lundi 19 décembre 2016

Le paradoxe du cryptage en photographie

Un regroupement de photographes demandent aux grands fabricants de caméra d'inclure un protocole
Qui veut quoi?. photo Martin Benoit
de cryptage à même leurs appareils afin de les protéger contre des abus de diverses forces.

La problématique de cette demande, en plus d'être un problème technologique, tient au fait que si vous avez des fichiers encroûtés, qu'avez-vous à cacher?

On peut philosopher longtemps sur le droit à la vie privée et la protection des sources, mais reste que pour un "abuseur" de cesdits droits, le simple fait d'avoir de tels fichiers sur son appareil peut sembler suspect au point de vous faire "cracher" la clé de ce cryptage. Qui peut résister à une telle procédure et qui veut faire face à de telles procédures?

Oui, dans certains cas "démocratiques" les protagonistes auront à fournir un mandat valable d'investigation et ce cryptage pourra être suffisant afin de se protéger et de protéger ses sources, mais il ne faut pas aller très loin pour constater que même dans notre belle et grande ville moderne et démocratique, l’obtention de mandats afin de "fouiller" dans la vie de journalistes ne semble pas si difficile à obtenir...

Sans aller trop loin, que peut-on faire actuellement afin de se protéger? Une vieille méthode consiste à effacer la ou les photos problématiques à l'aide de la commande "effacer" de l'appareil et d'arrêter de faire de la prise de vue avec cette carte. Insérer une nouvelle carte et poursuivre son travail. Une fois dans un environnement plus "sécure" on utilise un logiciel de récupération de photos effacées et l’on retrouve nos images. Ça présente ses difficultés, mais c'est moins suspect que du cryptage. C'est une routine qu'il faut pratiquer. Une fois les fichiers sensibles sur son ordi, un logiciel comme Truecrypt peut crypter de façon inoffensive nos fichiers. De plus, Truecrypt n'a pas a résider sur notre ordi comme tel, mais peut résider sur un média externe ou en ligne. Oui, ces logiciels de récupérations peuvent être utilisés par n'importe qui et oui, il existe des solutions informatiques pour pénétrer n'importe quel téléphone cellulaire sécurisé. On n'a qu'à voir la solution israélienne que le FBI aurait utilisée pour ouvrir le iPhone d'un terroriste.

Les bons logiciels de cryptage peuvent utiliser la stratégie du "déni plausible" qui induira en erreur la personne qui vous forcera à livrer la clé d'un fichier crypté, protégeant ainsi le vrai contenu.

Le Devoir publiait un article sur le fait que la génération montante ne se soucie pas de l'invasion du Big Brother dans leur quotidien et qu'ils acceptent bien le fait d'être constamment surveillés. De plus en plus, le fragile équilibre entre la sécurité de la nation versus le respect de la vie privée se verront en conflit. On n'a qu'à penser à la nouvelle loi que le Royaume-Uni vient de se voter afin de se donner presque tous les pouvoirs d'enquête. Nous ne sommes pas dans un régime totalitaire, c'est le Royaume-Uni, notre "mère patrie".

Le 11 septembre ainsi que la progression de la technologie permettent une capacité d'investigation jamais vue auparavant. C'est un gain pour l'investigateur qui le fait pour débusquer les abus du système, c'est un gain pour l'investigateur qui veut débusquer les investigateurs qui surveillent le système...

La vie privée existera quand tous les systèmes seront cryptés de façon inviolable et que ce sera devenu la norme, que vous manipuliez du matériel sensible ou non.

dimanche 4 décembre 2016

Brooks Institute ferme ses portes

prise de notes en 2016. photo Martin Benoit
Une très grande école de photographie professionnelle des États-Unis a fermé ses portes par manque d'étudiants et suite aux nouvelles politiques américaines d'aviser les futurs étudiants des dettes auxquelles ils auront à face suite à leurs études.

Cette politique s'applique aux écoles à buts lucratifs, ce qui est le cas d'une grande proportion des écoles américaines.

Pourquoi un tel endettement? Car les frais de scolarité de ces institutions sont trop élevés? Car les débouchés en photographie artistique sont moindres que ce que les cohortes fournissent en nouveaux artistes? Car la demande en photographe est moins élevée que la quantité de photographes disponibles?

Doit-on former la quantité de photographes que l'industrie requiert ou doit-on offrir à tout un chacun l'opportunité de se former dans le domaine de son choix au risque qu'il se retrouve sans emploi ou qu'il sabote les prix de l'industrie? C'est un débat de société qui ne plait pas toujours à l'industrie et que le ministère de l'Éducation résout assez simplement: "C'est toujours mieux d'avoir un individu formé dans un domaine quelconque que d'avoir un décrocheur". N'importe quelle formation favorise la mobilité par opposition à pas de formation.

On m'a fourni récemment les archives de la création de notre programme de photographie autour des années 1966. Nous sommes une création de la CMPQ (Corporation des Maîtres Photographes du Québec) qui cherchait une formation qui permettrait d'uniformiser les compétences des photographes ayant, à l'époque des formations diverses ou simplement pas de formation. Lorsque le ministère ouvrit le programme en 1968 suite au projet de formation de la CMPQ, nous avons eu 200 demandes d'admission. Un questionnaire avait été posé aux aspirants et seulement un candidat voulait devenir laborantin. La CMPQ s'est alors retrouvée avec une patate chaude dans les mains créant tant de compétition parmi les leurs. "Heureusement », la première cohorte n'a produit que 12 photographes.

Cette question ne se pose plus vraiment aujourd'hui, car le "secret professionnel" que pouvait fournir une formation est disponible partout sur Internet et presque tout peut s'apprendre via Internet. Oui, une relation humaine et un programme bien structuré permettront à l'étudiant d'aller plus loin et de l'encadrer, mais admettons que ce n'est plus aussi essentiel que ce l'était.

Considérant la vitesse à laquelle la technologie évolue, la formation continue est de plus en plus importante, tant pour les photographes que pour les enseignants. Comment être un enseignant pertinent sans devenir un imposteur? C'est le défi que doit relever l'enseignant moderne au Québec où les conventions collectives interdisent le double emploi qui pourrait favoriser une présence constante sur le marché.  L'enseignement de la photographie en 2016 requiert d'être un guide qui saura aider l'étudiant à découvrir ses forces et faiblesses et à l'orienter vers des marchés plausibles pour lui ou elle.

Un défi valorisant, mais de plus en plus exigeant ayant à négocier, entre autres, avec la présence des téléphones cellulaires et autres sources de distractions dans ce monde de plus en plus rapide où les résultats sont attendus de plus en plus rapidement.



dimanche 27 novembre 2016

24 ips, c'est difficile de changer le subconscient du lecteur

sélecteur de cadence sur une Bolex H16R. photo Martin Benoit
Le débat fait toujours rage autour de la pertinence du 24 images par secondes en vidéo/cinéma. Ce que j'ai constaté avec les années, c'est que, même si cette cadence d'image est imparfaite par sa lenteur et le manque de fluidité, elle reste la cadence qui induit dans notre subconscient la sensation que ce que nous visionnons est une fiction. Si vous voulez faire de la fiction, régler votre cadence à 24 ips et 1/48sec.

Il faudrait modifier 100 ans d'histoire du cinéma pour changer cette empreinte subconsciente dans notre cerveau. À toutes sortes d'époques et pour toutes sortes de raisons, plusieurs ont tenté d'accélérer cette cadence afin d'obtenir plus de détails, plus de fluidité lors des mouvements, mais la conséquence a toujours été un certain détachement de cette sensation que l'on visionne le réel plutôt que l'imaginaire.

Mon parallèle serait un peu comme la photographie noir et blanc qui a été longtemps été associée aux reportages que l'on voyait dans les journaux qui eux, étaient imprimés en noir et blanc. Cette multitude d'images noir et blanc associées aux nouvelles et à la vérité a fini par nous faire croire qu'une certaine vérité doit-être en noir et blanc si on veut que le lecteur y croie. Contrairement à la photo noir et blanc le 24 ips est beaucoup plus ancré dans notre perception subconsciente.

La venue de la vidéo avec son 60 cadres entrelacés a créé une image fluide et continue relativement au 24 ips et ces images nous les avons vues lors des spots télé, lors du téléjournal et dans les téléromans à faible budget. Tout le cinéma de qualité nous a été présenté à 24 images par secondes à 1/48 de seconde. Cette signature visuelle a fini par créer l'association que ce scintillement caractéristique de l'image appartienne à la fiction tandis que le scintillement, ou l'absence de scintillement appartiennent à la vidéo des nouvelles.

Le langage cinématographique est un ensemble de codes qui se sont imprégnés en nous au fil des ans et de l'histoire du cinéma. Ces codes, souvent non identifiables par le lecteur, font partie du langage et sont très difficiles à transgresser. Je me souviendrai toujours de la série télé Ally McBeal où le réalisateur avait tenté de créer de nouveaux codes sémantiques. Seuls les initiés de la série les comprennent et ces codes se sont jamais imposés dans les productions subséquentes.

