samedi 28 mai 2016

McCurry, la confusion des genres et la c.t.v.

poster de l'expo McCurry sur la rue St-Laurent, photo Martin Benoit
Encore une fois, une polémique autour d'altérations de photos prises par Steve McCurry.

Il était à Montréal, la semaine dernière, pour l'ouverture de son exposition solo.

On ne parle que des altérations qui ont été découvertes sur des photos récentes. Un petit garçon a été retiré d'une de ses photos. Pour une raison esthétique?

Quoi qu'il en soit, McCurry est une icône du photoreportage avec, entre autres, le succès de la page couverture du National Geographic de 1985 illustrant une jeune fille afghane qui est utilisée pour le poster de l'exposition.

Est-ce qu'un photographe peut changer de chapeau? Est ce qu'un photoreporter peut devenir un photographe artistique, qui est "autorisé" à altérer ses photos une semaine et un photojournaliste la semaine suivante? Est-ce qu'un photographe est cloisonné par le succès d'une de ses photos, qui elle appartient à un genre spécifique?

Le problème est la confusion des genres. Si McCurry exposait que des photomontages d'apparitions de vaisseaux Star Wars dans des grandes villes européennes, sa position serait claire et il n'y aurait pas de confusion. C'est la notion de c.t.v. (convention tacite de vérité) qui pose problème. Quand on va voir une exposition de McCurry, on s'attend à voir du reportage vrai fait selon l'éthique de la profession. Dans le cas d'une telle expectative, il faut être clair et non ambigüe si on veut sortir de ce sentier.

La frontière des genres a toujours été un terrain dangereux. Pour certains, le plus intéressant, car il suscite l'interrogation chez le lecteur.

Il semble que McCurry soit confiné au statut de photojournaliste, qu'il le veuille ou pas. Qu'il se décrive comme un "story teller" ou non.

Un fait à remarquer est l'utilisation de la photo de la jeune fille afghane comme poster de l'exposition. Oui, c'est sa photo la plus connue qui attirera peut-être des acheteurs éventuels, mais c'est une page couverture du National Geographic que l'on a tendance à considérer comme un magazine qui rapporte la vérité. J'ai photographié les yeux sur le poster ce matin et si on compare cette "interprétation" des yeux de la jeune fille avec la page couverture de 1985, on peut encore constater des disparités importantes.

Pour avoir connu l'époque de l'édition et de la préimpression des années 85, je souligne que les photographes étaient très rarement impliqués dans les processus d'altérations d'images pour l'impression. C'était plutôt du recours des directeurs artistiques de la publication ou encore à la discrétion de l'opérateur de la station de séparation de couleurs. Nous sommes 6 ans avant l'introduction de Photoshop et ses équivalents domestiques.
comparatif entre le poster de mai 2016 et le cover de 1985

Il ne faut pas grande expertise en retouche électronique pour constater que les deux images sont différentes et je ne parle pas ici du contraste. La section inférieure est un détail du poster photographié ce matin à l'aide de mon téléphone et la section d'en haut est une photo du cover tel qu'imprimé sur ma copie du National Geographic de 1985. Un jour, il faudra voir le Kodachrome original.

mardi 17 mai 2016

mardi 10 mai 2016

La notion de plagiat en photographie et vidéo

Normand Grégoire photographié à la Curtis par Martin Benoit
Un récent article du Journal de Montréal démarre une réflexion à savoir si la superbe publicité de Lg2 pour Tourisme Québec est un plagiat considérant la similitude avec une autre publicité faisant la promotion de l’Afrique du Sud.

Quand est-ce que l'on emprunte trop d'une autre source ou quand est-ce qu'un style fait partie de l'ère du temps et que ce genre d'imagerie est sujette à faire surface de toute façon?

J'ai tendance à dire que l'on n'invente pas la roue très souvent et ce que l'on « cré » est le résultat d'influences externes. Le grand neurobiologiste français, Henri Laborit, disait : " Nous sommes les autres ».

Nous ne sommes que la sommation des influences externes qui nous entourent. Que créerions-nous si nous avions grandi seuls sur une île déserte?

On a accusé des pubs de Calvin Klein d'avoir copié Avedon, qui lui aurait copié August Sander, qui lui aurait copié Nadar. Dans quelle mesure ne devrions-nous pas nous enrichir du succès des autres et nous en servir afin de faire une variation sur un thème ou encore de pousser l'idée plus loin?

Est-ce que Lg2 est moins génial d'avoir peut-être été influencée par cette pub, s’ils ont vu cette pub avant de concevoir la leur? Steve Jobs prônait le vol d'une idée quand quelqu'un n'exploite pas bien une idée qui est leur. Jobs faisait référence à l'interface graphique que Xerox avait créé pour leurs machines LISP utilisant souris, menu déroulant, etc. Jobs connaissait cette interface et l'avait déployé dans ses premiers systèmes d'exploitation. Jobs n'a jamais nié l'influence de Xerox, mais leur a reproché de ne rien faire d'« utile » pour la société avec. Il a par contre poursuivi Microsoft d'avoir fait la même chose relativement à son interface Windows...

Je crois que nous devrions tout simplement être contents de la qualité du produit généré et de son efficacité. À l'ère d'Internet, la notion de propriété intellectuelle relève plutôt d'en effet de toge d'un avocat plus habile qu'un autre à démontrer la nature originale d'une idée. Si nous prétendons à l'originalité, déconnectons-nous d'Internet et allons créer sur une île déserte pour un moment et soyons honnêtes envers nous-mêmes.

vendredi 6 mai 2016

Expositions d'étudiants en photographie à mettre à votre agenda

C'est la fin de session et 4 écoles de photos exposent.

Le programme de photographie et design graphique du cégep André Laurendeau (6 mai ce soir)

L'école de photographie Marsan le 13 mai.

Le centre de formation professionnelle de Lachine, le 13 mai aussi.

Le cégep du Vieux Montréal, le 3 juin.