lundi 16 juillet 2018

La problématique de la sensibilité spectrale du Fomapan; projet Hurrell partie 6

Un des problèmes que nous avons rencontré est de découvrir après coup que le film que nous avions utilisé traduisait les lèvres vraiment trop claires.

J'avais demandé à la maquilleuse d'utiliser des rouges à lèvres très saturés de sorte à créer un fort contraste avec la peau. C'était le look d'époque sur les portraits d'Hurrell.

graphique photodans.com.au
Ayant tenue pour acquise la façon dont le film traduirait cette saturation, je ne me doutais pas que ce film tchèque avait une courbe de sensibilité unique et très différente des autres films noir et blanc avec lesquels j'étais habitué.

Sur le graphique comparatif des sensibilités spectrales, on peut rapidement constater que ce film est particulièrement sensible au rouge et particulièrement insensible au bleu. C'est un peu l'inverse de l'histoire de l'amélioration des pellicules noir et blanc qui a pris presque 100 ans à finalement être sensible au rouge et ne pas exagérer les bleus.

La conséquence est bien illustrée dans cette photo où on peut comparer une photo prise au PhaseOne et convertie en noir et blanc relativement à la façon dont le négatif Fomapan l'a interprété et ce qu'un D810 voit en couleur.
 
photos Martin Benoit et Christian Lévesque, modèle G. Ste-Croix
Il aurait fallu utiliser des rouges à lèvres très sombres ou bleus de sorte qu'ils soient traduits par des valeurs sombres.

Il est presque impossible de maquiller (brûler) en chambre noire de si petites surfaces. Il reste à essayer une vieille technique d'aérographe qui consiste à masquer le reste de l'image avec du Frisket (film auto collant mince) et d'estomper de la mine de crayon directement sur le tirage final à la densité voulue.

À l'automne je terminerai l'impression de ce projet, incluant une tentative d'insertion de grain de peau et correction des lèvres.

dimanche 1 juillet 2018

La recette contre-intuitive de Hurrell; projet Hurrell partie 4

Maintient des pores de peau. détail d'une impression 4 couleur offset. autorisation en attente.
J'aurais dû faire des recherches exhaustives au lieu de me fier à mon intuition et mes connaissances avant d'entamer ce projet au printemps.

Je savais que  les portraitistes de cette époque utilisaient beaucoup le 5x7 à cause de la taille des visages sur les négatifs qui facilitait la retouche au crayon pour corriger les défauts.

Je savais que les "Portrait Lens" diffusaient beaucoup et aidaient à adoucir le grain de peau.

Je savais que l'éclairage typique était composé de sources fresnel très contrôlées de sorte à découper l'ossature des visages.

Je savais que l'éclairage de type papillon était souvent favorisé pour les femmes.

Je savais que l'on diffusait souvent à l'aide d'un tissus  à l'agrandissement pour adoucir le grain de la peau.

Je savais qu'il existait des machines à retoucher, comme la Adams Retouching Machine que je possède. Que ces machines recréaient un motif similaire aux pores de la peau.

Je savais que la très grande majorité des agrandisseurs pour le portrait avaient des sources lumineuses de type diffusion ce qui ajoute à la douceur du grain de peau. Un des plus populaires et spécialisés de ces agrandisseurs est le fameux Beseler 5x7 Diffusion and Vignetting Enlarger. Nous en avions deux au département et les avons vendus en 1987 si je ne me trompe.

J'ai donc présumé que la technique de Hurrel pour les peaux était basée sur la retouche crayon négative et l'impression sur papier très granuleux. En 1981,  j'avais lu dans American Photographer que Hurrell imprimait sur papier très texturé afin de dissimuler son trait de crayon à la retouche. Il semble, selon Mark A. Vieria que la vraie raison d'utiliser ce papier était d'empêcher que le tirage soit tramé adéquatement évitant ainsi que les tirages soient envoyés à des publications sans l'autorisation des grands studios (MGM, Paramount). La texture du papier créait un conflit avec la trame d'impression, ce qui causait des moirés irréparables. Les tirages destinés à être publiés, dans les multiples magazines, étaient sur papier très glaçé (ferrotypé) pour faire de parfaites reproductions.