Les défauts peuvent devenir des "qualités" ou disons des caractéristiques d'un média. Le subconscient et des milliers de visionnements sont des choses lentes à reprogrammer.

dimanche 13 novembre 2016

Avons-nous atteint une accalmie technologique?

Plusieurs aimeraient que la technologie ralentisse un peu afin de rentabiliser leurs gros investissements dans des appareils de dernières générations.

Depuis l'an 2000 c'est la course à l'appareil performant qui nous permettra d'être compétitifs.

C'est une forme de rat race, qui semble sans fin et qui appauvrit plusieurs et diminue la marge de profit  pour ceux qui n'ont pas la chance d'évoluer dans des marchés où la marge de profit est très élevée.

Stratégie de stabilisation chez Sony. illustration Sony
Comme je l'ai souvent répété, à  une autre époque pas si lointaine, votre investissement appareils photo pouvait suffire pour les 30-40 prochaines années de votre carrière.

Le photographe qui possédait un Nikon de la famille F avec une collection d'objectifs, un Hasselblad et 3 objectifs et une chambre 4x5 intermédiaire équipée de 3 objectifs allemands ou japonais, pouvait dormir sur ses deux oreilles et répondre à la très grande majorité de ses affectations. Ces appareils pouvaient être acquis usagés et déjà avoir eu une carrière derrière eux.

Amortir ses investissements appareils photo était une question secondaire. Les frais de studios, assistants, etc. étaient plus importants que les appareils comme tels.

On a l'impression que depuis un an ou deux, il n'y a plus de grands sauts technologiques qui ouvrent de nouveaux marchés et nous permet de rester à flots.

Les nouveaux appareils sont intéressants et mieux que les prédécesseurs, mais pas significativement supérieurs au point de courir les acquérir afin de maintenir sa place dans le marché.

Que se passe-t-il réellement technologiquement parlant depuis 2 ans?
-Augmentation de la plage dynamique. Corollaire, meilleur ISO élevé.
-Baisse du prix des boîtiers.
-Mémoire tampon plus volumineuse, impliquent plus haute cadence (images par secondes)
-Processeur interne plus rapide (plus d'images par seconde)
-Taux de compression moindre en vidéo (meilleure qualité vidéo qui permet un meilleur étalonnage des fichiers en post prod)
-Petit gain en résolution. On n'a pas encore doublé la résolution de la Canon 5D mkII, qui impliquerait un appareil de 84 mpx. Par contre, les 21 mp de la 5D mkII étaient suffisants pour la grande majorité des affectations.
-Les dos moyen format augmentent un peu en résolution, ne baissent pas vraiment de prix et ont tranquillement une meilleure gradation.
-La stabilisation des capteurs est, selon moi, une grande évolution, qui permet d'atteindre de plus grands niveaux de netteté et ainsi mieux exploiter les objectifs et leurs capteurs. Ce ne sont pas toutes les compagnies qui ont opté pour cette solution. Olympus et Sony sont les grands joueurs dans cet univers. Canon et Nikon stabilisent certains de leurs objectifs au lieu des boîtiers. Un ne s'oppose pas à l'autre...
-Amélioration des appareils hybrides (on n'a qu'à penser à l'immense succès de la Sony A7rII) au point que plusieurs professionnels les adoptent.
-Le 4k apparait dans plusieurs caméras, mais le débit n'est pas toujours au rendez-vous et la puissance des ordinateurs "domestiques" est toujours timide quand vient le temps de manipuler ces gros fichiers.

Qu'espérons-nous de la progression de la technologie dans les prochaines années?

Voici ma liste de souhaits:

1- Un système de piles universelles de qualité adopté par tous les manufacturiers qui éviterait l'obsolescence de nos équipements. Le monde du cinéma et de la vidéo l'on fait avec le format 14v et le V mount et le XLR 4 broches.

2- Une construction modulaire qui permettrait de remplacer un module capteur selon l'évolution de la technologie. Black Magic a tenté l'expérience avec l'Ursa, mais qu'est-il vraiment arrivé?

3- Des appareils hybrides à faible consommation électrique afin d'en augmenter l'autonomie. Les appareils hybrides devraient diminuer les coûts de fabrication et diminuer les bris, car pas de mécanisme de miroir et ils seraient moins bruyants.

4- De la géolocalisation et de la communication évoluée intégrée afin de diminuer le travail d'ajout de métadonnées aux fichiers et faciliter la transmission des fichiers.

5- Une pérennité augmentée.

Nous ne sommes pas très loin de ça à l'exception d'un système de piles cohérent.

Il est temps de faire des images et d'oublier un peu la techno, qui, à l’heure actuelle, est au rendez-vous des besoins photographiques de la grande majorité des marchés.




samedi 29 octobre 2016

Le nouveau téléphone/caméra de Kodak

téléphone Kodak Ektra, image fournie par Kodak
Kodak présente son téléphone Ektra. Non, ce n'est pas une faute d'orthographe, c'est bien Ektra au lieu de Ektar, la fameuse marque de film de Kodak.

Ce téléphone intègre une caméra de 21mp dans un boîtier recouvert d'une cuirette, que l'on retrouvait sur les appareils pré 1990. Le tout livré dans un étui de cuir vintage. La caméra est stabilisée sur 6 axes et elle peut être utilisée en mode manuel où plusieurs paramètres, tels l'ISO, la balance des blancs et la mise au point peuvent être réglés.


Ce mois-ci, Google pousse très fort son nouveau téléphone Pixel la meilleure caméra du marché, selon eux, Apple pousse son iPhone 7 Plus avec sa double caméra. Peut-on rivaliser avec ces deux géants? Kodak offre définitivement un look qui ne dissimule pas sa caméra, mais dissimule plutôt son téléphone. L'objectif est ostentatoire et l'ensemble de l'instrument clairement identifiable à un appareil photo. Son gros attrait reste son apparence vintage, qui plaira à plusieurs. Est-ce que ses performances techniques seront à la hauteur? Le temps nous le dira, car on peut ajouter aux téléphones sous iOS et Android plusieurs applications qui offrent les mêmes fonctionnalités que la caméra du Ektra. 21 mp reste un gros chiffre qui doit se marier à la qualité optique si elle est au rendez-vous. La stabilisation peut-être elle aussi très intéressante si bien déployée. Il est un peu tôt pour valider tout ça. Qui revendra ce téléphone? Est-ce que les grands fournisseurs l'ajouteront à leur offre?

Wired Magazine nous donne un aperçu du produit. Un autre cauchemar pour les détaillants d'appareils photo qui se font miner leur marché d'appareils "point and shoot" par les téléphones.

dimanche 9 octobre 2016

Caroline Hayeur à la Galerie Occurence ce mercredi

source Caroline Hayeur

photo Caroline Hayeur

Photo – Vidéo – Installation
ABRAZO
Le tango au-delà des clichés

Un projet de Caroline Hayeur et D. Kimm
Exposition à la galerie Occurrence
du 12 octobre au 12 novembre 2016

Vernissage mercredi 12 octobre à 18h

Démonstration de tango avec Carol Horowitz et Julio Otero à 18h30

Galerie Occurrence
5455, avenue de Gaspé, #108, Montréal

jeudi 6 octobre 2016

J'aime les guerres entre Apple et Google

structure des deux caméras du iPhone 7 Plus. photo extraite du site d'Apple
Quand les fabricants de téléphones se font une féroce compétition, il y a des chances que ce soit le consommateur qui en bénéficie.

Apple et Google semblent se mener une guerre de caméras et celle du iPhone 7 Plus aurait déclenché les hostilités.


Je ne crois pas qu'il y ait eu d'innovations aussi importantes depuis des années en terme de caméras cellulaires, que cette nouvelle double caméra "téléphonique" du iPhone 7 Plus.

Deux caméras, un grand angle et un téléphoto à zoom optique qui se combinent au besoin pour créer des hors foyers. Une ouverture maximale de 1,8, stabilisation optique et autres jouets. Je crois que le marché des appareils "point and shoot" va encore en prendre pour son rhume. Le bémol, le prix de la nouvelle machine qui débute à $1100...

Il y a plusieurs appareils photo très intéressants beaucoup moins chers, mais que vous n'aurez pas toujours dans votre poche. On revient toujours au dicton de Chase Jarvis : The best camera is the one you have with you.

Selon Consumer Reports, les performances des caméras ne sont pas si extraordinaires, mais il faut comprendre les possibilités au lieu des performances brutes. Comparer uniquement la netteté d'une image grand-angulaire versus celle d'un angle normal ne tient pas compte que l'on a soudainement accès à un angle de capture plus large, ce qui n'est pas négligeable voir essentiel dans plusieurs cas. Auparavant, afin de changer l'angle de capture on devait avoir recours à des attachements plus ou moins douteux. Le Olloclip ™est très populaire et même Schneider a fait des attachements pour le iPhone. Le meilleur attachement n'augmentera pas la netteté d'une image, ni son contraste. Dans les meilleures conditions, il les abimera au minimum.

