dimanche 19 mars 2017

Platon sur Netflix


Pour ceux qui n'ont pas encore visionné l'épisode portant sur Platon, voici la bande-annonce.

Ce que j'ai retenu de cet épisode, c'est la recherche en préproduction sur le sujet à photographier.

Ne pas regarder les photos qu'on réalise durant le shoot. C'est beaucoup plus facile en argentique qui nous l'impose.

Travailler la géométrie des images.

Au niveau du contrôle microprécis du sujet, c'est un style et ce n'est pas mon style, même si je m'y prête à l'occasion.

Étrangement, j'ai toujours eu de la misère avec la posture tête baissée qu'un viseur poitrine impose. J'ai l'impression de ne pas m'intéresser au sujet en ne le regardant pas vraiment. Peut-être que ça lui impose de regarder dans l'objectif et que ça le détend un peu.



À voir.

samedi 11 mars 2017

Les Chinois achètent Hasselblad

photo Martin Benoit
Il semblerait que le manufacturier de drones chinois DJI posséderait une quantité majoritaire des parts de la Suédoise Hasselblad.

Ce ne sera pas la première fois qu'un fleuron suédois sera acquis par les Chinois. Volvo, le fabricant de voitures est déjà aux mains des Chinois depuis une dizaine d'années.

Pas de problème avec les Chinois. Ils fabriquent les iPhone et les MacBook Pro que plusieurs d'entre nous apprécient depuis des années. Je ne parle pas ici d'une multitude d'excellents produits encore méconnus ici et qui deviendront des produits phares bientôt pour ne citer ici que l'excellent manufacturier de microphones SE Electronics.

Hasselblad a flirté avec les Asiatiques depuis belle lurette. Leur appareil panoramique X-Pan était un appareil Fuji étiquetté Hasselblad. Leurs fameux objectifs Carl Zeiss, qui ont fait leur renommée, sont maintenant étiquetés "Hasselblad", qui sont, semble-t-il des objectifs produits par Fuji Japon depuis plusieurs années. Personne ne s'est plaint de la qualité des objectifs.

Oui, Zeiss est responsable d'importants progrès dans l'avancement de l'optique, mais ils ne sont pas les seuls à bien travailler et faire du bon travail. 

Quelles seront les conséquences de cette influence chinoise? Peut-être que cette acquisition permettra tout simplement à la compagnie, qui fabriqua l'appareil photo qui alla sur la Lune, de survivre. Certains disent que DJI et Hasselblad vont bien ensemble, car ils sont à la recherche de solutions en photographie aérienne. C'est un peu simplifier l'histoire de Hasselblad. Victor Hasselblad, qui était un passionné d'ornithologie (étude des oiseaux), a cherché des solutions moyen format à ce genre de "sport", quand les autres fabricants négligeaient cet aspect.

Personnellement, je n'ai jamais été très impressionné par les résultats de ces caméras même si j'ai souvent rêvé d'en posséder. Les performances optiques étaient en général au rendez-vous, mais la surface film était insuffisante, considérant que le format carré 6x6 était peu en demande, à l'exception du secteur de la musique, qui en avait besoin pour ses pochettes de disques 12pox12po. Dans les faits il fallait "cropper" les formats 6x6 pour la majorité des projets. Ça explique un peu le succès des Pentax 6x7, Mamiya 67 et ses confrères. Le format 6x7 et plus grand, exploitaient mieux la surface du "capteur" que le 6x6, même si les optiques n'étaient pas parfaites. La surface film compensait.

L'important, c'est que la recherche continue et que les produits s'améliorent pour notre bénéfice à nous les photographes. Qu'il coule du sang bleu et jaune dans les veines des actionnaires m'importe peu dans la mesure où on est toujours à la recherche de solutions pertinentes pour les photographes, qui ultimement, décideront de la survie de ce produit.

jeudi 23 février 2017

Vendre ou ne pas vendre de licences d'utilisation

Hier soir avait lieu un débat d'idées sur: doit-on, oui ou non, vendre des licences d'utilisation de nos photos?

À cette fin, deux invités aux points de vue divergents avaient été invités. Pierre Manning du côté du oui et Gabriel Rancourt du côté du non.

