jeudi 10 avril 2014

Ursa la modulaire. Enfin un concept qui fait réfléchir

Pendant que l'on s'élisait un nouveau gouvernement, Blackmagic annonçait le nouveau concept de caméra modulaire de la Ursa, qui permet de changer de capteur quand il n'est plus à la mode ou ne répond plus à nos besoins.
interchangeabilité de la monture et du capteur, image tirée du site de Blackmagic

Un peu comme à l'époque du film où l’on changeait de pellicule au lieu de caméra.
Il faut lire la page de description de ce nouveau concept et comprendre les impacts.
Le prix est hyper compétitif pour ne pas dire vraiment bas pour les spécifications annoncées.

Reste à voir si les fichiers livreront la qualité promise et que l'appareil aura la durabilité et fiabilité requise dans ce segment du marché.

Le besoin crée l'organe, disait un certain biologiste.  Le besoin de ce genre de configuration modulaire et ce genre de prix se fait sentir et l'électronique permet ce genre de prix.
On en est à se demander pourquoi les RED et Alexa de ce monde sont si chers, si Blackmagic peut produire une caméra à ce prix.

Mon seul reproche est le fait que la caméra est encore conçue pour des droitiers que je ne suis pas. Le moniteur/viseur principal sous-entend que la caméra est opérée sur l'épaule droite dans un contexte ENG (Electronic News Gathering). Petit problème pour certain, plus gros pour d'autres.

Merci Ognian pour l'info. C'est une histoire à suivre de près, qui peut permettre à certains joueurs d'entrer dans des marchés jusqu'à présent fermés.

dimanche 6 avril 2014

La Presse nous parlera de photojournalisme

Vendredi soir prochain le 11 avril, quatre photojournalistes de La Presse vont raconter leurs stratégies photojournalistiques lors d'une soirée Rencontres à l'Astral.

Probablement une soirée très intéressante pour les fervents du photojournalisme.

Martin Tremblay, ex-photojournaliste et présentement directeur photo et vidéo.

Bernard Brault, photojournaliste, particulièrement dans le domaine de la photo sportive.

Édouard Plante-Fréchette, photojournaliste multi disciplinaire.

Patrick Sanfaçon, photojournaliste patrouilleur

Une belle palette de préoccupations différentes dans un métier en transformation.


jeudi 3 avril 2014

Comment parler de la Panasonic GH4

Une nouvelle caméra fait beaucoup parler d'elle sur la Toile. La Panasonic GH4 qui offre des
images en provenance du site de Panasonic
caractéristiques assez uniques, dont le fait de pouvoir filmer en 4k sur des cartes domestiques SD. Cet appareil vaudra environ 1800 $ boîtier uniquement.

De plus la caméra peut être équipée d'une interface vidéo DMW-YAGH à 2000 $ qui lui ajoutera la possibilité d'avoir 2 entrées audio XLR, des indicateurs de volume, une entrée pour le TimeCode ainsi que 4 ports SDI afin de relier l'appareil à un enregistreur externe.

L'idée est de produire des fichiers vidéos de grande qualité à faible prix. Plusieurs diront qu'une fois habiller pour faire de la « vraie » vidéo, l'utilisateur aura déboursé le prix d'une caméra de plus haut niveau.

À qui s'attaque cet appareil? La Canon C500 qui vaut autour du 20 000 $ sans enregistreur externe. Oui, le capteur est plus gros (Super 35 versus 4/3) mais la différence de prix est énorme.

La grosse question est plus du côté du fait que cette caméra vidéo fait du Full HD non compressé et peut faire du 4k non compressé avec des possibilités d'y fixer de bonnes optiques. La faible épaisseur des boîtiers Micro 4/3 permet l'ajout de presque toutes les optiques imaginables par l'intermédiaire de bagues de conversion qui ne contiennent aucune lentille, n'affectant pas par le fait même les performances optiques des objectifs originaux.

Quelle est la pertinence du 4k de nos jours? Qui a des téléviseurs 4k et quand la population générale en aura? On pourrait poser la même question à l'industrie du cinéma qui tourne en 4k depuis un moment afin de se donner une marge de manoeuvre. Un peu comme un photographe photographie à une résolution supérieure à celle requise par le client.

Une des caméras les plus populaires dans le monde du cinéma est la Arri Alexa qui filme en 3k sur un capteur de 24 mm x 13 mm environ, par opposition au capteur de la GH4 de 17 mm x 13mm. 4096px X 2160px pour la GH4 et 2880px X 1620px pour la Arri. La Alexa débute à 80 000 $. On compare ici des oranges avec des pommes. Les principes de l'Alexa sont super professionnels, climatisation du capteur, structure mécanique du lien objectif capteurs inébranlable, méthodes d'encodage. Une caméra professionnelle capable de subir tous les mauvais traitements de grands tournages et produire des fichiers robustes très exploitables de 14 crans de latitude. Mon but ici est de décrire le faible écart apparent que Panasonic propose avec la GH4. Des caractéristiques de création de fichiers vidéos qui ne sont pas à des lieux de la plus haute référence, mais à une fraction infime du prix. RED a fait son succès en baissant le prix des appareils et en conservant une grande partie des performances. Un nouveau cinéma indie en est découlé et plusieurs productions télé l'utilisent. Avec la GH4 et ses successeurs, on peut imaginer que d'ici peu la production de fichiers réservés aux très gros budgets sera accessible aux mini budgets.