C'est à suivre afin de voir si les performances sont vraiment au rendez-vous et  si ces nouvelles caractéristiques feront partie des habitudes photographiques des usagers.


dimanche 25 septembre 2016

Instagram et la photographie vernaculaire

Une photo publiée par Martin Benoit (@eddycurtis) le
Le Musée McCord a présenté une collection de photographies vernaculaires cet été.
Ce genre photographique, photographie du quotidien réalisée par des non professionnels, gagne en respect par les grands encanteurs mentionnait la conservatrice du musée, Hélène Samson. Par le fait même, elle mentionnait que le musée en archive déjà depuis quelques décennies ayant reconnu la valeur historique de telles images.

En cette ère d'Instagram, Flickr et Facebook, qu'est-ce que la photographie vernaculaire? Tout ça? Sommes-nous devant le plus grand catalogue jamais créé, portrait de notre société? Lors du procès impliquant le magazine Vice Versa et le photographe Gilbert Duclos, il avait été invoqué que l'on devait pouvoir autoriser la diffusion de la photographie de rue, car sinon, il se produirait un grand trou dans notre imaginaire visuel collectif.

Est-ce que tous nos disques durs d'archivages vont nous abandonner et  que tous les serveurs d'images vont planter? Peut-être que ces réseaux sociaux seront les archives de nos sociétés. Est-ce que quelqu'un voit à la conservation de ce "patrimoine" et est-ce que tout est valable?

Quel ratio de la photographie du quotidien a survécu depuis sa création au début des années 1900 avec les appareils Kodak faciles d'utilisation? Et quel ratio est accessible à la population aujourd'hui?

Peut-être avons-nous, pour la première fois, un accès public aux plus grandes archives sociales photographiques de la planète? Il ne nous reste qu'à télécharger et organiser. Comment pouvons-nous consulter cette énorme banque? Google Image est-il une solution?


samedi 10 septembre 2016

Représentations de Montréal par Guy Glorieux

source: Emmanuel Galland
photo extrataite de la série Montréal-Lith qui constitue un hybride argentique-numérique par Guy Glorieux
Après son exposition solo au Musée McCord en 2012, Guy Glorieux est de retour avec des sténopés, des tirages lithographiques et pour la première fois : des images numériques.

Le photographe Guy Glorieux est bien connu pour sa pratique grand format du sténopé : il présente cinq séries récentes et lance un livre à la Galerie Carte Blanche* (Montréal).
L'artiste n’a pas attendu le 375e anniversaire de la fondation de la ville de Montréal pour poser son regard sur l’île. Il s’y emploie depuis plusieurs décennies.
Effectivement, la métropole québécoise est son sujet de prédilection : pris à partie par mille points de vue éternellement renouvelés.Avec cette nouvelle exposition et ce livre, le photographe fait le point sur ses différents mode de représentation de la ville : oui, bien sûr avec la pratique des sténopés qui ont fait sa réputation, mais aussi avec l’expérimentation par révélateur lithographique et un pied dans l’image numérique.

Vernissage et lancement du livre :
mercredi 14 septembre de 17 à 20 h
Guy Glorieux : « Une Ville – Sténopés et autres photographies »
Du mercredi 14 au lundi 19 septembre 2016
Ouvert tous les jours de 12 à 20 h
Galerie Carte Blanche
1853, rue Amherst (angle Ontario) – Montréal
Renseignements : 514 272-2556

jeudi 8 septembre 2016

Retour aux sources argentiques

Une photo publiée par Programme de photo au cvm (@photocvm) le
De plus en plus de photographes de divers secteurs ajoutent à leur pratique la photographie argentique.

En ces temps de développement technologique où les appareils atteignent des sommets technologiques rêvés, quelle est la pertinence d'un tel retour?

La NPPA (National Press Photographer Association) mentionnait cette semaine l'expérience de Chip Litherland qui utilise du film périmé pour compléter certaines de ses affectations.

Dans le secteur de la mode, il semble que, particulièrement en Europe, certains photographes commencent ou continuent à offrir des services argentiques.

Pour ma part, je recommence à enseigner l'initiation à la photographie argentique en remplacement de mon collègue qui vient de prendre sa retraite. Pourquoi s'investir dans une telle technologie en 2016? Force est de constater qu'en trois années de formation, la maîtrise de l'exposition et du rapport d'éclairage n'est pas aussi bien assimilée qu'à l'ère argentique ou $ et temps imposaient de comprendre un peu plus rapidement.

Les outils de validation du contraste et de l'exposition sont si performants aujourd'hui (histogramme en temps réel) qu'il est triste de faire ce constat. C'est une généralisation, évidemment il y a toujours des étudiants qui ont bien compris les enjeux en cause et qui éclairent et exposent parfaitement. La rétroaction de l'écran étant bienvenue, elle peut devenir un couteau à double tranchant si elle devient une béquille.

Le second volet des grandes différences entre les deux démarches est la question de la prévisualisation. En argentique on est souvent forcé à prévisualiser le résultat n'ayant pas la rétroaction de l'écran. Cet effort supplémentaire peut, dans certains cas, mener vers une cogitation supplémentaire avant de déclencher l'obturateur. Vous remarquez peut-être que je ne fais que des généralisations et non pas des règles ou dogmes de ces attitudes.

Mon intérêt réside principalement à développer ce muscle qui peut devenir atrophié si on se rabat vers le bas prix des prises de vues en numérique et la rétroaction du moniteur arrière. Je découvre aussi que le travail en laboratoire nécessite une certaine dextérité manuelle que j'avais oubliée. Certains étudiants maîtrise cette dextérité très rapidement et d'autres moins rapidement et ce peut être décevant pour eux qui sont rendus en 3e année et découvrent qu'ils ont encore quelques croutes à manger.

Je reste fasciné par la fébrilité qu'ils ont à faire de la chambre noire et j'espère que cette excitation les suivra dans leur mémoire ou dans leur pratique.



jeudi 1 septembre 2016

1/5 sec, f1,4 en noir et blanc remporte le Worl Press 2016

©Warren Richardson, Hope for a New Life
6400 ISO, F1,4, 1/5 sec 24mm, 5D mkII. Régler votre appareil à ces paramètres et regardez combien la scène doit-être sombre pour correspondre à cette luminosité.

C'est très, très, très sombre. Ce n'est pas la levée du jour ou la tombée du jour, c'est la nuit et la seule lumière qui doit illuminer la scène est quelque forme de source artificielle, soit très faible ou très loin.

C'est le résultat d'une tentative risquée de faire passer un enfant à un réfugié syrien qui lui est déjà de l'autre côté du barrage sécurisé. L'espoir d'une meilleure vie.

C'est la photo de l'année du Worl Press 2016. En général, je suis toujours méfiant de l'usage du noir et blanc en 2016, en cette ère de photographies numériques où le noir et blanc est un effet même si vous possédez un Leica monochrome. Ça reste un choix. Dans ce cas, j'imagine que le fichier original est plein de bruit et affiche une dominante colorée qui ne correspond pas à ce que l'oeil percevait, par une si faible luminosité. L'oeil utilise ses bâtonnets pour lire la lumière en faible éclairage et la vision est quasi monochromatique. L'usage de la couleur aurait aussi été un "effet". C'est probablement un cas où l'usage du noir et blanc évite de nous distraire du bruit de la caméra et toutes les erreurs techniques que font les capteurs et nous concentre plutôt sur l'histoire.

En tant que père et grand-père, je peux m'identifier à cet homme, son regard et l'extrême gravité de la situation. Un jour cet enfant aura grandi et il verra cette image et il comprendra que sa vie a été déterminée à ce moment. Cette photo résume mieux le drame d'un conflit que la vision d'un mur criblé de balles. J'aurais aimé faire cette image, mais je n'aurais pas aimé être témoin de ce désarroi humain, car il semble que tous n'ont pas franchi ces barbelés.

samedi 13 août 2016

Potluck World Press date limite vendredi 19 août midi

source: World Press Montréal
Magnus Wennman - Gagnant du World Press Photo 2016 - catégorie "Portrait"


Nous sommes heureux d’inviter les photoreporters et photojournalistes du Québec à nous soumettre un portfolio de dix images, et ce, en vue d’être sélectionné pour participer au premier potluck du World Press Photo Montréal, événement organisé le lundi 29 août prochain, dans le cadre de la 11e édition du World Press Photo,  exposition présentée cette année du 31 août au 2 octobre.

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vendredi 5 août 2016

L'engouement pour les 30-35 mm

Club Soda 2007, 30mm Sigma sur Canon 20D, photo Martin Benoit
Depuis les deux, trois dernières années, un objectif à posséder est une 35 mm fixe.