La grande salle était bondée. Bondée de partisans du oui ou du non?  Je ne saurais dire, car, si je me fie aux intervenants qui sont venus s'exprimer au microphone, j'opterais pour une grande majorité en faveur du oui, mais quand j'écoute les discussions des silencieux, je n'en suis pas si certain.

La question est complexe et historique. Plusieurs se sont battus des années durant pour changer les moeurs chez les acheteurs de photo de sorte à reconnaitre les licences d'utilisation. Simultanément, le marché de la photographie a été inondé de "néo-photographes improvisés" non éduqués en matière de licences. Ce nouvel équilibre entre l'offre et la demande et, la perception, de la part des acheteurs, que la photographie est dorénavant (à cause du numérique) une opération simple et ayant peu de valeur cré une grande pression financière sur une majorité des membres de la profession.

Les diverses stratégies de marketing pour survivre dans le milieu sont très variées. Comment contrer cette dévaluation du marché et cette sur enchère de photographes? La grosse question est vraiment celle-là selon moi. C'est l'éléphant blanc dans la pièce qui a hanté les discussions hier soir.

Le paradoxe angoissant pour un photographe est: dans quelle mesure dois-je éduquer mon client a accepter une licence et prendre le risque de l'"aliéner" de ses images et lui donner l'impression que je lui mets une corde au pied versus ne pas vendre de licence et maintenir une relation "paisible" avec le client au risque de perdre de l'argent dans le futur et contribuer à semer dans la tête du client que les licences c'est le "caprice" de certains photographes. Ce paradoxe mérite discussions et hier soir était une de ces rares occasions où les points de vue ont tenté de se confronter.

Merci aux organisateurs de cette rencontre sur un sujet si sensible au sein de la communauté. Merci à Gabriel d'avoir eu le grand courage de se présenter en défenseur du non et merci à Pierre pour sa courtoisie et son respect dans un contexte où le dérapage est facile. Les non adhérents à la licence peuvent être considérés comme des parias par les adhérents c'est pour ça que la situation était délicate. Je n'ai qu'un bémol envers le déroulement de cette soirée historique, j'aurais aimé que l'animateur de la discussion interdise aux participants d'applaudir afin de maintenir le décorum, de sorte à rester accueillants envers les points de vue divergents. Je ne suis pas certain qu'un partisan du non sentait qu'il pouvait présenter son point de vue ou ses interrogations sans se sentir très jugé. Une vraie discussion nécessite une plateforme où tous les points de vue sont accueillis avec respect.

Ce débat fait partie d'une plus grande problématique qui est celle de la grande mutation du marché de la photographie professionnelle depuis la démocratisation que le numérique a créé. Oui, la CAPIC avait amorcé sa démarche à faire respecter les droits d'auteur des photographes avant la venue du numérique, mais la situation s'est aggravée en 2000 lors de l'explosion du numérique. Nous ne sommes pas les seuls à vivre cette révolution. Le marché mondial de la photographie commerciale le subit. Il y a des gagnants et il y a des perdants. Pour les bonnes et pour de mauvaises raisons à l'occasion. Ne voulant pas faire de l'aplaventrisme devant les changements sociaux, il reste qu'il faut reconnaitre que ce n'est pas toujours le talent qui gagne et que dans une société de marché, c'est souvent la règle de l'économie qui mène plutôt que le respect et la logique financière à long terme.

dimanche 12 février 2017

Capsule vintage sur les chambres noires #2. Le transfert Polaroid


Les transferts Polaroid furent très populaires durant les années 90.
Ils furent utilisés à toutes les sauces, de l'expression artistique aux publicités.
Au Vieux on en avait tellement vu que nous avions fini par référer à cette technique comme étant des "chiures Polaroid". Pour vous dire que la modération a bien meilleur goût...

C'était une forme d'Instagram de l'époque qui permettait à une photo d'exciter l'imaginaire par ses textures uniques.

Cette captation, que j'ai retrouvée dans mes archives vidéos, a été filmée en format Beta1, transférée en VHS plus tard avec une nouvelle piste audio pour des raisons dont je n'ai plus l'explication et ensuite encodée en miniDV...

