 mars 2015

Iphotographes recherchés

source Jasmin Cormier

Dans le cadre de sa recherche de maîtrise en histoire de l'art, le membre étudiant Jasmin Cormier cherche des participant-e-s volontaires.

Son travail porte sur les représentations du temps dans la photographie mobile (aussi appelée iphoneographie). Pour participer, il suffit de procéder à un envoi d'images (dont vous êtes l'auteur-e) réalisées avec un appareil de type "smartphone" et traitées à l'aide d'une application de traitement des images.
Pour plus d'informations, et pour participer, suivez ce lien :
https://www.scribd.com/doc/256850602/Recrutement-Francais

Merci à l'avance de votre collaboration à ce projet.

vendredi 27 février 2015

Vincent Laforet prédicateur/visionnaire ou prophète de malheur?

Le photographe-blogueur Vincent Laforet a publié ses prédictions relatives au futur de la profession de photographe dans un récent billet sur son blogue.
iPhone et Instagram quelque part dans le sud des USA. photo Martin Benoit

À la lecture de ce billet, on en arrive à conclure qu'Apple est la compagnie phare en photographie, que le métier de photographe professionnel, tel qu'on le connait, est en voie d'extinction et que la recherche et développement en matière de matériel photo haut de gamme pour les pros est un exercice qui intéresse de moins en moins de compagnies et d'utilisateurs.

Ces lugubres prédictions pour le milieu professionnel, se concluent par: adapte ou meurt!
Vincent valide ses déclarations par des analyses financières et des observations pertinentes.
En tant qu'enseignant dans un programme de photographie professionnelle, je ne peu qu'être interpellé par de telles déclarations.

Il est certain que les téléphones sont des gros joueurs dans la façon dont la société aborde la photographie et que peut-être pas suffisamment de professionnels leurs donnent leur juste crédit.

Pour ajouter aux statistiques de Vincent, j'ajouterai que selon les données de l'agence Reuters, concernant les meilleurs réglages de leurs photos de 2012, on peut arriver à la conclusion que plus de 50 % des photographies ont été prises autour de l'équivalent d'une 29 mm sur un plein capteur, à 1/400 f2,8 et 400ISO sur un appareil d'environ 20 MP. Les téléphones peuvent faire ça ou pourront faire ça bientôt. Ce que ça démontre, c'est que le matériel photo extraordinaire ce n'est pas pour la majorité des situations. Reuters ne représente pas toute la variété des secteurs photo, mais en tant qu'agence internationale ils ont à couvrir de la mode, au sport à l'actualité, etc.

Ce qui fait une bonne photo est heureusement ou malheureusement pas l'appareil, mais le photographe de plus en plus. L'appareil devenant de plus en plus accessible, ce qui nous distingue est de plus en plus le regard. Ce regard ne vient pas dans la boîte de la Canon 5D mkIII de chez Lozeau...

Par contre, il ne vient pas automatiquement avec votre statut d'entreprise et votre numéro de taxe ou votre système de facturation.

Pourquoi les « demandeurs de photographies » continueront-ils à faire appel aux pros dans le futur et pourquoi paieront-ils des gros sous pour ce service? Vincent répond partiellement à cette question en insinuant des changements de paradigmes dans la perception de ce qu'est une bonne photo.

J'entends souvent ce commentaire que les clients n'apprécient plus la qualité comme ils l'appréciaient il y a 20 ans. Peut-être ne nous sommes-nous pas adaptés à ce qu'est devenue la notion de qualité photographique? Oublions la résolution, l'étendue dynamique, la gradation, mais pensons rapidité de la livraison et de la distribution. La connectivité dans notre système de diffusion d'images. La capacité d'organiser une équipe autour d'un projet, de mieux comprendre ce qui atteindra le public cible et comment leur parler. Nous ne sommes pas des agences de pub avec leurs cerveaux qui sont payés pour ce genre de réflexions, mais dans des secteurs plus simples comme la photographie scolaire, le mariage, le catalogue, l'architecture, le corporatif et autres, il y a place à la réflexion et l'adaptation aux réalités de la génération C qui sont les nouveaux joueurs de notre société.

J'enseigne à cette génération depuis une décennie et je dois reconnaître que les efforts cérébraux à bien les comprendre sont plus exigeants que de bien comprendre la dernière version de Photoshop CC...

Sans comprendre ce qu'est cette génération qui sont et seront nos futurs employeurs et la future « compétition », les chances d'encore manquer le bateau sont grandes.