Si l'on mesure le grand succès de la 35 mm Art de Sigma, on peut conclure à un essor de cette longueur focale. Tant la 35 mm f1,4 série L de Canon, que la EX de Sigma, les 35 mm ont la cote.

J'ai l'impression que tout ça a commencé avec la Sigma EX 30mm f 1,4 asphérique. C'était il y a plus de 9 ans quand le format plein capteur n'avait pas encore pris son envol. Sigma avait développé cet objectif afin d'offrir une "normale" performante à pleine ouverture pour les capteurs APS-C (petits capteurs).

Si vous possédiez une Canon 7D et vouliez un objectif "normal" performant, peu vous était offert. Oui, Canon avait sa 35mm f1,4 série L, mais à 2000$ ça faisait réfléchir... La Sigma coutait un peu plus de 475$ et, dans les faits, se comportait mieux à pleine ouverture due à son élément asphérique.

Aujourd'hui, Canon à mis à jour son objectif en créant la version II (2600$) devant la compétition. Sigma a fait de même avec sa version Art à 1200$. Ça reste la moitié du prix.

Pourquoi cette focale a tant gagné en popularité? Dans le cas des 35mm, plusieurs ont découvert qu'en vidéo sur capteur APS-C ça faisait une excellente normale avec de beaux hors foyer à pleine ouverture. Sous plein format, 35mm est à peu près la focale la plus courte qui ne dérangera pas le spectateur par ses distorsions latérales. Un objectif polyvalent finalement.

En photographie "fixe", par opposition à de la vidéo, 35mm est une focale qui est souvent plus narrative qu'une normale en contextualisant davantage les sujets sans pour autant créer un effet spécial notable, que les très grands-angulaires ont souvent tendance à créer (vertiges, perspectives exagérées, etc). Le commun des mortels n'identifie pas la présence d'un grands-angulaire, mais par contre, il se sent plus "impliqué" due à la proximité imposée par l'objectif.

Ma première 35mm a été une Hanimar f2,8. Je crois avoir payé autour de 30$ au milieu des années 70. Un objectif japonais à une époque où Made in Japan équivalait à Made in China aujourd'hui. Un objectif que j'ai peu utilisé rêvant toujours d'un champ plus large jusqu'au jour où je me suis procuré une 28mm f2,8 comme un grand garçon. J'ai fait mes quelques photos grand-angle et je l'ai finalement échangée contre une canne/siège pour regarder les matchs de polo avec classe...

Il m'a fallu encore une dizaine d'années afin d'apprivoiser les 28 mm et c'est l'Elmarit f2,8 de Leitz pour Leica, qui m'a le plus rendu service.

De retour aux 35mm, ma 35mm EX Sigma est probablement l'objectif que j'utilise le plus depuis les cinq dernières années. Si je devais partir en voyage et n'apporter qu'une focale fixe, je crois bien que ce serait celle-là considérant le genre de photographe que je suis.

jeudi 14 juillet 2016

Le hdr en voie d'acceptation?

La première fois que vous avez vue une prise de vue réalisée en hdr, vous avez probablement été
Quotidien de Londres, photo Martin Benoit
impressionné et vous vous êtes dit que ça ressemblait à une peinture. Si ce n'est pas votre cas, c'est mon cas.

Le choc passé, c'est devenu un effet et quelque chose que souvent les amateurs font pour rendre intéressante une photo qui ne l'est peut être pas.

J'ai été sur le jury de la SPPQ ( société de lpromotion de la photographie du Québec) il y a quelques années et j'ai été surpris de constater la popularité du hdr chez les membres des divers clubs photo. Peut-être, que depuis l'avènement d'outils automatisés pour en réaliser, l'engouement s'est répandu.

L'été dernier, je remarquais que dans certains journaux britanniques, presque toutes les photos étaient traitées en hdr au point où les gens représentés semblent mal propres aux cheveux couettés.

Pourquoi, souvent considérons-nous le hdr comme un effet plutôt qu'une réalité?

Les bons appareils photo enregistrent maintenant plus de quatorze crans de latitude. Ce quatorze crans aurait été un rêve à l'époque de l'argentique où un bon film diapositive nuançait de 8-9 crans.
La façon dont un film argentique étalait l'information (sa gradation) reste encore notre référence de ce que doit être une image sans « effet ».

Le peintre n'avait pas cette contrainte, la peinture ayant été pratiquée longtemps avant la photographie. Le peintre s'installait devant sa scène avec ses yeux et ses pigments et tentait souvent de reproduire ce qu'il voyait. Dans ce processus, il décrivait les hautes lumières avec le détail que ses iris contractés lui permettaient de voir et les ombres avec le détail que ses iris plus dilatés lui transmettaient. Du hdr avant le temps.

La bonne photographie couleur diapositive ou négative à sa propre courbe de reproduction à laquelle nous nous sommes accoutumés durant les 70 ans de photographie couleur argentique. En gros, les ombres bouchent assez rapidement et les hautes lumières sont compressées et finissent par cramer assez rapidement. Les manufacturiers ont ajusté la courbe de reproduction pour les tons moyens de sorte à bien reproduire les tons de peau en terme de perception du contraste. La courbe de reproduction est en forme de "S" fidèle (linéaire) autour des tons moyens.

Depuis les dernières années, avec l'amélioration des capteurs, on commence à accepter des ombres moins bouchées et plus texturées. On reste encore assez craintifs à vraiment ouvrir les ombres et texturer les hautes lumières, même si notre appareil peut le faire, de peur de donner l'impression de faire un effet.

Dans certains domaines, comme la photographie architecturale, c'est plus accepté, mais ce n'est pas encore la norme dans tous les secteurs. C'est selon moi un reliquat de l'argentique, qui à travers les années, a instaurer un standard de ce qu'est une gradation « normale ».

Mais pourquoi collons-nous à ce standard quand ce n'est pas « normal », ce n'est pas ce que l'œil voit, ni ce que l'appareil photo voit? Est-ce que les peintres hyperréalistes ont plus raison? Il y a même un mouvement en peinture hyperréaliste qui imite les défauts de la photo argentique.

Sommes-nous prêts à trouver normales des photos à grandes gradations?

J'étais aux Îles de La Madeleine cet été et j'étais impressionné par la saturation des couleurs causée par l'absence de pollution à laquelle je ne suis plus habitué. J'essayais de visualiser la photo qui rendrait justice à ce que je percevais et probablement on aurait dit que c'est exagéré, trop saturé et avec trop de détails.

Le problème avec le hdr c'est souvent la surutilisation de l'accentuation qui elle n'est ni perçue par l'oeil ou l'appareil mais qui donne une impression de définition à caractère artistique.

Modifier les normes de ce qu'est une photo normale est un long processus social et culturel finalement.

samedi 25 juin 2016

Le Hasselblad X1D, for the rest of us?

Andrew Trumbach et le Hasselblad H6D-50c, photo Martin Benoit
Photoservice présentait le nouveau Hasselblad X1D et le H6D-50c.

Le nouvel X1D serait le premier appareil de format moyen sans miroir à prix abordable.

Environ 10 k$ pour le « boitier » sans objectif.

Le représentant Hasselblad croit que ce sera l'amateur avancé qui sera ciblé par ce marché ou le professionnel déjà équipé d'H6D comme second boitier.

Malheureusement, le X1D n'était pas sur place et seulement des précommandes pouvaient être réalisées. Les spécifications étaient projetées sur un écran. Il semble qu'aucun appareil ne sera disponible avant la fin août.

Le X1D et le H6D partagent le même capteur et le même système d'exploitation du capteur. Le réprésentant Hasselblad, Andrew Trumbach (Regional Sales Manager - East Coast at Hasselblad Bron Inc) mentionne que le H6D produit moins de bruit à ISO élevé grâce à son nouveau capteur CMOS de Sony. Il utilise aussi les nouvelles cartes CF et SD. La caméra est connectée via USB3 et offre du WiFi pour effectuer certains contrôles. En gros, les avancements dans les appareils moyen format ne sont pas révolutionnaires. Même avec une possibilité vidéo de 25 ips en Full HD (et non pas 4k) et un touch screen, l'appareil n'est pas ne fait pas des pas de géants.

Le X1D prétend à une certaine révolution avec son système mirrorless sur capteur moyen format et un prix « réduit ». Le mirrorless le rend l'appareil le plus petit possédant un capteur de cette grande taille. De mon point de vue, c'est la façon dont Hasselblad à pu minimiser le « re tooling » pour tester le marché.

En comparaison avec les autres modèles de Hasselblad ayant un tel capteur, c'est une vraie aubaine.
Mais qu'offre vraiment cet appareil et comment se positionne-t-il dans la grande famille des appareils numériques?

