dimanche 30 novembre 2014

Étudier la photographie était un privilège

Il n'y a pas si longtemps, être accepté dans un programme de photographie comme celui du Vieux Montréal était un privilège et les étudiants étaient motivés. Connaître et maîtriser les secrets de l'alchimie de la chambre noire couleur et noir et blanc vous séparait du mononcle avec le gros kodak.

Aujourd'hui, la démocratisation de la photographie numérique et l'informatique vous normalisent relativement au mononcle motivé.

L'étudiant ne sent plus qu'il est membre d'une secte de privilégiés, mais souvent juste un autre pousseux de pitons à l'occasion.

Assez de nostalgie, la réalité est plus complexe que ça, mais il reste un fond de vérité dans ce préambule. Faire de la photographie est davantage que de se créer une classe à part. C'est maîtriser des outils, des situations et un marché. C'est savoir se renouveler et s'adapter. Reste que l'école n'est plus cet endroit mystique parsemé de laboratoires aux odeurs acres et aux éclairages inactiniques. Nous avons conservé notre grand labo. noir et blanc et je crois que c'est une bonne décision dans la mesure où les pieds carrés nous le permettre. Chez nous, la pratique du laboratoire argentique a lieu au début de la 3e année et plusieurs attendent patiemment le jour de rentrer dans ce local mythique. Certains s'y aventurent avant le temps et y jettent un regard furtif.

S’il était réaliste de maintenir une développeuse RA-4 (développeuse à papier négatif couleur argentique), j'irais jusqu'à suggérer de conserver un peu d'impressions couleur soustractives même si les résultats ne sont pas comparables aux impressions numériques modernes. La sensibilité visuelle que l'impression couleur manuelle développe manque un peu dans notre formation et je suppose celle des autres institutions. Savoir reconnaître une dominante avec précision était souvent le résultat d'heures de frustration en impression couleur négative. Les outils modernes de correction de couleur sont très efficaces, encore faut-il savoir sur quel curseur agir. Reconnaître un croisement de courbe (dominantes opposées dans les ombres et les hautes lumières) nécessitait une sensibilité et surtout d'avoir rencontré des centaines, voire des milliers de tirages, défectueux.

Dans un univers où comment rendre mes ombres vertes et mes tons moyens plus ou moins normaux devient une certaine norme, cette compétence n'est peut-être pas pertinente.

La colorisation vidéo sera peut-être notre voie salvatrice afin de développer une sensibilité visuelle.

1 commentaire:

Philippe Thibault a dit...

Vous semblez avoir encore un très bon labo. Comparé à ma chambre noire très simple et étroite ça doit être merveilleux de travailler dans cet endroit. Est-ce que vous offrez le programme aussi de soir? Je rêve d'aller retourner aux études en photographie mais je ne me peux pas me permettre financièrement actuellement de quitter mon emploi stable.