vendredi 1 mars 2019

Nouveau regard sur le regard de la jeune fille afghane

La très controversée photo de la jeune fille afghane soulève encore les passions avec cette analyse qui se concentre plutôt sur le contexte social et l'éthique photojournalistique. J'aime cette approche, mais, comme le mentionne l'analyste, les propos sont souvent contradictoires de la part des protagonistes.

En gros, on soulève ici que le regard apeuré de la jeune fille n'est pas relié à la peur d'être une réfugiée, mais plutôt d'être intimidée par un photographe inconnu qui lui "impose" de retirer sa burka ne tenant pas compte de l'inconfort social que cela suscitera chez la très jeune fille.

Il conclut que cette photo constitue un abus de non-paiement d'un modèle, car finalement, ce n'est pas l'histoire de la jeune fille qui l'intéressait, mais uniquement ses caractéristiques physiques, ce qui est généralement le cas quand on engage des modèles rémunérés.

Je simplifie ici, et vous invite à visionner le point de vue.

samedi 2 février 2019

Sony A7SII, les meilleures photos sont toujours cellles dans les conditions les plus difficiles...

Summicron 35mm f2, 1/125e sec, ISO 20 000. photo Martin Benoit
C'est étrange, les meilleures photos, avec la A7SII, me semblent être celles ou j'avais abandonné l'idée que j'obtiendrais une bonne photo.

Chaque année, nous avons cette tradition de faire flotter des petits bateaux de noix de Grenoble qui  frappent un bout de papier contenant un dicton devant nous aider pour la nouvelle année.

Cette opération se déroule sous l'éclairage de deux bougies et souvent, afin de lire le dicton, on doit allumer une lampe auxiliaire pour voir suffisamment.

Cette année, l'A7SII m'a permis de voir les gens en arrière-plan (que je ne voyais pas à l'oeil nu)  et de gérer les grands écarts de luminosité typique de ce genre de scène.

Mon neveu avec son téléphone Google Pixel 2 et le mode "Vision de nuit" pouvait faire une photo surprenante dans la mesure ou personne ne bougeait. Il est très intéressant de lire l'approche que Google utilise afin de réduire le bruit et le mouvement lors des photos de nuit. Quand le capteur n'est pas capable, utilise un logiciel et plusieurs captations. Une approche similaire à l'astrophotographie contemporaine.

L'A7SII c'est plus qu'un ISO élevé, c'est une gradation dans les ombres et les hautes lumières. Le plaisir c'est de rétablir les gradations dans Lightroom et de constater que le fichier contenait toute cette information et qu'elle se dégrade peu après fortes manipulations.

J'ai toujours été du genre à utiliser des objectifs très rapides. Rien en bas de 2,8 et 1,4 et 1,0 ont été mon pain quotidien pour des milliers de photos. Je reconsidère cette approche considérant les problèmes inhérents aux grandes ouvertures (profondeur de champ, vignettage, hors foyer involontaire, prix des objectifs, etc.). F2 me permet de couvrir toutes les situations où mon oeil peut voir et je sais que je pourrai  utiliser 1/125.

Comme je le mentionnais dans un précédent billet, mon appareil est en priorité ouverture, f2, vitesse d'obturation minimale 1/125 et Auto ISO. Je n'ai qu'à gérer mon histogramme que je vois en temps réel dans le viseur en ajustant la molette de compensation d'exposition. Une seule molette à gérer en plus de la mise au point. Cette molette modifiera l'ISO ultimement, maintiendra la vitesse à 1/125 si c'est sombre et j'impose en tout temps l'ouverture manuellement.

Les manufacturiers de mirrorless ont tous clamé que leur grande monture et leur distance monture-capteur, permettront de réaliser des objectifs d'une rapidité jamais vue (f0,95 et mieux). Voulons-nous ces objectifs avec leur mince profondeur de champ et tous les hors foyer non désirées? Ou nous voulons un excellent ISO qui fera une aussi bonne photo à une ouverture plus raisonnable?

La vraie question dans le cas de la A7SII est : est-ce que 12 Mp est suffisant pour notre secteur d'utilisation. Ce fut la question que j'ai du me poser sérieusement avant de sauter dans le bateau de la A7SII.

J'en conclus à cette étape, qu'une photo nette de 12 Mp est mieux qu'une photo floue de 24 Mp.

Dans un prochain billet, j'exposerai ma compréhension du mode vidéo dans des situations extrêmes de contraste et faible illumination.

dimanche 27 janvier 2019

Le cégep du Vieux Montréal est à la recherche de profs de photo

Le cégep du Vieux Montréal est à la recherche de candidats (tes) pour enseigner au programme de photographie du cégep du Vieux Montréal.

Les qualifications requises sont : posséder un DEC en photographie ou l'équivalent, avoir au moins 5 ans d'expériences professionnelles dans le domaine, avoir une connaissance de la plateforme Macintosh, des connaissances et expériences en vidéo, connaissance pertinente des logiciels de référence en photographie, Photoshop, Lightroom, Premiere, etc. Voici un lien vers la page de candidatures spontanées.