Si vous fouillez le web, on vous dira qu'il permettra des très beaux hors foyers grâce à la taille du capteur. Petite question de prof de photo: à cadrage égal et perspective égale, quel objectif produira le hors foyer le plus important sur un arrière-plan donné? Une 50mm à f 1,4 sur un capteur 24x36 ou une 90 à f4,5 sur un capteur 44x33? Car, si c'est la faible profondeur de champ qui vous attire dans ce grand capteur, n'oubliez pas qu'il n'y a pas d'optique facilement obtenables qui ouvrent à plus de f2,8 pour ce genre de capteur, tandisque pour du 24x36 vous pouvez vous procurer une f1,4 pour beaucoup moins cher et des f1,2 et aussi f0,95 mais cette dernière à fort prix. À ma connaissance, il n'y a pas d'optiques vraiment lumineuses pour cette diagonale de capteur. Pour faire une vraie comparaison avec la 90 mm présentement sur le marché pour la XD1, il faudrait comparer avec une 68mm sur du 24x36 qui elle correspondrait à 1,6x la diagonale du capteur comme la 90 correspond à 1,6x la diagonale du capteur de la XD1.

De plus, ce capteur de 50 MP comment se compare-t-il aux 50 MP de la Canon 5DS ou R? Comment sa gradation se compare-t-elle au Nikon D810? Nikon aussi utilise des CMOS de Sony. La tendance était de comparer cet appareil avec la Sony A7r II en ce qui a trait à la taille, performance et optiques. C'est effectivement très similaires sinon mieux sous certains aspects.

Si on parle d'appareil compact, il faut bien prendre ses mesures et comparer l'appareil sous tous ses angles. Êtes-vous prêt à céder un viseur optique et tout ce qu'offre un HDSLR? Rafale, vidéo FullHD à 60 fps, grosse famille d'optiques avec des autofocus évolués, etc. Fait à remarquer, Hasselblad est très silencieux concernant la stratégie de compression de son format vidéo. Est-ce du 4-2-2, à quel bit rate?

Quand on investit aux alentours de 15 k$ incluant optiques et taxes dans un environnement, on s'attend à un retour de services et à une polyvalence. Je ne crois pas que cet appareil soit au rendez-vous. On dirait que c'est une stratégie similaire au Sony RX1 qui offrait le premier compact à capteur plein format (24x36) avec un objectif fixe. Ce que m'ont dit les magasins de Mtl, c'est qu'au niveau des ventes c'est un échec lamentable. Je ne connais personne qui a acheté un tel appareil et ce n'est pas que je ne fréquente pas du monde qui paie cher pour des appareils photo. C'est que le service rendu est trop étroit. Je dois avouer que je prévoie un tel résultat pour le XD1. Le gain du fait que c'est un plus grand capteur est minime. La faible profondeur de champ sera subtile, le gain en bruit, si existant, sera subtil (ce que l'on m'a montré du H6D, même capteur, est comparable au D810). Le 16 bits réel ne sert à rien si le signal original n'est pas hors pair. Des appareils 16 bits ça ne date pas d'aujourd'hui et il y a eu des fichiers très quelconques. Quatroze crans de latitude, c'est très près de la D810, qui selon DXO en produit 14,8...

Je prévois que l'appareil sera acheté par des amateurs avancés fortunés qui pourront vivre avec les limitations de l'appareil et n'auront pas à le rentabiliser. Pour le « rest of us », nous continuerons à exploiter les belles optiques à grandes ouvertures quand nous aurons besoin de faible profondeur de champ.

dimanche 19 juin 2016

Charles Gurd au McCord et Leica M4

"selfie" réalisé par Charles Gurd fourni par le Musée McCord
Rien de mieux qu'un architecte pour photographier la pertinence architecturale d'un lieu.

Le Musée McCord expose des tirages de prises de vues réalisées en 1974 par Charles C. Gurd, jeune architecte qui craignait la disparition de ces maisons cossues de Montréal.

Photographe autodidacte, Charles C. Gurd documente ce qu'il croit pertinent en terme d'éléments architecturaux de cette époque révolue de Montréal.

Les architectes ont souvent été intéressés par la photographie. On n'a qu'à penser au lège de Karl Blossfeldt qui a documenté des éléments végétaux afin de répertorier les formes géométriques de la nature.

Deardorff, le fameux fabriquant de chambres photographiques 8x10, avait souvent comme client des architectes qui documentaient leurs travaux ou encore leur environnement afin de mieux les comprendre.

L'exposition présente des tirages jets d'encres issus d'une collection de plusieurs centaines de négatifs 35 mm. Ces tirages jet d'encres ont été réalisés en slip toning (hautes lumières bleutées et ombres neutres) sur une imprimante Epson modifiée aux encres de Cone Editions. Le traitement est subtil et un peu détruit par la température de couleur de l'illumination tungstène de la salle d'exposition, qui, étant jaune, diminue l'impact par complémentarité des teintes bleutées des hautes lumières.

J'ai aimé rencontrer le photographe, qui fut aidé par Gabor Szilasi (ancien enseignant au dpt de photographie du CVM) pour sa série et discuter du "devoir" photographique de préservation que sa démarche représente.

L'élément qui me questionne est la mention, dans le cahier de presse, que les photographies ont été réalisées au Leica M4. De plus, lors de l'allocution aux médias, on a encore pris soin de souligner le fameux appareil. En aurait-il été de même si les photographies avaient été réalisées avec le superbe  Zeiss Hologon Ultrawide? Magnifique caméra 35mm équipée d'un grand-angulaire fixe hyper corrigé pour l'architecture? Je crois que non. C'est la marque Leica et le culte qui tourne autour de cette marque aujourd'hui qui semble avoir dicté ces mentions. Est-ce que les photographies auraient eu moins de valeurs au Nikon F ou au Pentax Spotmatic? Je dois avouer que ce genre de mention m'irrite. Elle indique, par contre, l'ère du temps où Leica représente un symbole, une démarche. Pour avoir fait de la photo dans les années 74 et avoir acquis mon premier Leica M4 en 1979,  je peux vous confirmer que beaucoup d'incapables possédaient de tels appareils, m'incluant dans ce lot...

lundi 6 juin 2016

Le CCA cherche photographe

source CCA


Le Centre canadien d'architecture est à la recherche d'une personne pour un poste contractuel en photographie à raison de 2 à 3 jours par semaine pour son service photographique.

Le travail consiste essentiellement à traiter des fichiers photographiques, assister le photographe permanent du CCA dans des travaux de prise de vues et à l’occasion réaliser soi-même des photographies d’objets, d'événements et d'expositions.

Outre une maîtrise de Photoshop, du traitement des fichiers bruts dans Camera Raw, la personne doit bien connaître le logiciel Lightroom. La personne doit avoir un très bon jugement afin d’ajuster adéquatement les images au niveau de la luminosité, du contraste, de la couleur, de la saturation, etc. La personne doit aussi bien connaître les tracés (Path) dans Photoshop, l’utilisation des masques pour le détourage et aussi les claques de réglages avec masques. La connaissance des imprimantes et des numériseurs est souhaitable. 

La disponibilité à  travailler la fin de semaine et le soir est nécessaire.  Enfin, la personne doit être bilingue.

Pour plus d'information et/ou envoyer votre CV, communiquez avec:

Elspeth Cowell
Chef, Services à la Collection et aux Programmes
ecowell@cca.qc.ca

samedi 28 mai 2016

McCurry, la confusion des genres et la c.t.v.

poster de l'expo McCurry sur la rue St-Laurent, photo Martin Benoit
Encore une fois, une polémique autour d'altérations de photos prises par Steve McCurry.

La NPPA a écrit un long article nuançant la question.

Il était à Montréal, la semaine dernière, pour l'ouverture de son exposition solo.

On ne parle que des altérations qui ont été découvertes sur des photos récentes. Un petit garçon a été retiré d'une de ses photos. Pour une raison esthétique?

Quoi qu'il en soit, McCurry est une icône du photoreportage avec, entre autres, le succès de la page couverture du National Geographic de 1985 illustrant une jeune fille afghane qui est utilisée pour le poster de l'exposition.

Est-ce qu'un photographe peut changer de chapeau? Est ce qu'un photoreporter peut devenir un photographe artistique, qui est "autorisé" à altérer ses photos une semaine et un photojournaliste la semaine suivante? Est-ce qu'un photographe est cloisonné par le succès d'une de ses photos, qui elle appartient à un genre spécifique?

Le problème est la confusion des genres. Si McCurry exposait que des photomontages d'apparitions de vaisseaux Star Wars dans des grandes villes européennes, sa position serait claire et il n'y aurait pas de confusion. C'est la notion de c.t.v. (convention tacite de vérité) qui pose problème. Quand on va voir une exposition de McCurry, on s'attend à voir du reportage vrai fait selon l'éthique de la profession. Dans le cas d'une telle expectative, il faut être clair et non ambigüe si on veut sortir de ce sentier.

La frontière des genres a toujours été un terrain dangereux. Pour certains, le plus intéressant, car il suscite l'interrogation chez le lecteur.

Il semble que McCurry soit confiné au statut de photojournaliste, qu'il le veuille ou pas. Qu'il se décrive comme un "story teller" ou non.