Une production cinématographique n'est pas uniquement un prix de caméra. C'est une grande équipe d'humains. Le budget caméra n'est qu'une portion d'une production. Reste qu’il est réaliste de croire que de plus en plus il sera difficile d'étiqueter le professionnalisme d'une production à la qualité du fichier numérique vidéo. Un autre indicateur de démocratisation d'un média en vue. C'est un peu comme si les dos Phase One devenaient soudainement très abordables, disons 1500 $ au lieu de 45 000 $. Est-ce que soudainement les grandes agences donneraient leurs contrats au premier venu avec un dos Phase One?

En tout cas, la question de l'équipement en serait moins une. Un peu comme à l'époque du 4x5 où avoir un Sinar P2 à 10 k$ faisait peu de différences versus un Linhof Kardan de 3000 $. Il fallait avoir de bonnes optiques, savoir contrôler la lumière et faire de la magie avec tout ça.

Il reste une intention quand même intéressante qui ressemble un peu à la venue des caméras Blackmagic qui ont été les premières à offrir du RAW en format vidéo à un prix accessible. Les capteurs sont très petits, mais un engouement pour le vidéo en RAW reste et la popularité de l'appareil est en hausse. Dans le cas de la GH4, on ajoute le Time Code et les ports multiples SDI. On pourra donc synchroniser grâce au Time Code plusieurs caméras et ainsi en faciliter l'assemblage au montage surtout quand il n'y a pas de pistes audio pour nous aider. Ceux qui aiment faire du fond vert pourront faire de meilleures insertions grâce au signal non compressé qui ne créera pas d'artéfact lors de la transition vers le vert. Ce que l'on reproche aux signaux compressés, c'est la difficulté de faire un bel étalonnage et la qualité des pourtours lors des insertions sur fond vert principalement.

La GH4 aborde ces problèmes à faibles coûts. Panasonic avec sa sériel GH on fait beaucoup parler d'eux ces dernières années. Des micrologiciels alternatifs permettaient d'améliorer les performances de l'appareil de façons surprenantes. Maintenant avec la GH4, ces options font désormais partie intégrante de la caméra et il ne restera pas beaucoup à « hacker ». Des fois ce sont les hackers qui font la recherche et développement sur certains produits et anticipent les besoins futurs.

dimanche 23 mars 2014

Santé mentale 101 et travail coopératif

Prendre soin de sa santé mentale n'est pas une compétence pour être photographe selon le Ministère de l'Éducation. Peut-être devrait-elle l'être.

Selon un billet de la CAPIC, les questions de santé mentale sont fréquentes dans ce métier. On accuse principalement la nouvelle rythmique de production depuis les années 2000.

Il n'y a plus les pauses nécessaires pour permettre aux valves de sécurités d'évacuer le stress. Les nouveaux échéanciers et les attentes des clients sont tels que le danger de se ramasser dans un cul-de-sac de détresse est plus élevé.

Les exigences de ce genre d'entreprise, en particulier quand le photographe est seul et entrepreneur, ont menés plusieurs à se regrouper afin d'alléger ces tensions. À Montréal, les frais de studios ont souvent été à la base de regroupements et ont pour effets secondaires de « calmer » le milieu de travail. Tous les conférenciers que l'on invite et qui font partie de collectifs confirment cette approche. Les raisons économiques sont importantes, mais les raisons psychiques aussi.

Est-ce une phase temporaire de l'histoire de l'industrie photographique, ou est-ce une tendance lourde qui est là pour rester? J'opterais pour la seconde, ayant peu d'espoir d'aller vers un ralentissement. Le Slow Photo, c'est bon pour l'amateur, mais pas pour le professionnel, certaines agences diront. On dit souvent que les photographes sont des loups solitaires et qu'ils ne travaillent pas particulièrement bien en équipe. Quelle est la validité de cette assertion?

mercredi 19 mars 2014

Caroline et Jean-François de Stock s'exposent

Deux photographes de l'agence montréalaise Stock s'exposent.

Ce soir mercredi le 19 mars, vernissage à la Tohu des photos de Jean-François Leblanc sur la grande fête de l'eau en Birmanie.

Les fusils à eau sont autorisés, mentionne l'invitation.


Le 26 mars, à la Maison de la culture de Côte-des-Neiges, vernissage de Caroline Hayeur de Adoland, un travail portant sur des chambres d'adolescents.

Réalisée entre 2011 et 2014, la série ADOLAND prend pour théâtre d’opérations la chambre d’adolescent. Caroline Hayeur a activé un va-et-vient dans le temps au travers de l’adolescence actuelle ou passée vécue par ses trente « modèles ».