Voici sa recette selon mes lectures:

-Photographier à la caméra 8x10 pour obtenir un très grand négatif sans grain facile à retoucher. J'ai utilisé un 5x7, même si j'avais accès à un 8x10...

-Utiliser un objectif très piqué. Dans son cas, pour l'époque, c'était un 16po Goerz Celor. J'ai utilisé une 13 po Cook Portrait Series VI, même si j'avais accès aux meilleures Rodenstock Sironar ou Schneider Simmar...

-Utiliser à peine plus long que la focale normale (12po est la nomale pour du 8x10). J'ai utilisé une 13 po, mais sur du 5x7...

-Utiliser du film panchromatique pour une peau le moins sombre possible. Dans son cas du SuperXX entre autres (200 ISO). J'ai utilisé du Fomapan 400 exposé à 100 ISO.

-À l'occasion, surexposer et sous-développer pour conserver les hautes lumières. Je surexposait de 2 crans et sous-développait de 20%.

-Développer dans un révélateur à 3 étapes au pyrogallo. J'ai développé dans du D-76 stock, un révélateur au métol (Elon).

-f16, 1/10 de seconde. J'ai fait f16, 1/25e au flash avec des durées d'éclair autour de 1/800e.

-Éclairage tungstène de 1000w environ pour les sources principales. Il a utilisé des lampes à arc durant les premières années avec les risques associés d'exposition aux ultra-violets. J'ai utilisé divers Speedotron de 1200 et 2400 w/sec. Les sources principales étaient autour de 200 w/sec.

-C'est ici que le secret non intuitif commence: ne pas maquiller le modèle avec un fond de teint qui détruirait les pores de peau, mais au contraire, légèrement huiler la peau pour produire un gloss. Aujourd'hui faire ça c'est un non non, en particulier avec comme source principale une source ponctuelle. Good Luck de pas tourner votre modèle en crapaud... J'ai engagé une maquilleuse professionnelle à qui j'ai demandé d'appliquer des fond de teints mats et d'éviter tous effets de gloss...

-Seuls les yeux et la bouche peuvent être maquillés. Tout a été maquillé dans notre cas.

-Ajouter un vernis mordant du côté de l'émulsion et retoucher au crayon mou directement sur l'émulsion pour atténuer les rides et poches sous les yeux et recréer les hautes lumières. Tous les manuels de retouche de l'époque mentionnent d'utiliser un crayon dur (4H) pour remplir progressivement les rides. Hurrell utilisait de la poudre de mine de crayon mou et l'appliquait à l'estompe au lieu du porte-mine. Donc il ajoutait de la densité très subtile sur le négatif et remodelait le visage. Nous avons concocté notre propre mordant à partir de gomme de Dammar, térébenthine du Brésil et cire d'abeille. Nous avons utilisé principalement du crayon dur 4H...

-Au tirage, diffuser avec un tulle légèrement et partiellement à ce que j'en comprends. Nous avons imprimé les hautes lumières au contraste #00 et les ombres au contraste #5. Les hautes lumières ont été diffusées au filtre Nikon Soft no 1 à 50%.

-Imprimer sur papier fibre très glacé et dodger/bruler au besoin les zones pertinentes. Nous avons utilisé su Ilford Multigrade FB glacé séché à l'air, donc moins glacé.

En fait que feriez-vous si vous vouliez  mettre en évidence des pores de peau? Utiliser la caméra à la plus haute résolution, avec le meilleur objectif et utiliser un éclairage ponctuel rasant. Pas de surprise ici, mais pas une bonne idée pour un portrait de femme à moins que vous soyez prêt à passer des heures sur Photoshop à cloner les défauts de peau.