Un fait à remarquer est l'utilisation de la photo de la jeune fille afghane comme poster de l'exposition. Oui, c'est sa photo la plus connue qui attirera peut-être des acheteurs éventuels, mais c'est une page couverture du National Geographic que l'on a tendance à considérer comme un magazine qui rapporte la vérité. J'ai photographié les yeux sur le poster ce matin et si on compare cette "interprétation" des yeux de la jeune fille avec la page couverture de 1985, on peut encore constater des disparités importantes.

Pour avoir connu l'époque de l'édition et de la préimpression des années 85, je souligne que les photographes étaient très rarement impliqués dans les processus d'altérations d'images pour l'impression. C'était plutôt du recours des directeurs artistiques de la publication ou encore à la discrétion de l'opérateur de la station de séparation de couleurs. Nous sommes 6 ans avant l'introduction de Photoshop et ses équivalents domestiques.
comparatif entre le poster de mai 2016 et le cover de 1985

Il ne faut pas grande expertise en retouche électronique pour constater que les deux images sont différentes et je ne parle pas ici du contraste. La section inférieure est un détail du poster photographié ce matin à l'aide de mon téléphone et la section d'en haut est une photo du cover tel qu'imprimé sur ma copie du National Geographic de 1985. Un jour, il faudra voir le Kodachrome original.

mardi 17 mai 2016

mardi 10 mai 2016

La notion de plagiat en photographie et vidéo

Normand Grégoire photographié à la Curtis par Martin Benoit
Un récent article du Journal de Montréal démarre une réflexion à savoir si la superbe publicité de Lg2 pour Tourisme Québec est un plagiat considérant la similitude avec une autre publicité faisant la promotion de l’Afrique du Sud.

Quand est-ce que l'on emprunte trop d'une autre source ou quand est-ce qu'un style fait partie de l'ère du temps et que ce genre d'imagerie est sujette à faire surface de toute façon?

J'ai tendance à dire que l'on n'invente pas la roue très souvent et ce que l'on « cré » est le résultat d'influences externes. Le grand neurobiologiste français, Henri Laborit, disait : " Nous sommes les autres ».

Nous ne sommes que la sommation des influences externes qui nous entourent. Que créerions-nous si nous avions grandi seuls sur une île déserte?

On a accusé des pubs de Calvin Klein d'avoir copié Avedon, qui lui aurait copié August Sander, qui lui aurait copié Nadar. Dans quelle mesure ne devrions-nous pas nous enrichir du succès des autres et nous en servir afin de faire une variation sur un thème ou encore de pousser l'idée plus loin?

Est-ce que Lg2 est moins génial d'avoir peut-être été influencée par cette pub, s’ils ont vu cette pub avant de concevoir la leur? Steve Jobs prônait le vol d'une idée quand quelqu'un n'exploite pas bien une idée qui est leur. Jobs faisait référence à l'interface graphique que Xerox avait créé pour leurs machines LISP utilisant souris, menu déroulant, etc. Jobs connaissait cette interface et l'avait déployé dans ses premiers systèmes d'exploitation. Jobs n'a jamais nié l'influence de Xerox, mais leur a reproché de ne rien faire d'« utile » pour la société avec. Il a par contre poursuivi Microsoft d'avoir fait la même chose relativement à son interface Windows...

Je crois que nous devrions tout simplement être contents de la qualité du produit généré et de son efficacité. À l'ère d'Internet, la notion de propriété intellectuelle relève plutôt d'en effet de toge d'un avocat plus habile qu'un autre à démontrer la nature originale d'une idée. Si nous prétendons à l'originalité, déconnectons-nous d'Internet et allons créer sur une île déserte pour un moment et soyons honnêtes envers nous-mêmes.

vendredi 6 mai 2016

Expositions d'étudiants en photographie à mettre à votre agenda

C'est la fin de session et 4 écoles de photos exposent.

Le programme de photographie et design graphique du cégep André Laurendeau (6 mai ce soir)

L'école de photographie Marsan le 13 mai.

Le centre de formation professionnelle de Lachine, le 13 mai aussi.

Le cégep du Vieux Montréal, le 3 juin.

jeudi 28 avril 2016

Le programme de photographie est à la recherche d'enseignants. C-V à faire parvenir.

Le cégep du Vieux Montréal est encore à la recherche d'enseignants au sein du programme de photographie afin d'assurer les suppléances et éventuellement des charges.

Veuillez faire parvenir votre curriculum vitae via le portail d'emploi du cégep.

http://www.cvm.qc.ca/cegep/ressourceshumaines/CandidaturesSpontanees/Pages/index.aspx

Seuls les c-v reçus à cette adresse sont admissibles.

Bonne chance


Mon coup de coeur cette session

Voici un « Demo Reel » que je demande à mes étudiants de faire chaque année.

Le but de cet exercice est de concocter une petite vidéo où transpire leur savoir-faire et leur sensibilité de sorte à pouvoir montrer à un éventuel employeur leur potentiel en vidéo.

Félix Hallé et Francis Terry ont joint leurs efforts dans ce petit tour d'un certain Montréal.

On sent leur influence photographique, leurs sensibilités architecturales, leur appréciation du noir et blanc. C'est ce que l'on cherche à faire au Vieux en les exposant à divers secteurs de la photographie afin qu'au moment venu, ils puissent intégrer leurs expertises.

Félicitations Félix et Francis!

lundi 18 avril 2016

Exposition des travaux noir et blanc des premières années au Vieux

photo Sophie Larocque
Les étudiants de premières sessions 2014 et 2015 exposent leurs photos en noir et blanc.

C'est une exposition récurrente aux deux ans.

C'est à l'Agora du cégep du Vieux Montréal par l'entrée du 3e étage coin Ontario et Sanguinet.

Bienvenue à tous.

Vernissage le mardi 19 avril à 17 h 30.

L'exposition se poursuivra jusqu'au 29 avril.


samedi 16 avril 2016

Et si les caméras numériques n'étaient pas performantes, qu'en serait-il du marché?

Brownie des années 1940, photo Martin Benoit
J'aime beaucoup les spéculations de « réalités alternatives » (alternate reality) en bon amateur de science-fiction.

Et si nous étions encore aux prix et aux performances du Nikon D1 en cette ère de grande bande passante Intenet?

La Nikon D1, une caméra très chère (6000 $) et des fichiers semi-utilisables. C'était la situation en 2000. N'importe quel 35mm supplantait la qualité d'image de la D1 sauf sur le plan vitesse d'obtention d'un fichier. Il fallait développer et numériser. C'était la routine depuis les années 1980 afin de publier.

Un appareil de 6000 $, ce n'était pas encore exactement la démocratisation de la photographie numérique. Ce fut un appareil apprécié et très acheté, en particulier dans l'univers du photojournalisme où la vitesse et la qualité d'impression sur papier journal pouvaient vivre avec ce genre de performances.

Et si l'évolution des capteurs en était plus ou moins restée là, mais que la bande passante et la vitesse des ordis, elles, avaient progressé à la vitesse qu'on lui connait aujourd'hui permettant de télécharger des images en un clin d'oeil?

Tous les commerces voudraient mettre des tonnes d'images sur le web, mais n'auraient pas les caméras amateurs et les photographes amateurs pour nourrir cette bête affamée d'images.

Qui aurait hérité de ce mandat de nourrir cet ogre? Je crois bien que ce aurait été les photographes professionnels de l'époque qui y auraient vécu un Eldorado. Pour combien d'années? L'évolution des capteurs et leur baisse de prix auraient dicté la fin de la fête.

Nous vivons présentement un phénomène similaire avec les capteurs de grande taille. Si les professionnels avaient du attendre que les capteurs moyen format baissent de prix, ils attendraient longtemps et ils attendent encore. Toute proportion considérée, les systèmes de captures moyen format ne baissent pas de prix rapidement considérant les années qui passent. Ce sont les capteurs 24x36 qui sont sujets à la plus grande révolution au niveau professionnel. Je passe ici les progrès phénoménaux des capteurs et des optiques de caméras de téléphones cellulaires.

Au début des années 1900, un phénomène similaire s'est produit. Un nommé Turner obtient un brevet pour l'idée d'ajouter un papier opaque derrière une pellicule de sorte à pouvoir l'enrouler sur une bobine aux parois opaques afin de pouvoir charger et décharger une caméra en plein jour. Eastman Kodak achète le brevet et introduit les appareils Brownie qu'il fini par fabriquer pour 1 $ pièce à l'époque où l'appareil le meilleur marché valait ~25 $ (je fais un raccourci historique ici). Kodak destine cet appareil aux enfants tant il est simple d'utilisation espérant ainsi générer des ventes de films. On connait la suite de l'histoire, c'est monsieur et madame tout le monde qui ont acheté et utilisé l'appareil et les « pros » en ont pris pour leur rhume dans le secteur du portrait familial. Si vous avez déjà eu dans vos mains des portraits professionnels de l'époque versus les images générées par les Brownie, il n'y a aucune commune mesure. On est dans l'univers du Lens Baby première génération voir moins. Reste que la photographie a connue sa première grosse vague de démocratisation au détriment des pros.

