jeudi 1 septembre 2016

1/5 sec, f1,4 en noir et blanc remporte le Worl Press 2016

©Warren Richardson, Hope for a New Life
6400 ISO, F1,4, 1/5 sec 24mm, 5D mkII. Régler votre appareil à ces paramètres et regardez combien la scène doit-être sombre pour correspondre à cette luminosité.

C'est très, très, très sombre. Ce n'est pas la levée du jour ou la tombée du jour, c'est la nuit et la seule lumière qui doit illuminer la scène est quelque forme de source artificielle, soit très faible ou très loin.

C'est le résultat d'une tentative risquée de faire passer un enfant à un réfugié syrien qui lui est déjà de l'autre côté du barrage sécurisé. L'espoir d'une meilleure vie.

C'est la photo de l'année du Worl Press 2016. En général, je suis toujours méfiant de l'usage du noir et blanc en 2016, en cette ère de photographies numériques où le noir et blanc est un effet même si vous possédez un Leica monochrome. Ça reste un choix. Dans ce cas, j'imagine que le fichier original est plein de bruit et affiche une dominante colorée qui ne correspond pas à ce que l'oeil percevait, par une si faible luminosité. L'oeil utilise ses bâtonnets pour lire la lumière en faible éclairage et la vision est quasi monochromatique. L'usage de la couleur aurait aussi été un "effet". C'est probablement un cas où l'usage du noir et blanc évite de nous distraire du bruit de la caméra et toutes les erreurs techniques que font les capteurs et nous concentre plutôt sur l'histoire.

En tant que père et grand-père, je peux m'identifier à cet homme, son regard et l'extrême gravité de la situation. Un jour cet enfant aura grandi et il verra cette image et il comprendra que sa vie a été déterminée à ce moment. Cette photo résume mieux le drame d'un conflit que la vision d'un mur criblé de balles. J'aurais aimé faire cette image, mais je n'aurais pas aimé être témoin de ce désarroi humain, car il semble que tous n'ont pas franchi ces barbelés.

2 commentaires:

François Gagné a dit...

Merci Martin pour ce billet pertinent et personnel . P.S. Je crois que ce sont plutôt les bâtonnets et non les cônes qui sont responsables de la vision en très faible luminosité.

Claude Gauthier a dit...

Merveilleuse contribution qui illustre bien le lien entre la condition de la prise de vue, la configuration de l'appareil, la résultante, et le message que l'image nous transmet.