Je conclus 2 choses: Un, que les modèles avaient de superbes peaux et que celles ou ceux qui avaient des peaux "problématiques" n'étaient pas photographiés en très gros plan ou ils utilisaient des éclairages plus "flatteurs".
Deux, que les retoucheurs au crayon étaient très habiles, mais il semble que ce n'était pas quelque chose d'inatteignable.

Dans les prochains billets, je vous raconterai une technique de masquage que j'ai trouvée pour injecter une fausse texture de peau par-dessus la peau naturelle des modèles.

lundi 25 juin 2018

Comment raconter cette histoire; projet Hurrell partie 3

Comment raconter notre aventure, nos questions, nos recherches? Voici un montage, parmi d'autres que je vous présenterai, qui tente de résumer l'ensemble de la démarche.

lundi 18 juin 2018

Photographier au 5x7; Hurrell partie 2

Cambo 8x10 réduit 5x7. photo Yves Beaulieu
Une contrainte que je me suis imposée lors du projet Hurrell, est d'utiliser du film 5" x 7".
Un format qui a régné durant les années 30-50 pour le portrait.
Le 5x7 à l'avantage de coûter deux fois moins cher que le 8x10, il était disponible avec une surface retouchable au crayon et l'agrandir ne nécessitait pas un agrandisseur industriel.

Par contre, je n'ai touché qu'à un seul vrai 5x7 dans ma vie et c'était un vieux Cambo dans un labo où on l'utilisait pour faire de la repro avec un dos réducteur 4x5.

Nous avons au collège un 8x10 Cambo avec dos réducteur 5x7 que nous avons assemblé pour l'occasion.

Le format 5x7 a l'avantage que la taille du visage est encore assez grande pour que le retoucheur négatif puisse laisser des traits qui seront invisibles, s'il est assez talentueux.

Le poids d'un tel appareil, lorsqu'il est équipé d'un objectif à portrait (1,5x la focale normale, donc autour de 350 mm) et étiré de sorte à faire la mise au point à une échelle de portrait plan ceinture, impose un trépied et une tête de trépied très costaux. Nous avons utilisé une colonne Firenze et une tête Gitzo no 4 et c'était vraiment un minimum, car il fallait être très délicat et bien balancer le tout au-dessus de la tête afin d'éviter un accident.

J'aurais aimé idéalement un 5x7 à dos révolver ce qui aurait permis d'affiner les compositions et ainsi optimiser la surface de la pellicule. Un dos révolver impose un plus gros soufflet et permet de maintenir le corps de la caméra à la verticale même quand le négatif est incliné. Nous avons donc du faire preuve d'imagination et de contorsion pour faire croire à une posture inclinée tout en maintenant la chambre droite.

Prochain billet: Comment se procurer du film 5x7

lundi 11 juin 2018

Le projet Hurrell partie 1

Stazia teste différents mordants pour crayon sur une émulsion. photo Martin Benoit
À l'automne 2017, au dernier jour  du cours de photographie argentique, que j'enseignais aux finissants, j'ai présenté une Adams Retouching Machine, pour leur parler de la retouche avant Photoshop.

À ma grande surprise, ils ont été fascinés par la pièce d'équipement et de ce qu'elle permettait de réaliser.

À titre d'exemple, j'ai montré le travail de George Hurrell, qui était un cas typique de retouche négatif grand format.

À la fin du cours, ils m'ont demandé de lancer une session de portraits qui utiliserait cette technique.

Les voyants excités, j'ai accepté sans trop savoir exactement l'ampleur que le projet prendrait.

C'est ainsi qu'en mars dernier, 24 des 28 finissants se sont investis dans un projet, qui s'est avéré très complexe et qui n'est pas encore terminé. C'est pourquoi je n'ai pas publié de billets sur ce blogue étant occupé à gérer cette entreprise qui a sollicité tous mes neurones photographiques. Je me rattraperai en vous partageant cette aventure très éducative qui atteindra son aboutissement d'ici quelques mois, je l'espère.