Nous sommes dans une économie de marché où l'offre et la demande dicte les lois. Comme dirait Darwin, la capacité d'adaptation détermine la survie de l'espèce.


jeudi 7 avril 2016

Marché aux puces photo en fin de semaine

photo Martin Benoit
C'est ce dimanche qu'a lieu le marché aux puces photo de l'ouest de Montréal.

Au plaisir de peut-être vous y rencontrer.

Souvenir de la Petzval monture Canon de Lomo que j'ai eu le plaisir de "palper" dans le magasin Lomography de Soho à Londres.

459 £ pour le fini laiton et 549 £ pour la version noire.

En passant, le taux de change pour la £ est de 1,8, ce qui implique 826$ pour la version laiton et 988$ pour la noire...

lundi 14 mars 2016

Quand le détail devient le vocabulaire narratif

Concours Rodéo 8

source CAPIC 
 
Rodéo 8 est un concours national de photographie et d'illustration ouvert aux étudiants de la CAPIC.

Les gagnants obtiendrons de la visibilité à l’échelle nationale, ainsi que des prix!

1er prix : 500 $ | 2e prix : 350 $ | 3e prix : 150 $

Les 10 finalistes dans chaque catégorie reçevront l’adhésion sans frais à la CAPIC à titre de Talent émergent et seront admissibles au concours du « Choix du public » sur nos médias sociaux.

Autres prix à gagner :

-un compte d'utilisateur standard de PhotoShelter gratuit pour les 3 finalistes dans chaque catégorie
-la publication du portfolio sur le site Web de Creative Source pour une période d'un an
-écrans à stylet interactif de Bosto Canada
-un certificat Blurb pour créer un livre photo ou un magazine

La date limite de participation est le 6 avril 2016.

Si vous ne l'êtes pas déjà, devenez un membre étudiant de la CAPIC et soumettez vos oeuvres en ligne avant qu’il soit trop tard!

dimanche 6 mars 2016

Vidéos de photographes à reconsidérer

Nomads of Mongolia from Brandon Li on Vimeo.
J'ai récemment découvert le phénomène Brandon Li sur Vimeo.
Au début je ne suis dit, encore du vidéo de photographes qui essaient de contourner l'audio en utilisant des musiques planantes et engageantes. Aucun, si non très peu de sons directs.

Après visionnement plus critique, je réalise l'approche du vidéaste qui construit son scénario sur des images narratives qui deviennent du dialogue en soi. Chaque plan est un fragment du récit où le visuel raconte l'histoire.

Une photo vaut mille mots, un bon plan vaut mille mots.

Cette stratégie narrative a l'avantage de rendre le film universel et accessible à plusieurs publics sans pour autant imposer un discours ou une lecture avec la même vigueur.

C'est du cinéma onirique. On est plus dans le rêve, la suggestion que le "hard fact".

C'est une stratégie contemporaine efficace. Peut-être que dans dix ans on dira que ça fait tellement 2015 mais entretemps ont peut apprécier.

Les autres vidéos de sa chaîne sont très intéressants.


mercredi 24 février 2016

Que nous enseignent les Nikon D5 et Canon 1Dx mkII?

photos extraites des sites des manufacturiers
Nikon et Canon ont lancé leurs nouveaux appareils haut de gamme. Le Nikon D5 et le Canon 1Dx mkII.

Que nous enseignent ces nouveaux appareils en matière de tendances technologiques et besoins de la part des utilisateurs?

Au niveau résolution, les deux constructeurs nippons semblent s'arrêter au début des 20 Mp. Ils offrent tous les deux des appareils à plus haute résolution (Canon 5Ds et Nikon D810) dans des boîtiers moins costaux.

Les différences semblent plus résider dans les performances vidéos qui sont loin devant chez Canon, qui avait un peu de chemin à faire en terme de mise au point continue lors d'une captation relativement à Nikon.

Meilleur codec vidéo chez Canon et une cadence d'images plus élevées lors de photos sportives.

Pour ce qui est du reste les appareils sont assez similaires à l'exception du GPS intégré chez Canon.
Une caméra n'est pas que des spécifications et il reste à voir qu'en est-il vraiment des fichiers produits en terme de gradation à divers ISO et latitude d'exposition.

On pourrait passer au peigne fin les détails des spécifications des manufacturiers, mais c'est à l'usage que l'on juge un appareil. Canon, dans une des ses vidéos de présentation, nous démontre l'habilité du système de suivi de mise au point sur une motocyclette qui fait un saut où la prise de vue a tellement de profondeur de champ que les arbres à l'infini sont toujours à point... Considérant que ce produit s'adresse à des professionnels, je ne sais pas qui sera leurré par une telle démonstration.

Dans les faits ce ne sont pas des caméras de studio. Ce sont des caméras robustes pour des usages intenses. Photoreportages, photographie industrielle sur le terrain, etc. Vous faites de la haute résolution en studio ou dans des conditions contrôlées, d'autres appareils existent pour vous.

Nikon n'a pas encore décliné le D5 en D5x, qui serait la version pro haute résolution. Peut-être qu'elle n'existera jamais compte tenu du succès du D810.

Mon questionnement est le suivant: pourquoi inclure des caractéristiques vidéos de haut niveau dans un appareil à grand capteur? Tous ceux qui ont exploré la vidéo sur plein capteur savent que c'est souvent plus de problèmes que de gains. Hollywood n'a pas encore adopté ce format et reste sur le Super 35. Seule la Arri 65 (capteur de 24mm x 55mm, 6,5k) utilise un capteur de grande taille et ç'est une caméra rarement utilisée. Si l'appareil peut faire de la vidéo en "crop mode", ça devient intéressant et versatile. La Nikon D5 peut faire ça avec un facteur de 1,5x, ce qui est la taille Dx de leurs capteurs d'appareils "semi-pro". La Canon 1Dx mkII, elle utilise l'ensemble de la surface du plein capteur  et peut théoriquement enregistrer en .mov à 500mB/sec en Full HD à 24 fps. C'est treize fois supérieur à ce que faisait la 5D mkII (38 mb/sec) sous un autre codec. Il faut par contre avoir le média d'enregistrement pour. La Canon offre aussi du beau 120 fps en Full HD pour de beaux ralentis.

En somme, pour le photographe/vidéaste, Canon restera le choix le plus polyvalent, même si ils n'ont pas intégré des fonctions comme le peaking pour la mise au point ou le zebra pour l'exposition ce que Nikon a fait. Vous pouvez investir dans des périphériques qui feront tout ça, mais allez donc vous acheter une Sony FS-7 ou un appareil du genre si vous voulez faire de la vidéo confortablement.

lundi 8 février 2016

L'inévitable obsolescence en sommes nous forcément victime?

On se souvient tous d'avoir aimé et avoir été impressionnés par notre nouvel ordinateur de dernière génération. Il ne faut pas très longtemps pour que cette enthousiasme s'estompe.

Deux systèmes d'exploitation plus tard, deux versions de Photoshop, Lightroom ou Premiere plus tard et la lune de miel est terminée.

Pourtant nous étions satisfaits des performances le jour 1. Qu'est-il arrivé? Le malin Microsoft, Apple ou Adobe nous ont joué un méchant tour et ont fait en sorte que l'on dépense encore de l'argent en s'équipant d'une toute nouvelle machine? Complot global de la collusion entre manufacturiers d'ordinateur et fabricants de logiciels.
Mac G4 Mirror Doors sous OS 9.2.2. photo Ottomatix

Les installateurs des systèmes d'opérations et des logiciels ne sont presque plus disponibles sous forme physique. Les lecteurs DVD disparaissent. Les installations se font de plus en plus en ligne et nous ne voyons plus le logiciel installateur. L'installation a lieu et c'est tout. Quand vous faites une mise à jour Creative Cloud, vous appuyez sur un bouton et Adobe fait sa "magie" d'installation. Comment et où sont les installateurs, à vous de le découvrir si il y en a vraiment. Le jour où on réalise que finalement on était plus heureux sous le système d'exploitation précédent et la version de logiciel précédente, bonne chance pour retourner en arrière. De plus, au fil des installations, des logiciels "discrets" se sont installés afin de s'assurer que vos logiciels roulent bien en envoyant toutes sortes d'informations aux manufacturiers ou en vérifiant si vous avez la toute dernière version, etc.

En théorie tout ça est merveilleux dans un monde idéal. Tout est transparent, vous n'avez pas besoin de comprendre ce qui vous arrive, le manufacturier prend soin de vous en "arrière-plan" jusqu'au jour où il prend un peu trop soin de vous (et de lui par le fait même). Vous l'avez tous vécu la mise à jour qui a été fatale et qui vous a convaincus de vous équiper de nouveau.