Seuls les CV reçus via cette plateforme seront considérés. http://www.cvm.qc.ca/…/CandidaturesSpontan…/Pages/index.aspx

jeudi 10 janvier 2019

Notre substance ce sont les bytes

À une certaine époque, notre substance c'était la pellicule. Dans le cas de certains, les tirages étaient plus significatifs que les négatifs, pour d'autres les négatifs ou les "transparents" (diapositives) le corpus même de leur carrière.

De nos jours, notre "substance" sont des bytes éparpillées sur divers supports physiques et d'autres, moins physique quelque part dans un nuage.

Qu'en est-il de la pérennité de nos corpus? Moult discussions sur le sujet ont spéculé sur cette question en allant du fameux CD-Rom plaqué or de Kodak aux différentes solutions RAID.

Personne n'a de boules de cristal de sorte à prévoir le futur et quel support, virtuel ou physique, archiveront nos productions.

Je possède encore mes premiers disques durs de mon premier PC de 1986. J'ai toujours eu de la misère à les jeter ne sachant pas exactement ce qui s'y trouve. Je peux toujours lire mes disques de technologie SCSI et mes IDE. Je suis peut-être chanceux. J'ai transféré leur contenu sur des disques modernes de technologie SATA. Le transfert de support semble être une bonne précaution en numérique, car les générations ne dégradent pas le contenu contrairement à l'argentique qui endure mal les générations.

En essayant d'éviter d'acheter les Mac de dernières générations (iMacPro) j'ai analysé leur technologie et mes besoins et j'ai tenté de me construire une machine Windows qui remplirait mes besoins. J'en ai parlé précédemment dans un billet intitulé: Le côté obscur de la force.  Depuis, j'essaie de mieux comprendre les structures des cartes maîtresses et des séquences de storage de sorte à optimiser leur usage en fonction de mes besoins. Je prends bien soin ici de mentionner en fonction de mes besoins.

La configuration optimale d'un ordinateur varie grandement relativement à l'usage qu'on en fait. Une machine pour de la bureautique ne sera pas optimisée de la même façon qu'une machine de gamer ou de monteur vidéo. Pour donner un exemple simple, la machine de bureautique devra être très silencieuse, compacte et fiable. Aucune surcharge des composantes. C'est ainsi que j'assemble les ordis pour ma mère (88 ans) qui l'utilise 18 heures par jour, 365 jours par année et qui ne veut pas de trouble. Superbe climatisation à vitesse variable, bonne insonorisation et composantes redondantes en cas de problèmes. Composantes de très bonne qualité. La vitesse n'est pas un critère ici, mais plutôt la paix d'esprit. Rouler les applications d'Office n'est pas si exigeant.
SSD MVme de la famille 760 d'Intel. photo Martin Benoit

Dans les cas des photographes, homme-orchestre, les besoins peuvent varier. Je ne résumerai pas ici les différents aspects de nos professions et leurs exigences informatiques. La plus grande révolution des dernières années en termes de performance est le passage aux SSD en remplacement des disques durs rotatifs. Tous ceux qui ont fait la migration ont observé des grands gains de vitesse. Les SSD peuvent être déployés à différentes étapes. Comme support du système d'opération, comme support des logiciels, comme "Scratch Disk" pour Photoshop. Ils peuvent être "stripés" pour doubler leur vitesse, etc.

Les SSD ne sont pas tous égaux par contre. Et si les SSD sont responsables de nos grands gains de vitesse des dernières années, leur vitesse devrait nous intéresser.

J'ai découvert les SSD de technologie NVme il y a quelques mois et j'en ai déployé deux dans mon ordi. Typiquement un SSD de technologie SATA est limité par la vitesse du protocole SATA de la carte mère. Dans les faits, ceux que l'on retrouve sur le marché ont des taux de transferts autour de 300 Mb/sec. C'est énorme en comparaison avec un disque dur traditionnel comme un Seagate Baracuda qui a une vitesse de transfert d'environ 80 Mb/sec. Nous sommes 4 à 5 fois plus rapides et c'est cette rapidité qui nous époustoufle quand on migre vers cette technologie. Lors d'un démarrage, on attend principalement après le transfert de données du disque qui contient le OS vers le RAM et pareillement lors du démarrage d'une application. Je simplifie ici pour les besoins de la discussion.

Les SSD de technologie NVme écrivent autour de 3000Mb/sec, un facteur de 10 fois plus vite ou du moins de 6 à 10 fois plus vite. Par contre vous ne pouvez pas les installer en remplacement de vos disques SATA car ils utilisent un autre type de connecteur et de protocole. Ils sont de type M2. Vous devez avoir des connecteurs M2 sur votre carte maitresse pour les installer. Heureusement ma carte maitresse en avait deux, ce que je n'avais pas considéré lors de sa sélection. J'ai pu heureusement les installer et m'amuser un peu.