Voici quelques problèmes que je devais résoudre:

-trouver une chambre grand format 5x7
-trouver un objectif d'époque fonctionnel pour le portrait d'environ 13 po de distance focale avec la possibilité de créer de la diffusion interne.
-trouver un remplacement au fameux Kodak Retouching Fluid
-trouver de la pellicule 5x7
-trouver des supports de développement 5x7 et des cuves.
-vraiment comprendre comment Hurrell travaillait
-trouver un agrandisseur 5x7 adéquat
-maîtriser l'utilisation de sources fresnel à fort contraste
-trouver une maquilleuse qui comprendrait le défit visuel considérant que l'éclairage serait impardonnable et qu'il n'y aurait pas de Photoshop.
-tester la nouvelle pellicule et trouver le temps de développement et le révélateur adéquat
-apprendre à retoucher au crayon des négatifs 5x7
-développer une stylistique d'impression sur papier fibre
-documenter l'aventure en photo et vidéo
-gérer tout ce monde et s'assurer que tout se fera dans le plaisir et la camaraderie
-créer des équipes de sous-gestions des différents aspects du défit

Nous avons presque traversé toutes les étapes.
Les photos ont été  prises, imprimées et plusieurs vidéos racontent cette histoire.
Il reste à peaufiner la retouche au crayon et réimprimer les négatifs qui méritent ce genre de traitement.

Je publierai régulièrement sur ce blogue l'arrière-scène de ce travail de recherche.


dimanche 25 février 2018

Le côté obscur de la force

J'hésitais à écrire sur ce sujet, mais je suis passé du côté Windows après avoir analysé les
photo Martin Benoit
performances et surtout les prix des nouveaux iMacPro.

Ces iMac sont le nec plus ultra sous la plateforme OsX. Par contre, ils ont un défaut que j'ai beaucoup de misère à pardonner, ils ne sont pas configurables par l'utilisateur après achat. Ça veux dire qu'au moment de l'achat, on doit savoir quelle carte vidéo (GPU) dont on a besoin, quel CPU, combien de RAM et quelle taille de SSD. Ce sont des gros choix quand on considère que le RAM est historiquement cher, que les SSD baissent constamment de prix et que les GPU sont très chers.

À 7250$ tx inc. pour la plus petite configuration et 18 559$ pour la plus grosse configuration, il ne faut pas se tromper. La façon dont ces Mac sont construits, tout est installé en usine et ce que l'on commande sera la configuration finale avec laquelle on devra vivre jusqu'à la mort de l'ordi.

Sans penser à un Hackintosh, j'ai étudié la plus petite configuration et essayé de construire un équivalent à configuration variable sous Windows.

J'ai trouvé une carte mère de type SLI qui peut accommoder 3 GPU à grande vitesse.
Cette carte mère peut recevoir jusqu'à 128 gigs de RAM.
On peut aussi interchanger le CPU en fonction de l'évolution de ces derniers.
Ensuite j'ai cherché un GPU (carte graphique) qui est équivalent ou supérieur au Radeon ProVega 56 des iMacPro de bases à 7250$. J'ai trouvé la carte graphique ASUS ROG Strix GTX 1080 Ti, qui sous tous les aspects est plus performante que la Radeon Pro Vega 56. Cette carte devait être compatible avec les produits Adobe et Autodesk de sorte à jouir de l'accélération GPU que ces logiciels peuvent utiliser.