Afin de contourner ce problème, depuis quelques années, j'essaie de conserver les installateurs (.dmg sous Mac ou .zip sous Windows) sur un autre disque dur au cas où il ne seraient plus disponibles sur le site du manufacturier. Je crée une partition ou j'installe physiquement un 2e disque dur (ou SSD) dans mon laptop et j'y installe la toute dernière mouture de OS ou de logiciels. Sur le "vieux" disque dur original, je ne touche à rien sauf les vraies mises à jour de sécurité quand je suis certain que c'en sont. Par exemple, il faut mettre à jour Flash Player, qui est une source de vulnérabilité pour les ordis. Je n'autorise aucune mise à jour automatique que ce soit Flash, Firefox ou autre. Je veux être avisé et valider que je veuille bien faire cette mise à jour. J'ai conservé mes disques d'installation de versions pré Cloud de Photoshop et autres. Quand je démarre, je décide sur quel OS je veux fonctionner. Si après des mois d'utilisation du nouvel OS la vie est encore très belle, je déciderai peut-être de mettre à jour le OS original sur le disque original. J'aurai validé ce choix après des mois et des mois d'usage.

J'inspecte régulièrement mon dossier library/LaunchAgents et LaunchDaemons (sous OSX) afin de m'assurer que tout ce qu'il y a la-dedans est OK. Si je ne comprends pas ce que j'y vois, je fais une recherche sur le web et m'assure que c'est légitime et que je veux vivre avec ces applications qui roulent en arrière-plan. Je tasse, mais ne jette pas, tout ce qui m'inquiète. Si ça va mal, je retourne le fichier à sa place d'origine.

Ça vous bouffe du RAM et du CPU tous ces trucs. Quand démarrez une nouvelle machine et que vous l'aimez bien, faites une capture d'écran du contenu de ces dossiers et comparez de temps en temps afin de connaître qui sont les nouveaux venus. Sous Windows, juste après démarrage de votre nouvelle machine configurée, affichez les processus en cours et faites de même.

Il y a quelques mois, je configurais un vieux Mac G4 Mirror Doors afin de piloter un numériseur Heidelberg. J'ai commencé avec un ordi usagé à 60$, j'y ai installé la dernière incarnation de OS pré OSX (9.2.2), j'ai installé plus de RAM que les applications peuvent en utiliser et je n'ai jamais relié cette machine à Internet. Une fois le logiciel de numérisation installé et ma vieille version de Photoshop 6 (pas CS6), la machine roule comme une voiture sport. Disques durs, RAM et ordinateur m'ont coûté au max 100$... C'était une voiture sport à l'époque, c'en est encore une si on ne met pas tout à jour.

Afin de nous offrir de nouvelles fonctionnalités et sachant que le RAM ne coût plus très cher, les programmeurs n'optimisent plus leur code de programmation. Photoshop 1 était vendu sur une disquette de 720k. Trois quarts de meg et on réalisait des images avec ce logiciel. Je ne propose pas de revenir si loin en arrière, mais j'étais surpris de réaliser combien Photoshop 6 répond à un très grand pourcentage de mes besoins.

Enfin, quand est-il vraiment nécessaire de mettre à jour et à quel prix?



lundi 1 février 2016

Le Zoom F8 un "game changer"

image en provenance de la section média de la cie Zoom

Depuis quelques mois le Zoom F8 fait beaucoup parler de lui en tant qu'enregistreur révolutionnaire.

En soi, cet enregistreur ne fait rien de nouveau que d'autres enregistreurs ne pouvaient faire, il le fait au quart du prix de sa compétition et c'est ça la révolution. À Montréal le Zoom F8 se vend 1300 $. Il me semble d'une ergonomie trop petit et discutable, mais il reste que les caractéristiques sont impressionnantes.

Un enregistreur portatif à 8 canaux préamplifiés décemment avec du Time Code, ce n'est pas vraiment disponible en bas de 5000 $ plus. C'est la présence du Time Code qui rend cet appareil extraordinaire combiné aux multiples entrées. Le Time Code est une caractéristique qui n'est pas disponible dans les lignes mineures.

La compétition du Zoom F8 est le Sound Devices 788T. Une machine à 9177 $ cdn.

Le Time Code permet de sérieusement synchroniser du son avec plusieurs caméras. À partir du moment où vous faites une captation multi caméras, on se retrouve à synchroniser à la claquette avec les déviations propres à chaque appareil. Le Time Code prend en charge la stabilité des horloges des différents appareils et encode l'information temporelle dans les fichiers. Évidemment pour que tout ça fonctionne rondement, les caméras doivent aussi pouvoir recevoir du Time Code.

Oui, les dernières incarnations de Premiere Pro ne sont pas mauvaises à synchroniser automatiquement les pistes audio, mais la prémisse est que les pistes audio sont similaires. Si le son témoin de votre caméra est très différent de celui du lavalier d'un sujet, bonne chance...

À partir du moment où vous commencez  à avoir plusieurs intervenants dans un tournage, vous découvrez rapidement qu'il est très agréable et salvateur de pouvoir éditer au montage le son de chacun des acteurs. Que ce soit des interviewés ou des sons d'ambiances, l'équilibre sonore de chaque source contribuera à rendre le produit final compréhensible et pertinent. Il n'est pas rare que j'aie plus de 6 pistes audios à équilibrer. La captation d'un spectacle musical est une situation typique. Le son en provenance de la console, n'est pas le son optimal pour la caméra, car l'opérateur de la console à fait le mix pour les spectateurs qui entendent un mélange de sons directs et de sons amplifiés.

Dans cet univers, Tascam mène une lutte serrée à Zoom avec son DR-701D qui vaut 600U$ et offre 4 entrées XLR préamplifiées et du Time Code.

Tous ces nouveaux produits audio très performants aux caractéristiques professionnelles nous indiquent que les productions à petits budgets sont de plus en plus exigeantes et commencent à requérir des niveaux de flexibilité et de qualité que l'on ne retrouve que dans les grosses équipes avec leur équipement haut de gamme.

Je suis de ceux qui croient que la "révolution" vidéo que les photographes vivent par choix ou par nécessité doit être accompagnée d'une sensibilité sonore. C'est en général ce qui trahit une mauvaise production et qui prend le plus de temps à maitriser. Le son est plus important que l'objectif. Les spectateurs vont remarquer un mauvais son avant un mauvais objectif.



lundi 25 janvier 2016

Patreon, une nouvelle source de financement?

Patreon se propose comme une nouvelle source de sociofinancement pour des petits projets artistiques.

Peut-être que les photographes artistiques émergents pourront ajouter cet outil aux autres qui leurs sont offert par le RCAAQ.

dimanche 10 janvier 2016

Les catalogues d'IKEA sont réalisés à 75 % en images de synthèse

La compagnie qui contribue à cette performance explique l'évolution de cette philosophie à travers les dernières années.

Afin d'éviter les frais d'expéditions de prototypes à travers le monde, IKEA trouve plus simple d'expédier les fichiers 3D des différents produits qu'ils comptent vendre. Ainsi, selon le pays, on peut créer des images adaptées aux diverses réalités culturelles. En Asie, on remplace les Caucasiens par des Asiatiques et ainsi de suite.
insertion du logo du CVM sur Mars en 1997 par Martin Benoit

Il semble que les humains ne sont pas encore des modèles de synthèse. Ceux qui ont critiqué la qualité du produit fini ont souvent confondu les photos avec les images de synthèses trouvant les photos mal "synthétisées". C'est souvent le cas quand on demande à un public non averti d'identifier quelles pages couverture de magazines ont été photoshoppées.

Il est intéressant de constater qu'afin d'améliorer leurs rendus graphiques, les artistes 3D ont du prendre des cours de photographie. Il reste néanmoins que l'imagerie de synthèse est devenue un très sérieux compétiteur à la photographie de studio en particulier dans les commerces en ligne. Dans le milieu du cinéma, c'est partie intégrante de la production de planifier les images de synthèses et on ne parle pas ici de film comme Avatar, mais de films qui semblent anodins afin d'éviter des frais de construction de décors spéciaux ou afin de régler des petits problèmes visuels. Le coût des effets spéciaux baissant et la qualité devenant imperceptible, ce n'est plus une option, mais plutôt un impératif.

Est-ce que cela veut dire que l'on doit ajouter cette corde à notre arc et vivre un autre "trauma" technologique afin de survivre? Je ne crois pas dans ce cas. Évidemment, un studio qui peut offrir ce service en plus ne sera pas perdant. Certains studios de photo offrent ce genre de service depuis des années à Montréal.


Vers la fin des années 90, j'enseignais aux étudiants divers logiciels reliés à l'imagerie: Morph, Bryce 3D, QuarkXpress, Premiere. J'espérais les sensibiliser aux avenues que peut prendre la photographie lorsqu'elle est un élément d'un processus. Aujourd'hui on se concentre sur Photoshop, Lightroom et Premiere principalement. Il reste qu'une compréhension globale du rôle de la photographie au sein de la chaîne de production reste un atout selon moi.