Ce questionnement m'est apparu quand je travaillais au montage d'une capsule pédagogique sur l'art de l'entrevue vidéo où j'ai assemblé une collection de 22 entrevues que j'avais faites antérieurement et qui présentaient problèmes. Le projet occupait 250 gig sur le disque physique et Première pédalait pour le gérer. Le projet Hurrell dont vous avez vu quelques vidéos, occupe 500 gigs à lui seul. Il devient donc critique d'optimiser où Première fait ses preview et comment il bouge ses données.

C'est ce que sont les nouveaux MacBook Pro et les iMac Pro. Ils utilisent cette toute dernière technologie de storage jumelé à du RAM très rapide, un CPU de dernière génération et une carte graphique (GPU) la plus puissante possible. Tout ça est très, très cher et très "serti" de façon définitive dans votre ordi. Je ne me résous pas à me couler les pieds dans le béton avec une configuration définitive pour les années à venir. Une de mes collègues a fait le saut vers les iMacPro et a dû dépenser 12k$ pour pouvoir se projeter un peu vers l'avenir...

Le résultat est spectaculaire et appréciable si vous êtes du genre a presser le citron de votre machine quotidiennement.

Le problème de cette merveilleuse technologie est sa pérennité, le sujet de ce billet. Si vous lisez la page Wikipedia sur le sujet, nous sommes face à une situation ambigüe. Le SSD a plusieurs avantages et des désavantages. Personne ne peut prévoir sa pérénité, mais on sait déjà que ses limites d'écritures et de fiabilité sont de beaucoup inférieures aux disques durs traditionnels. La technologie s'améliore de jour en jour, mais il faut en rester conscient. Nous sommes encore réduits à ne pas nous fier à nos supports internes de nos ordis, mais à des solutions externes, RAID ou autres pour assurer notre pérénité. Des solutions de type Time Machine sont essentielles et quelque forme de Cloud n'est pas un luxe.

Entre temps, il nous reste à transférer nos données importantes d'un support à l'autre le plus souvent possible et espérer pour le mieux. Ces derniers temps j'utilise des disques Western Digital mauve (Surveillance Hard Drive) comme support d'archivage en miroir de petite taille (2TB) de sorte à les remplacer plus souvent.

Bonne chance!


jeudi 20 décembre 2018

Le bokeh iranien de Noël 2018

bokeh à la MC Zenitar-M2s 50mm f2. photo Martin Benoit
Joyeux Noël!

J'ai finalement fait un pacte avec le lutin pour qu'il laisse mes posemètres tranquilles quelques temps.
Il a accepté de poser pour ma carte de Noël.

Depuis que j'ai lu l'article de Petapixel sur le bokeh iranien, j'ai été à la recherche de cet objectif Zenit modifiable.

Les objectifs Zenit 50mm ne sont pas rares au Québec. L'appareil Zenit était vendu par tous les magasins de photos bon marché. Le problème, c'est que cette version des Zenitar 50mm a des éléments arrière collés qui ne s'inversent pas...
Selon la recette du photographe iranien, il faut inverser le doublet juste derrière le diaphragme et refermer le tout.  La version de l'objectif qu'il utilise pour sa modification est une version européenne qui n'était pas distribuée ici.

J'ai donc tenté ma chance chez le revendeur iranien de matériel photo/ciné usagé de la rue  Mont-Royal coin St-Urbain. Comme de fait, il avait cette version du fameux objectif. Il me l'a malheureusement vendu plus cher que ce que valait la caméra et l'objectif à l'époque...
On est commerçant ou on ne l'est pas.

Après avoir fait l'intervention chirurgicale, il me restait à monter cet objectif à monture à pas de vis 42mm sur ma A7sII. Un convertisseur M42 vers Leica 39mm, suivi d'un convertisseur Leica 39mm vers Leica M, jumelé à un convertisseur LeicaM vers SonyE. Des fois ça sert de garder ses vielles bagues de conversion que l'on croit inutiles.

Il faut savoir que cette solution a une énorme perte de contraste.
Les rayons lumineux sont tellement égarés, qu'ils polluent les noirs de façon terrifiante.
La section "nette" n'est qu'au centre et encore. Un bon coup de courbe dans Lr est nécessaire.
Plus on ferme le diaphragme, plus la zone nette agrandit au détriment du bokeh magique.

Bonnes Fêtes!

dimanche 16 décembre 2018

Zimbelism un film sur un montréalais d'adoption

Le 20 décembre au collège Marsan aura lieu la projection du film Zimbelism portant sur la vie de George Zimbel un photographe montréalais qui a documenté des grands moments de l'histoire américaine.

Réalisé par Jean-François Gratton et Matt Zimbel.

Plus d'informations sur le site Facebook du film.