En construisant une machine basée sur ce principe, je me suis ramassé avec une facture de 3700$ (tx inc) pour une machine à possibilité de 3 GPU en parallèle, 128 gigs de RAM, 8 baies pour disques durs ou SSD. J'ai commencé avec 1 GPU 1080 Ti à 11 gig de RAM, 32 gig de RAM, un SSD de 500 gig et un CPU i7-7800X à 3,5 GHz. Pour le plaisir, j'ai ajouté un lecteur DVD, ce qui est impossible  sur le iMac Pro. La carte mère possède une pléiade de ports USB, 2, 3 et type C. Théoriquement, je pourrais assembler une machine supérieure au iMac Pro si j'y installe 3 GPU de haut de gamme. L'espace est très serré, mais ça semble faisable. Je peux ajouter des ports Thunderbolt de dernières générations au besoin.

Ce que j'ai en moins, c'est un écran 5k et pas de Bluetooth. Pour 1300$ Apple vend un moniteur LG de 5K. Je n'ai pas besoin d'un écran 5K en ce moment et le prix des écrans est toujours à la baisse. J'ai donc une machine aussi performante (si on néglige le OS) qui me permettra de grandir à ma vitesse, selon mes besoins et selon mon portefeuille. Ce n'est pas aussi beau, c'est sous mon bureau dans une tour Fractal Design faite en Suède hyper silencieuse, mais finalement mon bureau est plus dégagé et il me reste des sous pour faire de la déco... Quand je trouverai cet ordi lent, je déciderai quel volet nécessite une accélération (CPU, GPU, SSD, RAM) et je sortirai mes sous pour le volet spécifique. Les prix des composantes aura probablement baissé.

Les premiers calculs que j'ai fait m'ont donné une accélération de 70x relativement à mon laptop MacBook Pro qui roule sous i7 quad core 2,8 ghz, 16 gigs de RAM et le OS et les applications sur SSD. Dans mon cas c'est une accélération de géant. On parle ici du temps pour des rendus 3D qui sont les opérations les plus lentes que je subisse ainsi que les exportations vidéo dans Premiere Pro.

Les comparaisons sont un peu boiteuses, j'en conviens, car on compare une solution clé en main dans un environnement UNIX versus une configuration modulaire sous Windows. Dans mon cas, j'ai tenté de projeter mes besoins dans les 5 prochaines années et quelle serait la solution la moins frustrante financièrement.

J'ai réussi à faire survivre mon dernier laptop de 2011 à aujourd'hui et je crois que je peux encore lui  extraire 2 années si je suis chanceux. C'est historique dans mon cas, moi qui remplaçait mes ordis aux 3 ans. J'ai pu le faire perdurer, car j'avais un laptop de la dernière génération où Apple permettait à l'usager de modifier le disque dur, le DVD, le RAM. J'avais acheté à l'origine un "gros" laptop et je n'ai eu qu'à le "booster" avec un SSD, un "clean install" de Os et plus de RAM. Par contre, pour le 3D et la vidéo, ce n'est pas suffisant étant limité par le GPU.

La nouvelle machine me fait faire un grand pas en avant, en particulier en 3D et en vidéo. C'est peut-être une erreur quant à l'environnement. Je gère des ordis sous Windows depuis 1987 et je survis. C'est une autre discipline qui a ses avantages et désavantages. C'est un peu plus de bricolage, mais plus de sous dans mes poches.

Apple n'a pas laissé le choix aux utilisateurs de haut niveau. Ceux qui ont trouvé le MacPro (la poubelle) dispendieuse n'avaient encore rien vu en comparaison avec les iMac Pro. Il fut un temps des belles tours en aluminium d'Apple avec plusieurs baies pour disques durs, des connecteurs PCI et tout le tralala professionnel. Pourquoi avoir fait disparaître ces ordis à géométrie variable qui s'adaptèrent aux besoins?

Le temps me dira si j'ai fait un bon choix. Depuis quelques mois, je suis satisfait. Peut-être qu'une autre configuration aurait été plus optimale. Chose certaine, c'était moins épeurant que d'acheter un iMac Pro. D’ailleurs, je n'ai pas encore rencontré quelqu'un qui en a acheté un.