C'est compliqué préserver ses divers médias.


samedi 4 février 2017

Capsule vintage sur les chambres noires, numéro 1

Voici une captation réalisée en 1998 afin de présenter aux étudiants diverses configurations de chambres noires domestiques.

C'est la version 1998 de ma propre chambre noire. Nous avions documenté trois types de chambres noires avec divers niveaux de sophistications. Ma chambre noire correspond au niveau intermédiaire.

Quand j'obtiendrai l'autorisation de diffuser les deux autres chambres noires, je les mettrai en ligne.

À l'époque, nous essayons de convaincre les étudiants que l'on peut faire beaucoup avec peu et que ce n'est pas toujours très compliqué de se faire un petit coin agréable. Nous avions documenté une chambre noire de base réalisée par des étudiants, la mienne et celle d'un de mes collègues, qui lui, à construit une chambre noire à grand déploiement qui peut agrandir du 8x10 et imprimer de la couleur.

En cette ère de vidéos DIY (Do It Yourself) sur YouTube et de solutions bon marché, il me semble pertinent de raviver cette flamme que l'important c'est de faire des images et d'expérimenter même si l'environnement de travail ne correspond pas toujours aux belles images des beaux bouquins (sites web) de photo.

Mon défunt papa avait grandi dans l'entre guerres où les solutions de bricolages étaient mises de l'avant et faisaient partie du quotidien. Ceux qui se souviennent des magazines américains Popular Science, Popular Science et français Systeme D, se remémoreront toutes les astuces qui permettaient de se fabriquer simplement les appareils qui auraient pu sembler inabordables autrement.

Curieusement, ma plus grande difficulté a été de retrouver un bon lecteur SVHS qui fonctionnait bien... Que l'on soit en numérique ou en analogique la question de la pérennité des médias reste toujours.

jeudi 12 janvier 2017

Ce soir, lancement du bouquin d'Yan Giguère au Centre Clark

source Emmanuel Galland

Lancement montréalais de la publication de Yan Giguère
Jeudi le 12 janvier 2017 à partir de 19 h au Centre CLARK
5455, avenue de Gaspé - Suite 114 [www.centreclark.com]

Publication monographique produite dans le cadre de l’exposition Yan Giguère, Croisements présentée en 2016-2017 au Musée d’art de Joliette (commissaire et conservatrice : Marie-Claude Landry).
Direction de la publication : Yan Giguère
Auteurs : Sylvain Campeau, Marie-Claude Landry, Valérie Litalien.
Textes en français et en anglais.
Photographies couleur et noir & blanc
Conception graphique : Jean-François Proulx – Balistique
260 pages.
Tiré à 500 exemplaires
Éditeur : Musée d’art de Joliette
www.yangiguere.comwww.yangiguere.com
www.museejoliette.org/fr/expositions/yan-giguerewww.museejoliette.org/fr/expositions/yan-giguere

dimanche 8 janvier 2017

Whiskey, Tango, Foxtrot

Whiskey Tango Foxtrot, ce film sur la photographie en zone de combat disponible sur Netflix a été produit en 2015.

Une vision qui me semble un peu romantique des problématiques de terrain. Le film est classé comédie et il faut le voir comme ça.
photo fournie par Paramount Pictures

Quelle est la conclusion de ce film? Une reporter a une attitude téméraire ou naïve du terrain et devient cynique?

En attendant le fameux film de Spielberg, It's What I Do,  sur Linsey Addario, qui devrait sortir bientôt, on devra se rabattre sur d'autres héros photographes.

À mon avis, dans le domaine de la fiction, la meilleure réflexion sur le sujet a été faite par Erik Poppe avec le film 1000 Times Good Night, mettant en vedette l'excellente actrice Juliette Binoche. Ce film qui a été lancé, entre autres au festival du film de Montréal, et ne semble jamais avoir été distribué ici. Il a par contre remporté le prix spécial du jury en 2103.

Le réalisateur, lui-même photographe de guerre, a décidé de raconter son histoire en inversant les sexes des protagonistes.

Une réflexion complexe avec une conclusion troublante.