Suite à une recherche de terrain à laquelle elle nous a habitués dans ses projets antérieurs, d’un côté, elle fait la rencontre de plusieurs adolescents d’aujourd’hui qui lui ouvrent la porte de leur antre. Lieu de projection de soi, de construction et finalement d’affirmation et d’émancipation, cette pièce est une réserve intarissable de récits que les complices de l’artiste acceptent de dévoiler. (source Art-CarolineHayeur)

lundi 10 mars 2014

If you can't beat them, join them

C'est en gros le message qu'envoie Getty Image en autorisant l'intégration de leurs images à des fins non commerciales.

Getty Image, la plus grosse banque d'images au monde, a annoncé, la semaine dernière, que dorénavant, un nouvel outil d'intégration sera disponible afin que ceux qui font des usages non commerciaux de leurs images puissent les utiliser gratuitement. Ce modèle va à l'encontre du but de l'entreprise qui se spécialise dans la vente d'images. Getty explique que l'intégration (embed), plutôt que la sauvegarde de l'image et le déplacement vers un autre serveur, leur permettra de suivre l'usage de leurs images et de faire prendre conscience aux utilisateurs et lecteurs que l'image qu'ils voient appartient à quelqu'un d'autre.

 
Un peu de pédagogie et surtout l'espoir de voir des éventuels acheteurs retourner vers le site parent.
Cette stratégie se rapproche de celle de YouTube qui ajoutait un bandeau interactif, sur les vidéos utilisant une bande audio dont les droits n'avaient pas été libérés. Ce bandeau menait vers un site commercial pour acheter la pièce de musique en question. Il est difficile de connaître les fruits de ces stratégies, les chiffres n'étant pas facilement accessible, mais il semble certain que, soit tu interdis la diffusion et tu perds la possibilité d'une vente, soit tu autorises la diffusion illégale et tu risques une vente. Tu fais parler de toi ou tu vends à l'occasion en faisant moins parler de toi.

Rien n'est évident ici. Un musicien qui commence est prêt à payer pour jouer à la radio et se faire connaître. Il expédie ses disques gratuitement aux stations en espérant un peu de visibilité. Un jour, il sera connu et récoltera des "royautés". Gratuit quand ça me sert, payant quand ça me sert. Un peu comme le modèle de grands hebdomadaires montréalais qui paient très, très peu pour la photo de couverture, car ils savent que c'est une bonne visibilité pour le photographe. Ou comme un grand photographe qui ne paie pas ses assistants, car il considère que c'est une précieuse école pour l'assistant.

Dans ce même esprit, je fais la blague, à l'occasion en classe : « Combien sera mon pourcentage sur tes futurs revenus en tant que professionnel? Si tu as du succès financier, c'est peut-être à cause des trucs inédits que je t'enseigne? Les étudiants n'aiment pas ce genre d'humour que je n'ai pas inventé, mais “emprunté” à un prof du HEC (Hautes études commerciales) qui posait cette réflexion à ses étudiants. Oui, je suis payé par l'État pour faire ce boulot, mais jusqu'à quel point?

La question reste toujours la même. Quelle est la stratégie de rémunération juste pour un travail à caractère créatif?

samedi 1 mars 2014

To drone, or not to drone, that is the question.

L'usage de drones équipés de caméras afin de réaliser des reportages est de plus en plus répandu et de plus en plus interdit. Certains invoquent la notion de sécurité des gens sous les drones, d'autres invoquent le droit à l'information.

Afin de pallier à la question de sécurité associée au risque qu'un drone tombe et blesse quelqu'un, on peut imaginer que les derniers drones créer par DelFly, une compagnie qui met à point des drones vraiment miniatures qui ressemblent plus à un gros insecte qu'à un mini hélicoptère, pourraient être une solution.


Plus jeune, j'ai travaillé à réaliser un ballon dirigeable rigide de type Zepplin afin d'y ajouter un appareil photo pour prendre de simples clichés. Le poids des appareils photo impliquait des tailles de dirigeables imposantes et des problèmes de navigation importants, pour ne pas parler du transport de l'hélium.

Si l'usage des drones photovidéos se répand, il m'est difficile d'imaginer à quoi ressemblerait le ciel au-dessus des manifestants lors d'une manifestation ou d'un défilé afin que tous les médias puissent aller chercher leur point de vue unique. L'idée du drone est fascinante lorsque l'on est seul à en utiliser un, mais à plusieurs, surtout dans l'éventualité où quelque chose d'important se déroule à un endroit spécifique, il est quasi inimaginable de penser comment gérer ce trafic d'insectes-robots au-dessus d'une altercation ou de la duchesse du carnaval.

Le port d'un casque de sécurité pourrait devenir obligatoire dans les grands événements publics ou les concerts afin de permettre aux médias de faire leur travail...

J'ai bien l'impression que ce sera une aventure manquée.